Page d'accueilAjouter aux FavorisImprimerEnvoyer à un ami

2, rue St Gilles 44210 PORNIC
 
Vign_Sedation

La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié le 15 mars 2018 ses recommandations de bonne pratique pour la mise en œuvre de la « sédation profonde et continue jusqu’au décès » (SPCMD).

Ces recommandations étaient attendues depuis la promulgation de la loi sur la fin de vie « Claeys-Leonetti » de février 2016 créant de nouveaux droits pour les personnes malades en fin de vie.

La « sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès » est un traitement très exceptionnel qui était pratiqué par les professionnels, avant le vote de cette loi, en cas de souffrances réfractaires intolérables ne pouvant être soulagées par aucun autre moyen lorsque le pronostic vital est engagé à court terme.

Lire la suite

 
Vign_Le_monde

 

FIN DE VIE  

 

OLIVIA GRÉGOIRE, PORTE-PAROLE DU GROUPE LRM, CONFIRME LE VIF INTÉRÊT DE LA MAJORITÉ SUR CES QUESTIONS.

 

« Il y a beaucoup de parlementaires mobilisés, soit d’anciens professionnels de santé, infirmiers et médecins, soit des parlementaires qui ont vécu, comme moi, cette épreuve de vie douloureuse en accompagnant leurs proches », relate-t-elle.

 

« On a une Assemblée plus jeune, plus féminine, prête à faire bouger les lignes », note Laurianne Rossi, députée LRM des Hauts-de-Seine, questeur de l’Assemblée et signataire de la tribune.

Liberté...

 

En savoir plus

 

OUEST-FRANCE  qui n'hésite pas une seconde pour soutenir les laudateurs du Président LREM : publie le courrier de JL Touraine LREM 72

 Xavier Breton député de l'Ain réagit

Xavier Breton est un député LR que Juppé et ses disciples (macronistes) doivent considéré comme "extrémiste"  

Mieux le connaître !

 
Vign_Tugdual_Derville_Euthanasie

La bataille de l'euthanasie :

Sept affaires d euthanasie ont défrayé la chronique pendant une décennie. Leur impact médiatique a largement forgé l opinion des Français. Tugdual Derville livre une enquête minutieuse et captivante sur chacune de ces sept affaires, au plus près des faits et des différents protagonistes : Christine Malèvre, infirmière condamnée pour meurtres ; Vincent Humbert, lourdement accidenté, et sa mère ; les deux soignantes de Saint-Astier ; Maïa Simon, partie en Suisse pour son suicide assisté ; Chantal Sébire, dont le visage a pris la France à témoin ; Lydie Debaine, acquittée en première instance pour avoir noyé sa fille handicapée ; Hervé Pierra, dont les parents ont obtenu l arrêt de l alimentation. Derrière ces drames personnels poignants surgissent d autres acteurs. Ils ne sont pas intimement concernés : leur unique motivation est d obtenir la légalisation de l euthanasie. Parfois au prix de procédés stupéfiants.

Cette remarquable enquête d investigation révèle comment l émotion médiatique peut être utilisée pour manipuler l opinion. Un ouvrage qui se lit comme un roman policier. Une question d actualité brûlante qui nous concerne tous, un jour ou l autre... Préface du Dr Xavier Mirabel, cancérologue et président d Alliance VITA.

 
Vign_Pozzo_di_Borgo_toi_et_moi

Toi et moi, j'y crois :

Tout lui réussissait... jusqu'à l'accident de parapente. Philippe Pozzo di Borgo menait une existence dorée, jusqu'au drame qui le rend tétraplégique.

Dans Le Second souffle, il racontait son accident, la mort de sa femme et sa vie bouleversée par le handicap et la solitude. Dans ce nouveau témoignage, il revient sur la vie bouleversée. Si plus rien n'est comme avant, il découvre surtout qu'on ne peut pas vivre seul.

Devenu dépendant, il mesure combien il était jusqu'alors « handicapé » dans sa rencontre des autres, prisonnier d'un rôle à tenir. C'est dans notre vie relationnelle que se joue l'essentiel de la vie. Que ce soit avec les proches comme avec les inconnus, cette découverte du vis-à-vis bouleverse Philippe Pozzo di Borgo.

