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Prélèvements sociaux sur la retraite : ce qui change en 2018

A compter de janvier 2018, les prélèvements sociaux sur votre retraite pourraient évoluer à la suite d'un changement de votre situation ou de l'instauration de nouveaux barèmes.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 prévoit également le passage de 6,6 % à 8,3 % du taux fort de la contribution sociale généralisée (CSG).

Ce qui change en 2018


 
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Démographie : 4 « surprises » depuis 50 ans selon l’INED 

Quatre « surprises démographiques » qui sont en fait des évolutions connues, sur la période 1968-2018 sont détaillées dans le numéro de mars de Population et Sociétés à l’occasion des cinquante ans de publication de ce bulletin d’information scientifique : l’augmentation de l’espérance de vie ; le report des naissances ; l’augmentation des naissances hors mariage et le succès des pacs.

  • L’augmentation de l’espérance de vie
  • Le report des naissances
  • L’augmentation des naissances hors mariage
  • L’augmentation des pacs
 
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Agissez Il est possible d’agir et de soutenir les couples qui veulent rester ensemble. Voici une liste de mesures simples et concrètes pour soutenir ces couples. Choisissez celle que vous voulez envoyer à votre nouveau député pour l’interpeller sur la question :Cliquez sur l'image pour écrire à Yannick HAURY Député de la 9ème circonscription.


 
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Dans le cadre de sa chronique bioéthique hebdomadaire, le Docteur Xavier Mirabel, Conseiller médical d'Alliance VITA, réagit à l'annonce de Marlène Schiappa d'ouvrir la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes.

 
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Présentation

Cet ouvrage étudie l’avortement sous divers aspects, parfois inédits, et vise à fournir les bases conceptuelles et juridiques à une politique de prévention de l’avortement. Il ne s’agit pas d’un plaidoyer opposant un « droit à l’avortement » de la mère au « droit à la vie » de l’enfant : cette dramatique dialectique entre liberté individuelle et dignité humaine est une impasse. La liberté et la dignité ne sont que trop souvent des mots, voire de simples slogans, qui recouvrent et dissimulent des réalités humaines sans les saisir pleinement.

Ce livre se veut réaliste et se fonde sur une étude factuelle approfondie des causes et des conséquences de l’avortement. Celles-ci incitent à considérer l’avortement non pas comme une liberté abstraite, mais bien plus comme un problème social et de santé publique, exigeant une politique de prévention. Une telle politique était d’ailleurs voulue par Simone Veil qui refusait tout droit à l’avortement et n’entendait en tolérer la pratique que comme un moindre mal.

C’est aussi et encore l’approche du droit international et du droit européen, l’un et l’autre offrant un support juridique solide à une politique de prévention, et même à un « droit de ne pas avorter ».

 
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"Elles feront toutes des bébés toutes seules.

Quand elles voudront, comme elles voudront.

Sans devoir supporter ces affreux hommes qui leur pourrissent la vie depuis des millions d’années", lance Éric Zemmour. "Bienvenue dans le monde de la liberté, clament déjà les mouvements féministes. Bienvenue dans le monde de l'égalité, ajoutent les mouvements homosexuels", poursuit-il un brin railleur. "Dieu est comme les Français, il est nul en économie. Il faut donc l'externaliser du corps de la femme pour qu'elle devienne artificielle, complexe et très chère", ose-t-il.

"Au nom de l'égalité entre les enfants, on aura le remboursement par la Sécurité sociale", prédit le journaliste. "Les pauvres, par leurs cotisations, paieront les caprices des riches", assure-t-il. Et Éric Zemmour d'inviter l'actuel chef de l'État à se méfier : "Après l’obligation des onze vaccins, il va finir par le apparaître comme l'homme-lige des grands laboratoires pharmaceutiques et du big business médical".

 
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Avoir un enfant est-il un droit ?

Il semble aujourd'hui impossible d'exprimer des interrogations légitimes sur le sujet sans que ne ressurgissent la violence, les prises à partie et les procès d'intention.

C'est un sentiment de profonde lassitude. Il a suffi que la secrétaire d'État à l'Égalité «entre les femmes et les hommes», un jour de manifestation contre la loi travail, n'allume un contre-feu en déclarant que la procréation médicalement assistée serait légalisée pour toutes les femmes en 2018 pour que ressurgissent la violence, les prises à partie et les procès d'intention. Sur les réseaux sociaux, des tordus insultent les homosexuels, des excités proclament qu'il faut «protéger nos enfants». De l'autre côté, des militants LGBT traitent d'«homophobe» quiconque ne partage pas l'ensemble de leurs vues, considèrent qu'on ne saurait être légitime pour réfléchir à ces questions si l'on n'est pas homosexuel, et se lancent dans des analogies effarantes: «Bientôt, on interdira aux chômeurs d'avoir des enfants…» (rappelons que personne «n'interdit» aux lesbiennes d'avoir des enfants, elles le peuvent).

Lire la suite : Avoir un enfant est-il un droit?

 
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Aime et fais ce que tu veux est le premier hebdomadaire féminin, spirituel & lifestyle, au quotidien. Pensé sur-mesure avec ses lectrices, pour ses lectrices, Aime se veut au plus proche du quotidien des femmes.

Aime touche à la fois à la dimension intérieure de la femme et à son extériorité, son rapport au monde de tous les jours. Il veut à la fois spiritualiser le banal et banaliser le spirituel : Aime, c’est d’abord une formule ancrée dans le quotidien, découpée en sections pour chaque jour.

C’est ensuite une volonté de s’intéresser à nos vies de tous les jours mais en les transcendant par des textes spirituels et par une réflexion plus profonde.

Aime c'est aussi une équipe réunies spécialement pour offrir la meilleure expérience aux lectrices, tous les jours.

 
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LA VIDÉO DE NOS PREMIÈRES LECTRICES

 
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Simone Veil, en 1974, affirmait dans un entretien télévisé, qu’elle « souhaite que les associations puissent continuer à recevoir les jeunes femmes et à les dissuader ».

Laurence Rossignol a-t-elle trouvé sa 1ère victime du nouveau délit d’entrave numérique à l’avortement ?...

 
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C'est le paradoxe français: le pays de la déconstruction a entamé, ces dernières années, son réveil anthropologique. Des universitaires français connus dans le monde entier, comme Jacques Derrida, ont été jusqu'au bout dans la logique libertaire. Ce dernier, qui plaidait, peu avant sa mort, pour le mariage entre personnes de même sexe, estimait dans le même temps que le mariage devrait être aboli! Le méthode est celle des petits pas et du Cheval de Troie qui envahit l'institution, de l'intérieur, pour la détruire.

Pourtant, la France est aussi le pays de la dignité et de la personne, et d'une exception bioéthique qui récuse toute marchandisation du vivant: les éléments du corps humain sont hors commerce.

L'utilitarisme et la marchandisation du vivant qui sévit dans les pays anglo-saxons et dans certaines régions pauvres n'ont pas encore contaminé notre pays. Le Conseil d'État l'a exprimé à propos de la GPA en rappelant que la France ne devait pas «s'aligner sur le moins-disant éthique».

Autre exemple, la France conserve, au nom de la dignité humaine, une position abolitionniste en matière de prostitution. La résistance à la gestation pour autrui se fait d'ailleurs entendre partout sur l'échiquier politique de Marie-Jo Bonnet, fondatrice des gouines rouges à Sylviane Agacinski, et du CORP, le collectif pour le respect de la personne ancré à gauche, à l'appel international No maternity traffic, également né en France.


 
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DÉLIT D’ENTRAVE À L’IVG :

l’idéologie à marche forcée !

Communiqué de presse :

Au terme d’une procédure hâtive, l’Assemblée nationale a adopté aujourd’hui la proposition de loi soutenue par le Gouvernement relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse.

Le texte crée un véritable délit d’opinion d’autant plus dangereux que sa formulation est floue et extensible

Accèder au site CNAFC

Tous les groupes de gauche et une majorité de l'UDI (il ne faudra pas l'oublier lors des législatives) ont voté en faveur du texte, tandis que Les Républicains ont voté contre «une atteinte à la liberté d'expression».

Christian Kert, député Les Républicains des Bouches-du-Rhône, a pour sa part dénoncé un texte qui menace «la liberté de pensée» et «met en place une véritable censure gouvernementale».

Un recours présenté par 60 députés LR sera déposé dans la semaine devant le Conseil constitutionnel.

Plus d'info

 
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Ce rapport présente un résumé sommaire de l’ouvrage publié sous la direction de Grégor Puppinck aux éditions Les Études Hospitalières : Droit et prévention de l’avortement en Europe , et disponible à la vente dans la collection Libre propos . 
 
 
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PROTECTION SOCIALE :

TOUJOURS PLUS D'INDIVIDUALISATION AU DÉTRIMENT DE LA COHÉSION FAMILIALE

Communiqué de presse :

La mise en place de la Protection Universelle Maladie (PUMa) bénéficiant aux personnes ayant une activité professionnelle ou une résidence stable et régulière en France entraine la suppression progressive, pour les majeurs, du statut d’ayant droit d’assuré social dont bénéficiaient notamment les conjoints d’assurés sociaux n’exerçant pas d’activité professionnelle.

 
Télécharger et imprimer l'interview
 
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LES PREMIÈRES VICTIMES DU TRANSHUMANISME

Dépistage prénatal de la trisomie 21
Jean-Marie Le Méné - Président de la Fondation Jérôme Lejeune     
"Vous me demanderez peut-être : pourquoi encore un nouveau livre sur un sujet impossible - le transhumanisme ?
Mais parce qu’a la Fondation Jerome Lejeune nous avons parfois le sentiment d’être les conquérants de l’impossible, serais-je tenté de vous dire ! Nous ne sommes pas qu’une œuvre de bienfaisance qui s’occupe des handicapes pour soulager les familles ou se donner bonne conscience. Nous avons aussi à répondre à l’une des questions majeures de notre temps : quelle attitude avoir face à une technoscience, boostée par le culte du progrès et ses juteuses perspectives ? Lui ouvrir nos portes sans réfléchir, c’est nous condamner sans appel, avec ceux que nous prenons en charge et une bonne partie de l’humanité.
 
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Marche pour la Vie : déterminés malgré la pluie 

“Si ‘notre époque’ ça veut dire disposer de la vie et de la mort comme bon nous semble, ça ne nous gêne pas trop d’être un peu en décalage”, résume une manifestante.

 

Comme chaque année, au mois de janvier, ils ont battu le pavé « pour la Vie ». Cette fois encore, ils dénonçaient l’avortement. Mais ils avaient ajouté à leurs revendications les sujets à venir des états généraux de la bioéthique : pour eux, c’est non à la PMA, non à la GPA et non à l’euthanasie.

 

Eux, ce sont les milliers de manifestants qui se sont rassemblés, malgré la pluie, pour relier la porte Dauphine et la place du Trocadéro. 40.000 selon les organisateurs, 8.500 selon la police.

 

Le plus amusant étant l’estimation de l’AFP dans l’après-midi : pour l’agence de presse, il y avait « plus de mille personnes ».

 

Une courte investigation permet d’en être sûr : ce dimanche, à Paris, les organisateurs parlaient déjà d’un peu plus de 900 volontaires pour encadrer les manifestants.

 

Or sans être un pro de l’estimation des foules, il suffisait d’être sur place pour constater que les manifestants étaient quand même nettement plus nombreux que les gilets jaunes ou oranges.

Bref, ils étaient nombreux.

Et assez jeunes.

Etonnant que cette génération continue à s’opposer à l’avortement, pourtant légalisé depuis plus de 40 ans, et devenu  droit fondamental  depuis déjà quelques années.

 Lire la suite dans Valeurs atuelles

 
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«LA RENTRÉE POLITIQUE DE MARLÈNE SCHIAPPA, ALIAS «BIG MOTHER», S'ANNONCE TRÈS CHARGÉE» 

TRIBUNE - La secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, avec ses projets, tient de l'assistante sociale suédoise et de la sociologue américaine, tempête Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel.

 Vice-présidente de l'Association française de droit constitutionnel et professeur à l'université de Rennes-I.

Madame Marlène Schiappa a fait une rentrée fracassante en nous annonçant à grand renfort médiatique que la loi française dite «bioéthique» devrait reconnaître en 2018 un droit à l'immaculée conception aux femmes célibataires et lesbiennes en mal d'enfant que la relation physique avec le sexe opposé indispose. Le calendrier annoncé a ensuite été tempéré par le gouvernement. Mais la secrétaire d'État a aussi assuré que l'exécutif allait s'attaquer aux «violences obstétricales» et même faire réprimer pénalement, en plus des harcèlements moral et sexuel déjà incriminés, le «harcèlement de rue».

Parallèlement l'on nous impose aussi une campagne contre les «violences verbales des parents», menée par les habituels croisés de «l'égalité entre parents et enfants» et de la «lutte contre la violence éducative ordinaire» dont l'amendement «anti-fessée» a récemment été censuré par le Conseil constitutionnel. Mais la trépidante ministre veut aussi s'attaquer aux budgets publics «genrés» trop favorables aux activités masculines, ainsi qu'à une campagne environnementale associant prétendument les femmes à des déchets!

L'intitulé du «secrétariat d'État chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes», dont le décret d'attribution indique qu'il s'occupe non seulement de parité et d'égalité entre femmes et hommes, mais aussi de «lutte contre la haine envers les personnes lesbiennes, gays, bi et trans», devrait faire bondir tout libéral qui aurait lu George Orwell et se souviendrait de sa description de la «police de la pensée» et de la novlangue imposées par Big Brother.

Ce type de structure ministérielle rappelle en effet les ministères de la Vérité et de l'Amour de 1984.

Proférer de copieux mensonges en guise de vérité officielle ; déverser le sectarisme au nom de la tolérance ; manier censure et répression au nom de la liberté ; déguiser le passe-droit en égalité ; maquiller la tyrannie égoïste en «justice sociale» et l'exploitation de l'autre en émancipation de soi: telles sont généralement les spécialités de ce genre d'officines.

Le curieux attelage ainsi institutionnalisé du néo-féminisme et du militantisme LGBT ne s'explique que par le commun mépris du mâle hétérosexuel par les militant(e)s des deux causes.

Ladite structure a de surcroît été confiée par le chef de l'exécutif à une blogueuse «issue de la société civile» dont l'incohérence est particulièrement sévère et dont la «feuille de route» semble consister à proférer une énormité par jour.

On ne s'étonnera donc pas que le ministre soit absolument incapable de définir ce qu'est le «harcèlement de rue», ni d'expliquer en quoi il diffère du harcèlement sexuel déjà réprimé par le Code pénal, ni d'établir comment la police française débordée pourrait constater et réunir les preuves de l'infraction proposée.

Le Conseil constitutionnel avait dû censurer, en 2012, la première définition absurde et tautologique du harcèlement sexuel.

 L'on attend donc avec impatience le nouveau gloubi-boulga juridique censé nous délivrer du mâle.

La secrétaire d'État s'abstient aussi évidemment de nous préciser quels sont les «rues» et les quartiers essentiellement concernés par le fléau visé et quel est le type de population masculine coupable des grossièretés et incivilités dénoncées.

Le multiculturalisme se doit d'innocenter toutes les minorités, y compris lorsque c'est l'une d'elles qui s'en prend à l'autre, comme la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne.

Les ministères de la Vérité et de l'Amour ne nous diront donc pas pour quelle catégorie d'individus exactement les femmes qui montrent leurs bras et leurs cheveux sont des «putes». Ils ne se demanderont pas non plus si la pire violence faite à un enfant ne consiste pas à le priver délibérément de père et à mutiler ainsi sa lignée et son identité, ni si l'insémination artificielle et autres «droits reproductifs» ne comportent pas une part de «violence obstétricale» et surtout psychique. Les «heures les plus sombres de notre histoire» ne sont jamais opposées à une minorité quelconque, qui sera toujours considérée comme exclusivement opprimée, dominée, stigmatisée, discriminée, outragée et donc excusée et disculpée.

Sous la IIIe République, les républicains radicaux-socialistes s'opposaient au droit de vote des femmes, qu'ils taxaient de bigoterie, accusaient d'être gouvernées par l'émotion plus que par la raison et soupçonnaient de vouloir confondre l'isoloir et le confessionnal.

Le bilan du néo-féminisme politique ne leur donne pas entièrement tort. Mais ce déferlement contemporain d'émotion, de compassion et de dolorisme niais et poisseux, doublé «en même temps» d'inquisition morale, d'hygiénisme et d'acharnement répressif, semble cependant davantage emprunté au néo-protestantisme anglo-saxon et scandinave qu'à l'héritage catholique latin. Régis Debray observe ainsi que l'Europe aurait glissé «de Florence à Stockholm». Effectivement, que peut-on imaginer de plus terrifiant que Savonarole, sinon une assistante sociale suédoise ou une sociologue américaine?

ET VOILÀ POURQUOI NOS LOIS SONT MAUVAISES.

 
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PMA POUR TOUTES : MARLÈNE SCHIAPPA S'INDIGNE D'UN PARALLÈLE AVEC LES OGM

La secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes demande le retrait d'une affiche de La Manif pour Tous, figurant une silhouette de bébé au milieu de légumes assortie de cette interrogation : «Après les légumes OGM, les enfants à un seul parent ?».

Le débat sur la PMA pour toutes n'a pas encore été ouvert mais les anti et les pro fourbissent déjà leurs armes. Samedi, Marlène Schiappa a demandé sur Twitter le retrait d'une affichette figurant une silhouette de bébé au milieu de légumes assortie de cette interrogation: «Après les légumes OGM, les enfants à un seul parent?».

Le visuel fait partie d'une nouvelle campagne d'opposition à la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes et à la GPA (gestation pour autrui) lancée par la Manif pour tous sur un site internet et sur le compte Twitter @pma_gpa.

«Comparer les bébés nés après FIV ou insémination à des légumes OGM est profondément offensant pour les enfants et leurs familles», s'est indignée la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes sur les réseaux sociaux. Et de poursuivre: «Les familles monoparentales sont aussi stigmatisées par cette campagne. Nous sommes au XXIe siècle. Il n'y a pas un modèle unique de famille».

Actuellement, SCHIAPPA avec l’aide de certains media essaie de reprendre la main en focalisant sur une prétendue comparaison bébés/légumes. C’est fallacieux, ne nous laissons pas enfermer sur le côté « technique ». Insistons sur la nécessité pour l’enfant de pouvoir bénéficier de l’amour d’un père et d’une mère.

En résumé, nous avons agi et nous continuons d’agir pour :

           Rester au centre du jeu.

2)      Rester incontournables pour le gouvernement, les politiques, les media et l’opinion publique.

3)      Gagner cette opinion publique.

 
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La ministre de la Santé va revoir à la baisse le montant et les plafonds de ressources d'une prestation, la Paje.