C'est dans cet échange avec chacun, entre toi et moi, que s'exprime le meilleur de notre humanité. Un témoignage émouvant sur la découverte de l'autre et de la dépendance.

 
Vign_Martin_Steffens_Eternite

L'éternité reçue :

Ce livre est à la fois sauvage et réfléchi. Sauvage parce qu'il exclut d'emblée les paix morbides, ces « sagesses de camomille » qui, sous couvert d'apprivoiser la mort, empoisonnent la vie. Il clame en premier lieu que nous ne sommes pas faits pour mourir.

Mais ce cri oblige à une méditation plus profonde. Nous devons mourir à notre désir de maîtrise. Chaque fois que notre vie rencontre un obstacle, nous sommes invités à nous déprendre de nous-mêmes. Ce consentement à la mort se nomme amour. Mourir à soi-même, c'est tuer ce qui, dans notre vie, est obsédé par la vie.

Ces « petites morts », lues à partir de la pensée de Simone Weil, indiquent un chemin de dépossession et de plénitude. À l'heure où nous serons dessaisis de tout, c'est notre propre vie qui nous sera redonnée. Nous étions à la lisière du paradis, et nous ne le savions pas ! Il faudra bien l'éternité pour prendre la mesure de cette étrange nouvelle.

Martin Steffens est professeur de philosophie en khâgne, conférencier et chroniqueur pour les journaux La Croix et La Vie*. Il a publié plusieurs essais, parmi lesquels :* Petit traité de la joie. Consentir à la vie (2011 ; Prix Humanisme Chrétien, 2013) ; La Vie en bleu (2014) ; Rien que l'amour (2015 ; Prix des Libraires religieux, 2016) ; Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger. Éloge du combat spirituel (2016).

 
Vign_Martin_Stteffens_la_vie_en_bleue

La vie en bleue  :

Comment la philosophie aide à aimer le réel jusque dans ses épreuves. Voir la vie en rose, dans l'impatience d'un bonheur immédiat, sans épreuve et sans nuages, nous amène trop souvent à broyer du noir...

Car comment réaliser la valeur de ce qu'on possède comme un acquis, de ce qu'on a jamais perdu, de ce pour quoi on n'a jamais tremblé, de ce pour quoi on ne s'est jamais battu ?

Et si nous apprenions à voir la vie en bleu ?

A nous réconcilier avec nos difficultés et à ouvrir les yeux sur ce qu'elles nous apportent et à ouvrir les yeux sur ce qu'elles nous apportent de positif ?.

 
Vign_Figarovox

MACRON FACE A L’OFFENSIVE DES PRO-EUTHANASIE

Par Guillaume TABARD : Le Figaro - samedi 3 mars 2018

 

Sera-ce la prochaine grande bataille sociétale ?

 

La bataille politique, en tout cas, est déjà programmée, et la bataille médiatique déjà lancée. 

 

Cette semaine, Le Monde a fait sa une sur une pétition de 156 députés appelant à une légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.

 

Bien que le promoteur de cette démarche, le Lyonnais Jean-Louis Touraine (ex-PS), soit un fervent macroniste, et que les quatre cinquièmes des signataires siègent au groupe La République en marche, l’initiative n’est ni voulue ni parrainée par le chef de l’État. Elle peut même l’embarrasser au moment où il s’implique dans le processus de révision des lois de bioéthique avec un souci du meilleur consensus possible et du respect de toutes les consciences. 

 

Lire le billet de Guillaume Tabard 

 

Les pro-euthanasie, qui peuvent se réjouir du silence actuel des tenants de l’accompagnement, ne se priveront pas d’en profiter.

 
Vign_anticipons
 
Vign_Guide_des_directives_anticipees001

ANTICIPONS AVANT DE MOURIR

ALLIANCE VITA lance une campagne nationale d'information à l'occasion de la nouvelle édition du "GUIDE DES DIRECTIVES ANTICIPÉES" 

Il s'agit d'attirer l'intérêt sur le livret qui est original, simple et pédagogique.

Peu de personnes formulent leurs directives (beaucoup de 10% de la population).

Le sujet de la fin de vie est tabou et Alliance Vita fait partie des rares personnes à oser en parler. 