Faire de la politique familiale un levier de lutte contre la pauvreté! Fort de cette ambition, le gouvernement a décidé de cibler davantage les aides à la garde d'enfants vers les plus démunis dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présenté jeudi. Selon nos informations, l'exécutif va en effet revoir à la baisse le montant de l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje), ainsi que les plafonds de ressources pour en bénéficier.

10 millions l'an prochain car elle n'entrera en application qu'au 1er octobre 2018. 40 millions en année pleine.

Encore une idée à la Hollande : décider en 2017 applicable en fin 2018.

Cela ne vous rappelle par l'histoire de l'APL ?

Fixée à 184 euros mensuels, cette allocation est versée sous conditions aux parents d'enfants de moins de 3 ans. Le gouvernement veut l'aligner sur le complément familial (169 euros mensuels), destiné aux parents ayant au moins 3 enfants à charge (également sous conditions).

Soit une baisse de 15 euros par mois pour les bénéficiaires de la Paje à taux plein et de 7,50 pour les bénéficiaires à taux réduit.

Autre conséquence, certaines familles devraient sortir des critères d'attribution. Du fait de la baisse des plafonds de ressources, environ 10 % d'entre elles ne seront plus éligibles à l'allocation de base de la Paje, et un peu plus de 5 % ne toucheront plus la prime à la naissance (923 euros).

30 % de hausse pour les familles monoparentales

Ces mesures ne devraient pas s'appliquer aux familles qui en bénéficient déjà, mais uniquement pour les naissances à compter du 1er avril 2018

À noter que ces mesures ne devraient pas s'appliquer aux familles qui en bénéficient déjà, mais uniquement pour les naissances à compter du 1er avril 2018. Résultat, la réforme devrait monter progressivement en charge et dégager quelque 70 millions d'euros d'économies dès l'an prochain et jusqu'à 500 millions au bout de trois ans.

En contrepartie, le gouvernement va financer un coup de pouce en faveur des familles monoparentales. Agnès Buzyn a ainsi annoncé mardi une majoration de 30 % de leur allocation de garde d'enfant. «Ce sera plus 138 euros par mois pour accéder à une garde d'enfant pour ces familles en grande difficulté», a déclaré la ministre de la Santé sur BFMTV-RMC. «Aujourd'hui, il y a trois millions d'enfants par mois qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, beaucoup d'entre eux vivent dans des familles monoparentales.»

Le complément du mode de garde (CMG), qui permet de financer la garde d'enfants, passera donc de 462 euros actuellement à 600 euros mensuels pour les familles monoparentales modestes. La mesure, qui vise à favoriser le maintien dans l'emploi de ces familles, coûtera 40 millions d'euros en année pleine.

 Mais seulement 10 millions l'an prochain car elle n'entrera en application qu'au 1er octobre 2018.

Encore une idée à la Hollande : décider en 2017 applicable en fin 2018.

Cela ne vous rappelle par l'histoire de l'APL ?


Plus d'un milliard d'euros d'économies sur le médicament

Le gouvernement, qui présentera jeudi son projet de budget 2018 de la Sécu, doit trouver 4,2 milliards d'euros d'économies pour contenir la hausse des dépenses de santé à 2,3 %. «Plus d'un milliard d'euros d'économies reposeront sur les médicaments», a déclaré Agnès Buzyn sur RMC, un «effort considérable».

Cela passe par des baisses de prix et un meilleur usage des génériques.

Mais les Français «doivent être raisonnables, car ils consomment aujourd'hui trop de médicaments», a ajouté la ministre de la Santé.

Et en plus il fument, on des voitures diesel !

 

 
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LE GOUVERNEMENT A ANNONCÉ L'EXTENSION DE LA PROCRÉATION MÉDICALEMENT ASSISTÉE (PMA) AUX FEMMES SEULES ET AUX COUPLES DE FEMMES HOMOSEXUELLES.

Madeleine de Jessey dénonce un faux progrès guidé par «passion aveugle pour l'abolition de différences de nature».

Violation du droit des enfants, paradoxe d'un désir d'enfant qui conduirait à priver délibérément ce même enfant de son père, constitution d'un véritable marché de la procréation en l'absence de dons de gamètes suffisants, problématiques du remboursement de ces pratiques par une solidarité nationale déjà fortement sollicitée, transformation des médecins en simples prestataires de services, nouvelle étape franchie vers la légalisation du recours aux mères-porteuses au nom du même principe de «non-discrimination»…

Les raisons de s'opposer avec la plus grande fermeté à la volonté d'Emmanuel Macron d'ouvrir l'AMP aux couples de femmes et aux femmes seules sont multiples, elles relèvent du bon sens et ont été exposées avec brio, ces derniers jours, par un très grand nombre d'intellectuels, de militants et d'associations, de droite comme de gauche, auxquels nous souhaitons redire ici toute notre gratitude et notre soutien.

Au-delà de ses aspects anthropologiques, juridiques et financiers, ce projet porté par la nouvelle majorité manifeste plus que jamais la nécessité de réhabiliter en France l'existence de garde-fous conservateurs et de réaffirmer l'importance des limites face à la fuite en avant d'un progressisme qui, en fait de progrès, autorise des projets totalement régressifs pour l'humain dans son ensemble.

  • Régressifs, parce qu'ils bafouent une fois de plus les droits des plus faibles, des plus petits, de ceux qui n'ont jamais voix au chapitre. Cette négation du droit des plus vulnérables est peut-être un progrès pour le gouvernement: elle ne le sera jamais pour nous.
  • Régressifs, parce qu'ils servent les intérêts d'un projet ultralibéral dans lequel tout, absolument tout, peut devenir l'objet d'une relation marchande et commerciale, y compris ce qui ne devrait pas avoir de prix. Cet ultralibéralisme est peut-être un progrès pour le gouvernement: il ne le sera jamais pour nous.
  • Régressifs, parce qu'ils conduisent à nier l'importance de la parité lorsqu'il s'agit de concevoir et d'élever un enfant, alors même que cette parité est universellement défendue par ailleurs. Cette mise à l'écart d'un des deux sexes est peut-être un progrès pour le gouvernement: elle ne le sera jamais pour nous.
  • Régressifs, parce qu'ils entendent dresser l'homme contre la nature et contre sa propre nature, à une époque où l'on affirme pourtant plus que jamais l'importance de préserver des équilibres naturels gravement déséquilibrés par la volonté démiurgique de l'homme, avec les conséquences dramatiques que l'on connaît. Pourquoi affirmer avec force l'importance du principe de précaution et de responsabilité dès lors qu'on touche à l'environnement, et ne pas appliquer ces mêmes principes pour des problèmes qui touchent à l'humain et à l'origine de sa propre vie? Cette lutte de l'homme contre la nature est peut-être un progrès pour le gouvernement: elle ne le sera jamais pour nous.
  • Régressifs, parce qu'au lieu de considérer les différences anthropologiques comme autant de richesses, ils y voient des signes insupportables de discrimination et d'inégalité dont l'Etat devrait dédommager n'importe qui, au risque d'ouvrir une véritable boîte de Pandore dans laquelle le désir de chacun et de chaque minorité obligerait sans cesse le politique et préparerait l'avènement d'une société éternellement insatisfaite et malheureuse, parce qu'incapable de «changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde». Cette passion aveugle pour l'abolition de différences de nature est peut-être un progrès pour le gouvernement: elle ne le sera jamais pour nous.
  • Régressifs, enfin, parce qu'ils conduisent à brouiller plus encore les repères de la filiation dans une société qui peine déjà à savoir où elle va, parce qu'elle ne sait plus vraiment d'où elle vient. Cette volonté de faire advenir des individus déracinés et hors-sol est peut-être un progrès pour le gouvernement: elle ne le sera jamais pour nous.

Ce que nous venons de dire ici, la droite s'honorerait à la porter fièrement, sans hésitation, sans crainte des anathèmes.

Or force est de constater qu'elle se montre une fois de plus timorée sur ces sujets, alors même qu'ils font appel à tous les grands principes qui justifieraient son existence face à La République en marche.

Car enfin, pourquoi devrait-on rougir de vouloir défendre les plus faibles et de dénoncer le primat des logiques marchandes sur l'humain?

  • Pourquoi devrait-on s'excuser de vouloir préserver la parité et la complémentarité des sexes?
  • Pourquoi devrait-on éternellement battre notre coulpe de vouloir réconcilier l'homme avec la nature et les richesses dont elle est porteuse? Le temps de l'inhibition et de la soumission intellectuelle doit cesser.
  • Face à la fuite en avant «progressiste» de la République en marche, soyons enfin fiers de défendre le seul véritable progrès qui soit: celui qui permet à l'homme et à la société dans laquelle il évolue d'être et de devenir plus humain. 
 
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PMA POUR TOUTES: «NOUS VIVONS LE RÈGNE DU PARENT ROI»

Auteur d'un essai sur les valeurs, la sociologue Nathalie Heinich analyse les arguments invoqués par les partisans de l'extension de la PMA. Selon elle, la notion d'«égalité» est ici inappropriée et l'intérêt de l'enfant occulté. Elle s'étonne que tout adversaire de cette extension illimitée des droits soit qualifié de réactionnaire.

Nathalie Heinich est sociologue, chercheur au CNRS. Elle vient de publier  Des valeurs, une approche sociologique  (Gallimard), prix Pétrarque de l'essai France-Culture-Le Monde.

Ceux qui s'opposent à l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) sont souvent qualifiés d'«homophobes». Que vous inspire cet anathème?

La principale difficulté dans ce type de débats n'est pas tant le fond de l'argumentation que sa surdétermination par des catégorisations en clans: progressiste ou conservateur, «néo-réac» ou «gauchiste», etc. Comme si se retrouver dans la «bonne» catégorie politique était le seul enjeu, alors qu'il en va souvent de décisions fondamentales pour toute la société. Ainsi, les arguments contre le PACS ou le mariage homosexuel ont été d'emblée occultés derrière le renvoi à une présumée position «droitière», conservatrice voire homophobe, ce qui permet de ne pas y répondre.

En ce qui me concerne, j'ai toujours voté à gauche, ma seule religion est l'attachement à la laïcité, et je n'ai aucune passion pour l'institution familiale. Or c'est au nom de mes convictions, et non pas contre elles, que j'estime que ce qui est prioritaire aujourd'hui dans la défense des plus faibles en Occident, ce n'est pas tant la lutte contre les discriminations homophobes (qui a, heureusement, largement porté ses fruits, en tout cas sur le plan juridique), mais plutôt la défense des enfants nés ou à naître, et des femmes que la pauvreté pousse à faire de la gestation un service payant. C'est cela pour moi, le combat progressiste.

Les partisans de cette mesure évoquent «l'égalité des droits» et la fin d'une «discrimination» entre couples hétérosexuels et couples homosexuels. Le mot «égalité» est-il ici approprié?

Il s'agit plutôt d'une extension de la valeur d'égalité à un contexte qui n'est pas pertinent, en l'occurrence celui des droits civils (droit à se marier, à avoir des enfants, etc.). En démocratie, l'égalité civique (droit de vote) est devenue une règle quasi absolue, alors que l'égalité civile est toujours soumise à conditions (ne pas être déjà marié, ne pas avoir de liens de parenté, être marié pour pouvoir adopter, etc.). Et heureusement, car une valeur peut rarement se réaliser de façon absolue, du fait qu'elle entre souvent en conflit avec d'autres valeurs, tout aussi respectables. En l'occurrence, la valeur de protection de l'intérêt des enfants devrait avoir au moins autant sa place, dans cette histoire, que la valeur d'égalité, dont j'ai montré ailleurs qu'elle est sujette à une extension souvent démesurée, aboutissant à des aberrations juridiques, voire morales.

Le droit pour un enfant de connaître ses origines ne peut pas être négligé face à ce que certains invoquent comme un «droit à l'enfant» - encore que les militants LGBT aient cessé d'utiliser cette expression, ayant finalement compris qu'il ne va pas de soi de considérer un enfant comme un bien ou comme un service.

Par ailleurs, l'argument de l'égalité, invoqué pour aligner le statut des couples homosexuels sur celui des couples hétérosexuels, sera forcément utilisé pour exiger la GPA, au nom de l'égalité des couples gays par rapport aux couples lesbiens. Et là, ce sont encore d'autres problèmes éthiques qui sortiront de la boîte de Pandore…

La question qu'il faut se poser, c'est: à qui profite l'invocation d'une valeur? En l'occurrence, le double profit qu'il y a à invoquer l'égalité et la liberté va exclusivement à ceux qui souhaitent devenir parents. Mais ceux qui sont oubliés dans l'histoire, ce sont les enfants! Dès qu'on appelle à la protection de leurs besoins et de leurs intérêts, l'on est immédiatement accusé d'être du mauvais côté - réactionnaire, voire pire - et la question est repoussée sous le tapis des grandes indignations contre les discriminations. Comme souvent, les conflits de valeurs ne portent pas tant sur la valeur elle-même que sur l'objet auquel il convient de l'appliquer. Appliquons donc notre exigence d'égalité aux enfants, et pas seulement aux parents actuels ou virtuels: entre un enfant qui peut dire «mon papa» et celui qui ne le peut pas, n'y a-t-il pas une criante inégalité?

Un argument souvent invoqué est celui de «l'hypocrisie»: puisque des femmes vont déjà recourir à ces pratiques dans des pays qui l'autorisent, il conviendrait d'adapter notre législation au fait. Que pensez-vous de cet argument?

Cet argument dénote simplement l'ignorance des fonctions du droit. Il existe une différence fondamentale entre le fait et le droit - et c'est d'ailleurs justement ce qui justifie l'existence de celui-ci. Le droit n'est pas fait pour entériner ce qui existe, et encore moins ce qu'on aimerait voir exister: le désir ne fait pas loi. Le droit est là pour donner une forme contraignante aux valeurs qui fondent une société, et non pas une forme acceptable aux pratiques effectives. Concrètement, ce n'est pas parce que les filles-mères ont toujours existé qu'il faut que la société institue, cautionne, encourage et finance l'absence de père. Quant à l'argument du «il y a d'autres pays qui le font», il est simplement indigent: il y a aussi des pays qui continuent à pratiquer la peine de mort, ou la pénalisation de l'homosexualité - faut-il les suivre pour autant?

Le fait, c'est que nombre de couples homosexuels se débrouillent pour fabriquer des enfants, dotés d'un père et d'une mère (fussent-ils parents par le nom et le comportement et non pas par les gènes), sans exiger pour autant ni de modifier la loi, ni de faire payer par la société le coût de leurs désirs. Par ailleurs, à une époque où la surpopulation menace la planète, le civisme exigerait qu'on facilite l'accès à l'adoption plutôt que de conforter à tout prix le souhait de transmettre ses gènes.

«C'est un droit. Cela n'enlève rien aux autres», disent les partisans de cette mesure. Invoquer le mot «droit» au sujet de la procréation est-il selon vous approprié?

Mais ôter à un enfant la moitié de sa généalogie, c'est bien lui enlever quelque chose - et quelque chose de fondamental! S'obstiner à ne pas le voir, en dépit de l'évidence, dénote l'hypocrisie de l'argument de «l'amour» pour l'enfant: privilégier ses propres droits de parent potentiel en déniant ceux des enfants, c'est faire preuve d'un égoïsme, ou plus probablement d'un narcissisme, qui devrait inquiéter quant aux capacités à élever un enfant en respectant ses besoins. Comme disait le psychiatre Winnicott, ce n'est pas d'amour qu'un enfant a besoin, mais de parents!

L'extension des droits est-elle une mécanique sans fin propre à l'individualisme libéral?

Ce qui me semble se profiler derrière la volonté d'autoriser la réalisation du désir individuel d'être parent à tout prix, c'est une forme d'hubris, un fantasme de toute-puissance: «J'en ai envie, donc personne ne peut m'en empêcher». Comme si l'on vivait aujourd'hui, après le règne de l'enfant-roi, le règne des ex-enfants-rois devenus adultes, c'est-à-dire parents-rois: je veux un enfant, donc personne n'a le droit de m'en priver. Et de ce point de vue, le cas des mères célibataires qui veulent à tout prix un enfant me paraît encore plus problématique que celui des couples de lesbiennes: ces dernières, au moins, admettent un tiers entre l'enfant et elles, en la personne d'une compagne, tandis que les mères célibataires, en évacuant le père, évacuent tout tiers qui pourrait interférer dans leur toute-puissance sur l'enfant. La clinique des pathologies psychiques engendrées par ce type de situations est assez connue pour qu'on évite de les fabriquer de toute pièce.

D'ailleurs, l'un des arguments des membres du comité d'éthique qui viennent de se prononcer contre la PMA - ils ont été malheureusement minoritaires - est que l'on ne peut pas, d'un côté, tenter de limiter les dégâts causés par les familles monoparentales et, de l'autre, encourager leur formation. L'autre argument est que l'on ne peut pas créer des situations d'impossibilité pour l'enfant de connaître ses origines alors même que la France est en infraction sur ce point avec la loi européenne, et que l'on connaît, là encore, l'ampleur des dégâts psychiques occasionnés par ces situations. Faire comme s'il n'y avait là aucun problème - du moins aucun problème qui vaille qu'on s'y attarde face à l'impérieuse pulsion de toute-puissance parentale - me paraît d'une inconséquence effrayante.

Comment peut-on selon vous défendre l'idée de la nécessité d'une filiation symbolique sexuée sans définir une famille naturelle biologique idéale?

L'invocation de la nature pour justifier des décisions concernant les humains est absurde: les besoins naturels de l'humanité se limitent à peu de choses, fondamentales certes (respirer, boire et manger, digérer, s'abriter, s'accoupler), mais les besoins sociaux sont tout aussi fondamentaux et autrement plus complexes. Or une «filiation symbolique sexuée» relève des représentations et des institutions sociales, et nullement de la nature: se repérer dans une généalogie, s'identifier à un sexe, sont des opérations qui font intervenir le langage, l'image de soi, le rapport à l'autre, bref ce qui ressortit à la socialisation. L'interdit de l'inceste n'a rien de naturel, il n'en est pas moins fondateur de la plupart des sociétés, en tout cas de la nôtre. C'est donc au nom des besoins sociaux de l'enfant qu'il faut leur assurer un état-civil, donc des repères, qui ne constituent pas un déni de la réalité. Ce sont les psychanalystes, les juristes et les anthropologues qu'il faut consulter sur ce point, et non pas les biologistes ou les généticiens.

Le problème n'est pas celui de la parenté «naturelle», c'est-à-dire génétique ; il n'est pas non plus celui de la parenté d'éducation, car il n'y a pas de raison que des homosexuels soient moins aptes que des hétérosexuels à élever un enfant ; le problème est celui de la parenté symbolique, c'est-à-dire la possibilité pour l'enfant de se penser à la fois dans une continuité généalogique et dans la différence des sexes, fondatrice de la conscience qu'il y a de l'autre, et que cette altérité est au cœur de la vie sociale.