Alliance Vita se veut facilitateur et en cela elle rend service aux citoyens.

Elle reçoit sa légitimité grâce au service d'écoute et d'accompagnement SOS FIN DE VIE

 
Vign_Deuil

Au moment d’un décès, les proches sont confrontés à des problèmes à régler dans l’urgence, à un moment où ils sont particulièrement vulnérables à toutes les sollicitations.

3 conseils pour les familles :

1-Avant de choisir une entreprise de Pompes Funèbres, rencontrez les gens et demandez par qui vous serez accompagné aux différentes étapes.
2- Choisissez une prestation simple, en résistant aux nombreuses offres superflues.
3- Attention, plus les prix sont bas, moins il y a de services. Il faut faire attention au devis autant qu’à l’attitude des professionnels.

 
Vign_penser_la_fin_de_vie

Sommes-nous bien « armés » pour penser la fin de vie ?

Avec ce nouvel ouvrage, Jacques Ricot nous permet de comprendre tous les enjeux philosophiques, sociétaux et juridiques de la fin de vie.

Ses réflexions s’appuient sur une connaissance fine des « affaires » médicales qui ont alimenté le débat et de la réalité de l’accompagnement des patients.

 
Vign_euthanasie_C_Roux

Euthanasie : Caroline Roux, invitée de KTO

 
 

Caroline Roux, déléguée générale adjointe et coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA, était l’invitée de l’émission À la Source, le 21 septembre 2017. Elle réagit à la forte médiatisation de l’écrivain Anne Bert, atteinte de la maladie de Charcot, qui a choisi d’aller mourir en Belgique.

 
Vign_Alliance_Vita

LA SÉDATION TERMINALE DÉMASQUÉE

Par Benoit Dacre Wright

L’actualité nous offre en ce début d’année deux occasions de mesurer les conséquences à terme de la sédation profonde terminale telle qu’elle est envisagée dans le rapport Leonetti-Claeys.En effet, ce rapport préconise, pour ceux qui en feraient la demande ou l’auraient exprimée dans des directives anticipées, d’appliquer une sédation profonde et permanente jusqu’au décès. La seule perspective offerte par une telle sédation est donc la mort, à l’exclusion de tout autre projet de vie, et de toute autre dimension de l’existence. Cette sédation s’accompagne donc logiquement d’un arrêt de tous les traitements, mais également de l’alimentation et de l’hydratation, devenus inutiles dans une visée exclusivement terminale.

 
 
Vign_Soulager_1

CRÉATION DU CENTRE NATIONAL DE LA FIN DE VIE : VIVES INQUIÉTUDES À L’ANNONCE DE SA PRÉSIDENCE PAR LE DOCTEUR VÉRONIQUE FOURNIER

Soulager mais pas tuer prend acte de l’annonce de la nomination non encore officielle du Dr. Véronique Fournier à la présidence du nouveau Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, qui fusionne l’Observatoire national de la fin de vie et le Centre national de ressources en soins palliatifs.

Cette nomination confirme la nécessité d’une vigilance absolue. Madame Véronique Fournier a en effet multiplié les propos et démarches ambiguës autour de la fin de vie, stigmatisant volontiers les soins palliatifs et allant jusqu’à affirmer : « il faudrait que l’euthanasie devienne le soin palliatif ultime » (interview dans Le Monde du 7 février 2012 à propos du décès de Michel Salmon).

Pour Tugdual Derville, l’un des porte-parole nationaux de Soulager mais pas tuer, « la confusion entre soins palliatifs et euthanasie est la pire chose qui puisse arriver dans ce débat. Et c’est la première raison de notre mise en garde contre la proposition de loi Claeys-Leonetti dont le concept de « sédation profonde et continue jusqu’au décès » s’apparente, dans certains cas, à des euthanasies masquées ou à des suicides assistés. Certains effectuent un véritable travail de sape pour détourner les soins palliatifs de leur mission ; tout en affirmant les soutenir, ils prétendent qu’ils ne sont pas une solution crédible. Or, nous devons malheureusement constater que Véronique Fournier a largement contribué à cette confusion, en prônant ce qu’elle nomme « l’euthanasie palliative ». Elle ouvre de plus de nouveaux débats à hauts risques, comme lorsqu’elle laisse entendre qu’il faut réinterroger le respect de la vie des personnes âgées démentes en institution. Or, le « mal-mourir » appelle toujours un surcroit de solidarité sans jamais légitimer le franchissement de l’interdit de tuer, fondement du pacte social particulièrement indispensable pour les plus fragiles et les sans voix. »