Certes, les mœurs et les institutions sociales ne sont pas immuables, et l'on est en droit de chercher à les modifier. Mais nous vivons dans un certain contexte, dont on ne peut faire abstraction: nous ne sommes ni dans l'antiquité romaine, ni dans une peuplade à l'autre bout du monde. Là encore, ne laissons pas le fantasme de toute-puissance, cette plaie de notre époque, pousser au «tout, tout de suite», comme si nous étions seuls avec nos désirs.

 
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Colère. L'ancienne porte-parole de la Manif pour Tous s'est indignée de l'annonce faite par la secrétaire d'Etat à l'Égalité entre les femmes et les hommes sur l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

Elle était à la tête du plus grand mouvement d'opposition face à la loi Taubira. Après l'annonce de l'élargissement de la PMA par Marlène Schiappa, l'ancienne porte-parole de la Manif pour Tous Frigide Barjot s'indigne. Contactée par Valeurs actuelles, celle qui est désormais déléguée générale de L'Avenir pour Tous dénonce : “On franchit une étape bien pire que le mariage homosexuel. Désormais, cela sera éthique de procéder à la naissance d'un enfant dont l'identité du géniteur sera effacée. On vit un véritable basculement de l'humanité.

“C'est une loi bioéthique qui suit une logique de remplacement des être humains. Cette loi va nous amener peu à peu vers la GPA, qui n'est qu'une forme de PMA. La procréation marchande et anonyme sera tolérée et cela est inacceptable”, poursuit-elle.

Un nouveau combat pour cette catholique revendiquée qui s'est largement opposée à l'ouverture au mariage pour les couples de même sexe adopté en mai 2013. Interrogée sur les éventuels moyens mis en place pour contrer ce projet de loi, Frigide Barjot lance un appel :

Seule, je ne peux rien. J'ai donc contacté Ludovine de la Rochère pour affiner notre organisation. La stratégie sera différente que lors du Mariage pour Tous mais notre énergie restera intacte”. 

L’ouverture de la PMA à toutes les femmes sera proposé par le gouvernement dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique en 2018, a annoncé mardi 12 septembre la secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

Interrogée sur RMC/BFMTV, la secrétaire d'Etat a affirmé que “cet engagement de campagne serait  tenu ”. “En termes de calendrier, nous serons sur l’année qui arrive, 2018, probablement avec les révisions de la loi de bioéthique”, a-t-elle précisé.

 
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Tugdual Derville :

«Le transhumanisme nous entraîne dans un scénario totalitaire»

A l'occasion de la parution de son dernier livre, Le temps de l'Homme, Tugdual Derville a accordé un grand entretien à FigaroVox. Il y plaide pour une révolution de l'écologie humaine afin d'éviter l'avènement d'«une société atomisée, d'individus errants, sans racines».

Le Conseil d'Etat a autorisé, mardi 30 mai, le transfert, en Espagne, du sperme du mari défunt d'une femme en vue d'une insémination post-mortem, et ce au nom du respect de leur projet de conception d'un enfant.

Que cette décision vous inspire-t-elle?

C'est le type même de rupture anthropologique qui confirme l'alerte que lance Le temps de l'Homme. Dès qu'on s'affranchit des trois limites inhérentes à l'humanité - le corps sexué, le temps compté et la mort inéluctable, on aboutit à une folie. Ici, on exige de concevoir un enfant déjà orphelin de père. Voilà comment notre société bascule vers la toute-puissance: en démolissant les murs porteurs de notre humanité, toujours au dépend des plus fragiles. L'alibi utilisé est celui de la souffrance d'une femme qui a perdu son mari. Mais, ainsi que j'ai pu le constater par moi-même en accompagnant de nombreuses personnes endeuillées, seul le consentement au réel permet la vraie consolation. Engendrer des enfants à partir des morts fait entrer l'humanité dans une ère de confusion généalogique. La «tyrannie du possible» génère une société atomisée, d'individus errants, sans racines.

En quoi l'écologie humaine est-elle un service vital à rendre pour l'humanité?

L'écologie humaine vise à protéger «tout l'homme et tous les hommes»: c'est-à-dire l'homme dans toutes ses dimensions et les hommes dans leur diversité, des plus forts aux plus fragiles. C'est un humanisme intégral. Son domaine d'application s'étend à toutes les activités humaines, de l'agriculture à la culture, en les reliant par un même souci: servir l'homme. Personne ne doit être traité ni comme un objet, ni comme une variable d'ajustement. L'écologie humaine est le défi du millénaire parce que l'homme a réussi à mettre le doigt sur la vie. L'embryon transgénique n'est pas loin. La responsabilité de l'humanité n'est plus seulement de léguer aux générations futures une planète habitable ; il nous faut transmettre aux hommes de demain les repères anthropologiques et désormais «génétiques» dont nous avons tous bénéficié.

C'est une urgence anthropologique, car la nature humaine est menacée d'autodestruction. Nous risquons la généralisation du processus inconscient d'exclusion du bouc-émissaire décrit par René Girard. Il explique déjà notre eugénisme: les personnes porteuses de handicap étant considérées comme source de malheur, subissent une exclusion anténatale destinée à trouver la paix. En réalité, c'est une guerre permanente qui est déclarée aux plus fragiles. Après avoir sélectionné les hommes par l'eugénisme, les scientistes rêvent de sortir l'homme de sa condition par le tanshumanisme. Ils pensent que l'homme doit à tout prix échapper à sa condition humaine, à sa part de fragilité comme aux limites qui le frustrent. C'est le nouveau fantasme prométhéen. Il faudrait aboutir à un homme tout-puissant, un homme-Dieu. Ce serait une deshumanisation de masse car la vulnérabilité est une valeur d'humanité.

Pourquoi estimez-vous que la maternité est menacée?

Je décris d'abord la gestation comme notre expérience universelle et originelle, d'une richesse inouïe. Elle est à la source de l'anthropologie du don qui structure toute la société. Certains «déconstructeurs» prophétisent son abandon. Au nom de l'égalitarisme du genre, ils faudrait libérer les femmes de la maternité corporelle, considérée comme une aliénation. La gestation pour autrui est une première attaque qui éclate la maternité entre deux voire trois femme: génitrice, gestatrice et éducatrice. Etape ultérieure, l'utérus artificiel ferait enfin disparaître la distinction entre les sexes.

Nous nous trouvons dans un scénario totalitaire, proche du Meilleur des mondes. Livrée à la technique, l'étatisation de la maternité serait liberticide. La visée transhumaniste est d'ailleurs extrêmement élitiste : ce prétendu progrès serait réservé aux sociétés opulentes. Les pauvres resteraient à quai.

Heureusement, la «barrière de complexité» du réel vient contredire les fantasmes prométhéens simplistes. La «mécanique» humaine est infiniment plus complexe que celle d'un ordinateur. L'intelligence artificielle a certes accompli des prouesses… Mais l'homme n'est pas qu'un cerveau, il est aussi un corps, en relation avec son environnement, et un mystère… En témoigne la complexité de ce qui se joue entre la mère et celui qu'elle porte: transmissions épigénétiques, interactions biologiques et psychologiques... La vie intra-utérine a une influence majeure sur la mère et sur l'avenir de son enfant.

Contrairement à ce que disent les promoteurs de la gestation pour autrui, il est insensé d'organiser une séparation précoce, pour la seule satisfaction de désirs d'adultes, entre un enfant et celle qui l'a porté neuf mois. Il peut arriver des drames, des décès accidentels. Ce qui est terrible, dans le cadre des mères porteuses, c'est que la rupture est programmée.

Comment la famille, que vous envisagez en écosystème, a-t-elle été fragilisée? Quelles solutions proposez-vous pour la préserver?

La famille représente l'écosystème de base. Quand l'homme naît, il ne débarque pas dans la nature mais en premier lieu dans une culture, qu'on nomme maternelle, et qui commence par une culture du soin et de l'amour. Cet écosystème familial est à l'origine de toute société. Le village est une famille de familles. Le «pays», au sens de territoire de proximité, est une famille de familles de familles… Notre nation met à l'honneur le beau mot de «fraternité» dans sa devise: il manifeste combien le lien familial est la référence première de toute vie en société. Je ne nie pas qu'il puisse également être un lieu de souffrance.

Aujourd'hui, malgré les fragilisations qu'elle a subies, la famille résiste: encore 70 % des Français mineurs vivent avec leurs deux parents. C'est un repère plébiscité par les français: 80 % considèrent qu'un enfant a besoin, pour son meilleur épanouissement, de vivre avec son père et sa mère. Il n'est pas juste que les politiques érigent en modèles équivalents certains types de configurations issues d'une rupture ou d'un deuil toujours douloureux. La séparation des parents reste une source de souffrance pour tout enfant. Najat Vallaud-Belkacem peut bien dire le contraire, en laissant entendre devant des collégiens que le divorce ne les fait plus souffrir… C'est un déni d'écologie humaine.

Comme Lionel Jospin, il faut rappeler que l'humanité est faite d'hommes et de femmes. C'est cette parité fondamentale qui est à défendre. En Grande-Bretagne, il est désormais légal de concevoir artificiellement un enfant à trois parents, l'enfant d'un homme et de deux femmes, dont l'une «donne» son ADN mitochondrial. On casse un repère anthropologique structurant. La parité homme femme, que les déconstructeurs veulent abolir, doit être protégée dans l'engendrement.