A l’approche des derniers débats au Parlement pour finaliser dans les semaines à venir la loi sur la fin de vie, Soulager mais pas tuer appelle tous les parlementaires à la plus grande vigilance, afin que cette nouvelle loi ne vienne pas instaurer en France une euthanasie qui ne dirait pas son nom.

Soulager mais pas tuer continue par ailleurs d’installer dans toute la France des comités de vigilance fin de vie chargés de protéger la vie des personnes les plus vulnérables de toute dérive euthanasique. 

 

 
Vign_Alliance_Vita

ACCOMPAGNEMENT ET SOINS PALLIATIFS

La diffusion d’une « culture palliative » est promue comme alternative à l’euthanasie.

La notion d’accompagnement de fin de vie s’est précisée depuis quelques dizaines d’années pour compenser une technicisation de la médecine par trop déshumanisante.

 
 
Vign_Euthanasie

L’EUTHANASIE, UN SCHÉMA BIEN RODÉ !

Avec l’arrivée au cœur du débat politique de la fin de vie, deux questions m’interpellent, que je résumerai à :

qu’est-ce que cette fameuse loi Leonetti ?

Et pourquoi le gouvernement se sent-il si concerné par ces questions morales et sociétales ?

 
 
Vign_La_marche_pour_la_vie

TRIBUNE DE PHILIPPE POZZO DI BORGO, JEAN-LOUIS TERRA ET TUGDUAL DERVILLE, *

parue dans le Figaro du 11 décembre 2014.

C’est parce que nous avons tous trois en commun d’avoir côtoyé la très grande vulnérabilité – sans que jamais elle soit pour nous source d’indignité – que nous avons décidé de prendre la parole ensemble : un « tétra », qui s’assume « non-présentable », dont la vie a inspiré le film Intouchables, alors qu’il aurait consenti au suicide si on le lui avait proposé quand il était désespéré ; un « psy », engagé depuis longtemps dans la prévention du suicide à tous les âges de la vie ; et le fondateur d’une association pour enfants et jeunes porteurs de handicaps qu’il a toujours considérés comme 100% vivants.

Notre pays semble prêt à admettre que certaines vies seraient devenues indignes

Que certains suicides s’imposeraient comme solution dans l’épreuve de la fin de vie, et qu’il entrerait dans la mission des soignants, soit de proposer la mort, soit de la provoquer.  De multiples raisons sont avancées : la souffrance physique ou morale, la grande dépendance ou le grand âge… Certains n’hésitent pas à invoquer le sentiment d’inutilité qu’éprouvent des personnes qui approchent de leur mort, ou bien le poids de leur fin de vie pour leurs proches, et même le coût économique des derniers mois de la vie.

Comment en est-on arrivé là ?

Comment se fait-il que de nombreux Français imaginent désormais qu’il faudrait choisir entre « souffrir » et « mourir » ? La loi fin de vie de 2005, votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, écarte pourtant à la fois l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie. Elle promeut des soins palliatifs accessibles à tous, qui luttent contre la douleur physique et les souffrances morales des personnes gravement malades et de leurs proches.

C’est la voie solidaire choisie par la France.

Elle se résume en quatre mots : Soulager mais pas tuer. Alors que des personnalités militent explicitement pour l’euthanasie et le suicide assisté, d’autres ont commencé à utiliser l’expression « aide à mourir », pour des sédations terminales : celles-ci constitueraient en réalité un déguisement de l’euthanasie si leur objectif assumé est de provoquer rapidement la mort. Pourquoi jouer avec les mots ? Aide à mourir ? Notre expérience de l’accompagnement des personnes qui traversent de lourdes épreuves nous fait partager une conviction : ce que les personnes en grande souffrance attendent avant tout, c’est une aide à vivre !

Nous avons tous besoin d’un regard qui fait vivre.