La compulsion libertaire a engendré beaucoup de souffrances familiales, en ridiculisant notamment la fidélité sexuelle. Elle reste pourtant une valeur précieuse pour la majorité des français. Mai 68 a consacré la précarité affective, surtout au dépens des femmes et des enfants, laissant accroire que ses formules adolescentes comme «jouir sans entraves» ou «il est interdit d'interdire» libéraient. En réalité, la régulation des désirs, même les plus légitimes, est indispensable pour instaurer une société de confiance, de sécurité et de protection des faibles.

Je montre dans Le temps de l'Homme jusqu'où va la logique des déconstructeurs qui n'hésitent pas à plaider pour que sautent les «derniers tabous sexuels» de l'inceste à la zoophilie. Au fond, c'est l'abolition de tous les repères, l'arrachage de toute les racines et la liquéfaction de la société qu'il faudrait acter. La révolte anthropologique est légitime.


 
 
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Etude INSERM :

UNE MEILLEURE PRISE EN CHARGE DES PRÉMATURÉS 

Les résultats d’une étude de l’INSERM, Epipage2, qui ont récemment été publiés dans le British Medical Journal, montrent que, depuis 20 ans, les enfants nés prématurément vivent mieux et ont moins de séquelles.

L’étude Epipage-2 a inclus plus de 5 500 enfants nés entre 22 semaines d’aménorrhée (cinq mois de grossesse) et 34 semaines (sept mois et demi), d’avril à décembre 2011. Les données d’Epipage-2 ont été recueillies par questionnaires auprès des familles et des médecins traitants.

Chaque année en France, naissent environ 50.000 enfants prématurés, soit 7% du total des naissances, parmi lesquels on compte environ 8.000 « grands prématurés » (nés avant la 31e semaine de grossesse, soit avant 7 mois).

Pour les enfants nés avant sept mois de grossesse, le taux de survie sans séquelles majeures, à l’âge de 2 ans, était de 80,5 % pour les enfants nés en 2011, contre 74,5 % pour les enfants nés en 1997. « Non seulement nous avons observé une amélioration du taux de survie de ces enfants nés prématurés, mais cette survie se fait également sans handicaps moteurs et sensoriels » souligne le Pr Pierre-Yves Ancel qui a coordonné l’étude.

« La grande différence avec la fin des années 1990 », indique le Pr Pierre-Yves Ancel, « c’est qu’il y a aujourd’hui un suivi systématisé et organisé des enfants prématurés grâce à la mise en place de réseaux, composés de médecins et autres professionnels », qui couvrent pratiquement l’ensemble du territoire, même si on observe encore une grande inégalité territoriale dans la prise en charge des prématurés : le pronostic des extrêmes-prématurés varie ainsi de 50 % selon la région de naissance.

Par ailleurs, les parents sont de plus en plus sollicités comme partenaires de soins. On leur propose, par exemple, des séances de « peau à peau » avec leur enfant. L’enjeu est de contrebalancer l’environnement hypertechnique du prématuré par la « révolution de velours » qu’offrent les soins de développement, comme le programme Nidcap initié aux Etats-Unis. 25 maternités françaises sont actuellement formées à cette technique (sur 66 au total). « Les études récentes montrent des bénéfices [de ces programmes] dans le développement cognitif, moteur, comportemental et psychosocial de l’enfant et une diminution de la durée d’hospitalisation » souligne l’association SOS Préma.

Malgré tout, l’étude montre l’importance de chaque semaine supplémentaire passée dans le ventre de la mère : selon les données de 2011, le taux de survie des enfants est supérieur chez les enfants nés entre la 32e et la 34e semaine de grossesse (près de 99 %) à celui des enfants nés entre 24 et 26 semaines (52 %).

Comme nous précise le Pr Pierre-Yves Ancel, « les enfants inclus dans cette étude ont actuellement cinq ans et demi et sont en train de passer de nouveaux examens ». Il faudra encore attendre quelque temps avant d’avoir des résultats plus précis.




 
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Le 27 juin 2017, le Comité National Consultatif d’Ethique rendait un avis sur les demandes sociétales de recours à l’assistance médicale à la procréation. Véritable arlésienne depuis 2013, cet avis propose d’autoriser l’insémination artificielle avec donneur anonyme (IAD) aux femmes seules ou en couple de même sexe tout en laissant beaucoup d’interrogations en suspens.

Cet avis est loin d’être consensuel, le CCNE laissant beaucoup de questions sans réponse qui requièrent un véritable débat et la mobilisation de la société civile.

Caroline Roux, Déléguée générale adjointe d’Alliance VITA et coordinatrice des services d’écoute, réagit à cet avis :
 
« Les justifications sont alambiquées et révèlent un malaise. (…)
Priver délibérément un enfant de père et instrumentaliser les hommes, en les réduisant à des donneurs de gamètes, constitue une forme de violence humaine et sociale sur laquelle le Comité fait totalement l’impasse.  C’est la porte ouverte au « droit à l’enfant » au détriment des droits de l’enfant.  (…)
 
Concernant la gestation par autrui, le CCNE se dit attaché aux principes qui justifient l’interdiction de la GPA, souhaitant un renforcement des moyens de prohibition au niveau national et international. Il rappelle très justement que « le désir d’enfant ne peut constituer “un droit à l’enfant” justifiant la pratique de la GPA ». 
 
Mais si cet argument est valable pour la GPA, pourquoi ne s’applique-t-il pas aussi à la PMA pour les femmes hors contexte d’infertilité médicale ?
On le constate : il s’agit de deux poids, deux mesures, qui seront à terme intenables, si on ne s’appuie pas sur une anthropologie solide, qui assure en l’occurrence le droit pour tout enfant de se voir reconnue une filiation biologique paternelle et maternelle. Les enfants ne sont ni des êtres « hors sol », ni « hors corps » de leurs parents. (…)  
 
Comme le souligne notre délégué général Tugdual Derville, la défense du droit de l’enfant, contre l’idée d’un « droit à l’enfant », est un impératif d’écologie humaine qui transcende tous les clivages.
 
L’État doit assurer la protection du plus fragile contre la loi du plus fort. Protéger les enfants de la PMA sans père, c’est aussi les protéger de la GPA à terme ».

 

 
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«PMA POUR TOUTES: DERRIÈRE LE PROBLÈME ÉTHIQUE, LA DÉRIVE CULTURELLE»

TRIBUNE - Alors que le CCNE s'apprête à rendre un avis sur la question, Chantal Delsol, Christian Flavigny et Élizabeth Montfort mettent en garde contre les conséquences d'une légalisation qui changerait profondément la filiation.

L'avis du Comité consultatif national d'éthique sur l'ouverture à une «PMA sociétale» est attendu par les pouvoirs publics. Il devra répondre à ces deux questions: l'ouverture de la PMA aux couples de femmes sera-t-elle sans incidence préjudiciable sur les enfants et les familles?

Est-il ou non discriminatoire qu'une femme seule ou deux femmes ensemble s'en voient refuser l'accès?

La pratique de la PMA fut calquée sur l'adoption plénière conçue comme l'enfantement affectif par le couple qui adopte ; pour cette même raison, la PMA répond à de seules indications médicales, palliant la stérilité d'un couple dont la relation porte l'enfantement. Car l'enfantement ancre le lien filial ; les parents, que leur union d'homme et de femme rend procréateurs, perpétuent à la génération suivante ce que firent pour eux leurs propres parents, qui jadis leur donnèrent vie. Et l'enfant y fonde sa raison d'être et la logique de sa venue au monde comme leur successeur dans la lignée. Ainsi s'inscrit la procréation en une transmission gérant la dette symbolique qui fait le fil des générations.

Cela, de plus, invaliderait l'enfantement comme transmission, pourtant pivot de la vie familiale: chacun ne devient père que depuis son vécu passé en tant que fils de son père (de même chacune, depuis sa relation de fillette à sa propre mère).

Ne pas légaliser, ce n'est ni entretenir une discrimination ni refuser la diversité des familles ; c'est fonder l'équilibre de toutes les vies familiales sur les bases solides du lien psychique de filiation.

Alors vient l'argument: d'autres pays ont validé le principe de la PMA pour toutes, la France n'est-elle pas rétrograde à le refuser?

Mais ces pays ne centrent pas le principe de transmission sur la vie psychique ; ils le gèrent par la référence aux religions dont ils les font garantes. Ainsi les États-Unis leur donnent une place centrale (le président y prête serment sur la Bible, imagine-t-on le président français prêtant serment sur les Évangiles?), cependant qu'une garantie filiale est requise d'une «filiation biologique» qui n'est pourtant qu'un leurre puisque jamais le fait d'être parent n'a été fondé exclusivement par le biologique (ou bien alors l'adoption ne veut plus rien dire). On voit les désarrois que cela entraîne ; ainsi le recours angoissé aux blogs de recherche de «parent biologique» omet qu'un géniteur ne suffit pas à faire un père, mais qu'un père peut ne pas être le géniteur: ces tentatives cherchent à soulager d'affres affectives survenant dans un lien familial constitué avec un concours de PMA, alors que c'est d'une difficulté affective qu'il s'agit, comme il en arrive dans toutes les familles. L'adoption illustre d'identiques désarrois lorsque l'open adoption américaine amène des échanges d'enfants à la raison qu'un enfant adopté n'aurait pas pu trouver sa place dans une famille et la trouverait peut-être mieux dans une autre ; pratique bien peu sécurisante. D'autant que ces mêmes pays pratiquent la sélection du donneur sur catalogue, acceptent la vente des produits de son corps propre, en particulier de gamètes (contrairement au principe français de «l'indisponibilité du corps»), pratiquent l'achat de pratiques procréatives: les questions éthiques sont aussi des questions culturelles. On notera que ces pays justifient la légalisation de la GPA pour des unions masculines à la raison de ne pas discriminer les hommes, la PMA pour toutes ouvrant l'aide médicale aux unions de femmes.

Alors, gare au «progressisme» qui n'est qu'une déculturation teintée d'idéalisation du modèle anglo-saxon.

La validation en France d'une PMA sociétale accentuerait la dérive suscitée par la légalisation en 2013 du mariage pour tous, qui changea la nature du mariage et de l'adoption. Le pouvoir politique d'alors résuma à tort la réaction populaire qui s'ensuivit à un passéisme, alors qu'elle ne plaidait que l'épanouissement de tous les enfants demeure inscrit dans la pratique culturelle française, exempte de tout préjugé et n'excluant personne.

La légalisation de la PMA pour toutes ne se résume pas à une «éthique», c'est un enjeu sociétal de la plus extrême gravité.

Le président Macron choisira-t-il d'accentuer encore une déliquescence culturelle, au mépris de réactions taxées avec condescendance de «populistes»?

Il y a risque qu'il veuille donner des gages «de gauche», et qu'une fois de plus la famille fasse les frais du souci politique d'afficher un «progrès social»: un progressisme qui n'est qu'une déculturation.

Ce serait à coup sûr fragiliser plus encore le tissu familial et social en France.

*Christian Flavigny est pédopsychiatre, psychanalyste (département de psychanalyse de l'hôpital de la Salpêtrière, Paris), Elizabeth Montfort est présidente du pôle famille et société de l'Institut Thomas More, et Chantal Delsol est philosophe, membre de l'Institut.

Avec Macron, en marche pour la PMA, toutes

 
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« Un féminisme décomplexé n'est pas incompatible avec la vie de famille »

A l’occasion de la Journée de la Femme, HELENE BONHOMME, auteure de Fabuleuses au foyer et de C'est décidé, je suis fabuleuse - Petit guide de l'imperfection heureuse, a accepté de répondre aux questions des AFC sur le rôle et la place de la femme dans la société, et sur sa vision du féminisme.

Pourquoi rappelez-vous sans cesse aux mamans qu'elles sont fabuleuses ? Quel est leur rôle privilégié dans la famille ?

Métro, boulot, « au dodo », « allez sur le pot », « je comprends rien à mon ado » : les aléas de la vie de famille font bien souvent oublier aux mères qu'elles sont fabuleuses ! Heureusement, le « génie féminin » n'est pas une question de logistique (tant mieux, parce que la majorité d'entre nous ne sommes pas des fées du logis, et parce que le partage des tâches est toujours apprécié - merci à nos fabuleux impliqués !). Ce « génie féminin » dont parlait Jean-Paul II, c'est une sensibilité particulière, un sens de la relation, de la réconciliation, de la protection, de l'amour inconditionnel. Et cette bienveillance toute féminine, nous nous devons de l'offrir non seulement à nos proches, mais avant tout à nous-mêmes.

Quelle est la reconnaissance sociale de la femme aujourd’hui ?

À nos grands-mères, on a dit d'être bobonnes à la maison ; à nos mères, on a dit que tout épanouissement ne pouvait avoir lieu que le plus loin possible du foyer et des réalités familiales. Nous, nous avons la possibilité de tout faire : rendre les meilleurs dossier et diriger la meilleure équipe, mais aussi être à la sortie de l'école à 11h30, tout sourire, et servir des plats maison, bio et locaux à nos enfants. La reconnaissance sociale de la femme aujourd'hui, c'est ce perfectionnisme mensonger qui veut nous faire croire que nous ne pouvons exister qu'en étant parfaite sur tous les fronts. La liberté de tout faire est devenue notre prison.

Quelle est votre vision du féminisme ?

Un féminisme décomplexé qui n'est pas incompatible avec la vie de famille. La révolution sexuelle nous a acquis la liberté de carrière et de planification des naissances : tant mieux ! Mais elle a fait l'impasse sur un constat simple : une majorité de femmes continue à avoir envie de faire des enfants et de s'en occuper. Ma génération veut construire les acquis gagnés par les générations précédentes, mais également affirmer que le couple et la maternité font partie des composantes de nos vies de femmes.

En savoir plus Fabuleusesaufoyer.com : 30 000 mamans / mois
Retrouvez le dernier livre d'Hélène Bonhomme : C'est décidé, je suis fabuleuse - Petit guide de l'imperfection heureuse

 
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GENDER, PMA, GPA :

« LES POLITIQUES EUROPÉENS AGISSENT HORS DE TOUT CONTRÔLE DÉMOCRATIQUE »

Le collectif Mum Dad and Kids appelle à signer une pétition pour inscrire la définition du mariage au niveau européen et faire cesser les pressions idéologiques subies par certains pays.

C'est ainsi que, dans le dos des habitants des Etats membres, l'Union européenne promeut la mise en œuvre des concepts de de l'idéologie de genre, laquelle nie la réalité et les implications de la différence et de la complémentarité des sexes.

L'Europe cherche donc à élargir le cercle des pays qui reconnaissent le mariage de deux hommes ou de deux femmes. Elle intervient par exemple pour obtenir que les pays qui n'ont pas légalisé le mariage homosexuel reconnaissent quand même le mariage des couples de même sexe qui viennent s'installer chez eux, une manière insidieuse de faire avancer ce que l'Union européenne appelle «l'agenda LGBT».

L'Europe intervient aussi de plus en plus fréquemment et fortement en faveur de ce qu'elle appelle «les droits reproductifs et génésiques», expression «pudique» recouvrant en particulier l'identité de genre, la PMA sans père (pour les couples de femmes et les lesbiennes) et la GPA (gestation pour autrui, ou pratique des mères porteuses).

Cependant, d'un pays à l'autre, de la Suède à la Croatie ou des Pays-Bas à la Pologne, les conceptions en matière anthropologique diffèrent radicalement. Ces enjeux humains et sociétaux en viennent même à susciter de graves difficultés entre Etats-membres au sein des instances européennes et donc à diviser l'Europe. Et ce d'autant plus que ce sont finalement toujours les pays progressistes qui finissent par imposer leurs vues.

Dans ce contexte, des associations issues de nombreux pays membres de l'Union européenne qui défendent la famille ont lancé ensemble l'initiative citoyenne européenne Mum, Dad & Kids, dont la licéité a été validée par la Commission européenne.

L'objectif de Mum, Dad & Kids est de proposer l'adoption par l'Europe d'une double définition du mariage et de la famille: «le mariage est l'union durable d'un homme et d'une femme, et la famille est fondée sur le mariage et/ou la descendance.»

Cette définition correspond au socle commun à tous les pays d'Europe. Son adoption serait un signe de concordance, facteur d'unité européenne.

Certes, en ce qui concerne le mariage de deux hommes ou deux femmes, il est trop tard pour la France - pour le moment en tout cas, n'injurions pas l'avenir!

NOUS AVONS UN DEVOIR DE SOLIDARITÉ VIS-À-VIS DES AUTRES PAYS QUI SUBISSENT DE FORTES PRESSIONS AFIN DE RECONNAÎTRE LE MARIAGE DE DEUX HOMMES OU DE DEUX FEMMES EN DÉPIT DE LEUR OPPOSITION.

Mais nous avons un devoir de responsabilité et de solidarité vis-à-vis des autres pays qui subissent de fortes pressions afin de reconnaître le mariage de deux hommes ou de deux femmes en dépit de leur opposition.

Par ailleurs, la France est directement concernée par cette initiative citoyenne puisque l'Europe tente par tous les moyens de faire reconnaître partout la PMA sans père et la GPA.

Le succès de Mum, Dad & Kids suppose deux conditions: sept pays au moins doivent atteindre un seuil minimum de signatures, lequel dépend du nombre d'habitants, et un million de signatures doivent être récoltées sur l'ensemble de l'Union Européenne.

Dix pays ont déjà atteint ce seuil minimum et plus de 700.000 signatures ont été recensées.

C'est immense… mais encore insuffisant pour que la commission européenne se trouve dans l'obligation de statuer sur cette proposition et, plus important encore, pour faire comprendre aux responsables européens que leurs orientations sociétales rencontrent une forte opposition.

Cette double définition du mariage et de la famille est partagée par l'immense majorité des habitants des Etats membres de l'Union européenne. Mais encore faut-il qu'ils le fassent savoir, et en particulier les Français, qui n'ont pas encore atteint le seuil minimal requis. Et il y a urgence: l'initiative Mum, Dad & Kids s'achève règlementairement le 3 avril 2017 à minuit!

Il est tout à fait possible d'atteindre, et même de dépasser, ce million de signatures. La démarche est simple: il suffit de se rendre sur le site www.mumdadandkids.eu et de signer en ligne ou sur papier. Cette démarche est assortie d'une confidentialité maximale protégée par la loi: personne ne peut accéder aux noms et coordonnées des signataires.

Les générations d'enfants à venir, qui comme nous tous auront besoin d'un père et d'une mère, ont besoin de nous: accordons-leur deux minutes de notre temps pour montrer en acte que la défense de la famille et de la filiation père-mère-enfant est incontournable.

Visitez le site www.mumdadandkids.eu et retrouvez la pétition ici

 
Vign_Afc_info

LES AFC PERDENT LEUR PROCÈS CONTRE LE SITE DE RENCONTRES EXTRA-CONJUGALES GLEEDEN

La justice a débouté les associations familiales catholiques au sujet du site de rencontres extra-conjugales Gleeden, jeudi 9 février. Le Tribunal de grande instance de Paris ne juge pas illicite la promotion de l’adultère. Jean-Marie Andrès, Président des AFC, se dit « sidéré » par cette décision.

« Le juge vient de nous expliquer que la fidélité dans un couple ne compte pas ». Jean-Marie Andrès, président des AFC, est consterné par la décision du Tribunal de grande instance de Paris. En 2015, la Confédération nationale des Associations Familiales Catholiques (CNAFC) avait porté plainte contre le site de rencontres extra-conjugales Gleeden pour dénoncer le « business de l’infidélité » et faire interdire sa promotion publique. Elle lui reprochait de violer l’article 212 du code civil, selon lequel « les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance ».

A travers ce procès, le but était d’interpeller la société sur le sens du mariage et l’importance de la fidélité. Mais la justice n’a pas considéré l’obligation de fidélité comme étant absolue. Le Tribunal estime que l’infidélité n’est pas toujours cause de divorce, et peut se justifier dans certains cas par « un commun accord », ou peut être « excusée par le comportement de l’autre ».

Le raisonnement du tribunal consiste à dire que, sous prétexte que certaines personnes autorisent que leur conjoint aille « courir le guilledou »,  cela suffirait à rendre légale l’infidélité dans le couple » s’insurge Jean-Marie Andrès. Pour lui, il s’agit d’une attaque contre les fondements du mariage et « contre la notion même du droit. » « La décision du tribunal accrédite malheureusement l’idée que le mariage civil est vide de sens. Elle fragilise la notion de loi comme règles que l’on se donne mutuellement et que l’on veut volontairement respecter » déplore-t-il. Le président des AFC rappelle par ailleurs que « le mariage n’est pas une obligation mais une démarche positive et volontaire. » 

 

Le tribunal a condamné la CNAFC à verser 2000 euros à Blackdivine, la société éditrice du site Gleeden, au titre de frais de justice. L’association catholique n’a pas encore arrêté sa décision de faire appel ou non.

RAISON DE PLUS POUR CHOISIR UN PRESIDENT QUI AIT DES CONVICTIONS

 
Vign_Juriste

POURQUOI L’ARGENT PUBLIC SERT-IL LE LOBBY DE LA GPA ?

France 2 a diffusé quatre fois en vingt et un mois un film documentaire de propagande pour la GPA (entre octobre 2014 et juillet 2016, « Deux hommes et un couffin »). La chaîne n’a fournit aucun commentaire ou information permettant d’informer le public sur la réalité de cette pratique sociale aux Etats-Unis.

Cela aurait été l’occasion d’apprendre*, par exemple, que dans ce pays les femmes bénéficiaires de minima sociaux sont exclues, par les agences, des sélections pour être mères porteuses. On considère qu’elles sont trop pauvres pour leur faire confiance.

On aurait pu apprendre aussi que les agences mettent en concurrence les candidates, pour faire baisser les prix : le client est roi, et ceux qui paient, ce sont les commanditaires.

La mère porteuse présentée dans ce film passe dix semaines alitée – on l’apprend au détour d’une phrase, sans en savoir plus ni sur elle, ni sur ses deux enfants en bas âge, dont elle est censée s’occuper, en tant que mère au foyer, dont le mari a deux emplois pour faire vivre (très modestement) sa famille. La diffusion de ce film aurait dû permettre d’informer le public français sur le degré d’éducation à la santé de la population américaine, et surtout sur le manque d’information des mères porteuses sur les risques encourus dans une grossesse obtenue d’insémination artificielle.

Pour mieux comprendre pourquoi la mère porteuse souhaite le redevenir, la chaîne publique aurait pu informer, dans un souci d’objectivité, qu’à partir de la deuxième grossesse, le paiement de la mère porteuse augmente. En effet, la femme qui a déjà rendu le(s) enfant(s) mis au monde lors d’une première expérience de mère porteuse est désormais considérée comme expérimentée et fiable.

Rien de tout cela, cependant. Par ailleurs, France 2 n’a jamais diffusé d’émission ou de reportage montrant les multiples facettes de la gestation pour autrui, permettant de contextualiser les motivations et les expériences des femmes agissant comme mère porteuses, de s’informer sur la rédaction des contrats et sur l’eugénisme qu’ils encouragent.

Aujourd’hui, France 2 poursuit son engagement militant. Contrairement aux missions d’un média de service public, la chaîne souhaite réaliser une émission « positive » sur cette pratique. Contrairement aux obligations consistant à montrer la pluralité des opinions, la chaîne ne veut pas de contradiction dans son émission.

La gestation pour autrui est interdite en France par le Code civil, et réprimée pénalement quand elle a lieu sur le sol français.

Pourquoi, pour quelles raisons et dans quel but, France 2 choisit délibérément de servir le lobby de cette pratique ?

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Vign_la_verite

ACTION : Dépôt d'une requête contre le ministère de la Santé

Alliance VITA a déposé une requête devant le tribunal administratif de Paris contre le ministère de la Santé concernant les informations inexactes ou non objectives sur l’avortement qui figurent sur le site officiel dédié à l’IVG.

 

Le recours concerne particulièrement une vidéo intitulée : « Y a-t-il des conséquences psychologiques après une IVG ? », dans laquelle un gynécologue affirme « qu’il n’y a pas de séquelle à long terme psychologique de l’avortement ». Cette affirmation va à l’encontre du rapport de l’IGAS de 2010, qui souligne le manque d’étude objective sur les conséquences de l’IVG qui « demeure un événement souvent difficile à vivre sur le plan psychologique. » Le déni de toute séquelle à long terme consécutive à un tel événement est susceptible de tromper les femmes, non seulement lorsqu’elles hésitent, mais aussi lorsqu’elles ressentent ce type de souffrance longtemps après une IVG.

 

Aidez-nous à poursuivre notre action.

Votre générosité est notre seul ressource.

Merci pour votre fidélité et votre soutien à nos côtés.

 
Vign_Sylviane_Agacinski

Dans Corps en miettes, vous évoquez une nouvelle menace pour les femmes, celle de la mainmise de la technique et du marché sur leur corps. Pourtant, dès les années 1970, le slogan féministe était « Mon corps m’appartient », notamment pour défendre le droit à l’IVG.

SI UNE FEMME A LE DROIT D’AVORTER, POURQUOI N’AURAIT-ELLE PAS CELUI DE PRÊTER SON VENTRE ?

Le slogan lancé par des féministes américaines était : « Our bodies, ouselves ! , c’est-à-dire « Notre corps, nous-mêmes ! » On l’a traduit par la formule ambiguë « Mon corps m’appartient ». Mais, contrairement à ce que disent les libéraux-libertaires, nous ne sommes pas propriétaires de notre corps. Merleau-Ponty écrivait justement : « Je n’ai pas un corps, je suis mon corps. »

La maternité engage l’ensemble de l’existence, la vie corporelle et personnelle des femmes, et c’est pourquoi elles veulent l’assumer, ou non, librement, en contrôlant leur fécondité grâce à la contraception et à l’IVG.

En revanche, demander à des femmes de louer leur corps, le temps d’une grossesse, et d’accoucher d’un enfant qu’elles devront abandonner à d’autres dès sa naissance, c’est faire de leur vie un instrument de production. Celles qui acceptent un tel contrat disent toujours qu’elles le font pour des raisons économiques. Le scandale, c’est que certains États tolèrent ou légalisent de tels marchés et que la Cour européenne des droits de l’homme ferme les yeux sur cette commercialisation de la personne humaine, celle de la femme comme celle de l’enfant. Il est temps que cesse la complaisance honteuse à l’égard de ceux qui pratiquent un tourisme procréatif. La quasi-totalité des associations féministes va d’ailleurs continuer à interpeller les politiques sur cette question.


Vous ne croyez donc pas à la possibilité d’une « GPA éthique » ?

L’adjectif « éthique » sert souvent, hélas, à signifier qu’on veut limiter les dégâts d’une pratique injuste.

SI UNE PRATIQUE SOCIALE EST CONTRAIRE AUX DROITS HUMAINS, ELLE NE PEUT PAS ÊTRE ÉTHIQUE.

C’est comme si on disait : on peut accepter un esclavage éthique. Je crois profondément à la fonction civilisatrice du droit.

Le « droit à l’enfant » que vous critiquez n’est-il pas la conséquence logique d’un féminisme libertaire et individualiste ?

D’un individualisme, sans doute, mais il n’est pas spécialement féministe. Le principe d’un « droit à l’enfant » exprime le rêve de mettre la puissance technologique à la portée de tous, sans se soucier des conséquences. On sait que la GPA, assortie de conditions restrictives, est possible en Grande-Bretagne. Or, le 14 décembre dernier, lors d’un débat à la Chambre des lords, certains de ses membres ont demandé au gouvernement britannique de reconnaître aux célibataires, aussi bien qu’à tous les couples, le droit de fonder une famille en recourant à une « mère porteuse ». Tout cela au nom de l’« égalité » entre une personne et… deux personnes.

Au-delà du renoncement à toute raison, on passe ici sous silence l’utilisation des tierces personnes qui doivent fournir à chacun, contre un prix raisonnable, les cellules ou le ventre de « substitution » dont il a besoin.

LE PIRE, DANS CES ERRANCES, C’EST L’OUBLI DES DROITS DE L’ENFANT.

Car il s’agit en fait d’établir un état civil sur la base d’une transaction commerciale, comme en Californie. C’est un effondrement du droit des personnes, assimilées à des biens échangeables.

 
Vous avez la possibilité de télécharger le texte intégral de l'interview de Sylvianne Agacinski parut le 10 janvier 2017 dans le Figaro
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