De gestes tendres et respectueux qui nous confirment notre dignité et notre humanité. De mots qui nous protègent de notre propre désespérance. C’est la relation qui fait vivre. Nous en avons tous un besoin vital quand nous traversons un moment d’extrême fragilité. Alors que monte l’isolement des personnes âgées de façon dramatique (24 % des plus de 75 ans en sont victimes, soit 1,2 millions de personnes), c’est le moment de leur montrer qu’elles ont toute leur place au cœur de la société. Voilà la priorité qui doit  moment de leur montrer qu’elles ont toute leur place au cœur de la société. Voilà la priorité qui doit mobiliser les pouvoirs publics.Ce serait d’ailleurs la meilleure façon de casser la spirale anxiogène qui tétanise les Français devant la dépendance, le grand âge et la mort.

Suicide assisté ?

Cette notion accole deux mots antinomiques ; elle remet en cause tout le travail des acteurs de la prévention du suicide. Elle démobilise ceux qui agissent au nom de la solidarité contre ce fléau qui frappe, particulièrement, les personnes âgées les plus isolées. A l’heure où un premier rapport d’activité de l’Observatoire national du suicide vient d’être remis au ministre de la Santé, la mobilisation contre la souffrance, physique et psychique, ne doit pas être freinée par une ambiguïté au plus haut niveau de l’Etat.

Notre pays s’honore d’une politique de prévention du suicide qui n’exclut aucune catégorie de citoyens. 

Cette politique se concentre sur la « crise suicidaire », ce moment à hauts risques qu’il faut tenter de déceler, où la désespérance menace de faire basculer un destin, irrémédiablement. Il n’est pas évident de distinguer la crise suicidaire d’une demande d’euthanasie : schématiquement, dans la crise suicidaire, le centre de gravité de la souffrance est le moral, tandis que le corps est souvent préservé. Dans la demande d’euthanasie, ce serait l’inverse : le corps, sous l’agression de la maladie fait perdre l’espoir. En réalité, dans les affections physiques sévères, la « psyché » et le « soma » sont intriqués au point qu’une authentique dépression n’est pas facile à déceler.

Chaque suicide – sans exception – constitue un échec, une grande violence pour les proches, et toute la société.

Selon quels critères d’âge, de handicap, de maladie notre société se permettrait-elle d’étiqueter une catégorie de la population « apte au suicide » ? Quelle violence pour ceux qu’on exclurait ainsi officiellement de la politique de prévention ! L’urgence est à la cohérence : la fragilité fait partie de chaque vie ; elle appelle à une solidarité protégée par l’interdit de tuer, fondement de notre pacte social et de la relation entre soignants et soignés.  

Philippe Pozzo di Borgo, tétraplégique, auteur du Second souffle (Bayard).

Jean-Louis Terra, Professeur de psychiatrie à l’université Claude Bernard Lyon 1

Tugdual Derville, fondateur d’A Bras Ouverts, auteur de La Bataille de l’euthanasie (Salvator)

 
 
Vign_25_jan

CÉCILE EDEL, PRÉSIDENTE DE LA MARCHE POUR LA VIE, PRONONCE LE DISCOURS DE CLÔTURE

"Chers amis, 40 ans

Il y a 40 ans…était promulguée une loi, une loi qui allait engager notre société vers un bouleversement éthique sans précédent.Il y a 40 ans, est entré dans nos lois, ni plus, ni moins que le PERMIS DE TUER.

La loi du 17 janvier 75, dite loi Veil, est venue, en effet, instituer l’autorisation d’éliminer, d’éliminer en toute impunité le plus fragile, le plus innocent d’entre nous tous : l’enfant à naitre.Cette loi Veil, qui a fait, rappelons-le, 9 millions de petites victimes, sans compter les terribles souffrances et violences infligées aux femmes qui ont avorté, cette loi est bien la boite de Pandore qui conduit aujourd’hui à toutes les dérives que nous connaissons dont la dérive euthanasique qui menace la France aujourd’hui.Hier, avec la loi sur l avortement, le permis de tuer a été instauré sous couvert d’une fausse liberté de la femme.

Demain, avec  l’euthanasie, il sera permis de tuer sous couvert d’une fausse charité.

Je connais, vous connaissez des actes de charité, d’amour qui nous font sacrifier notre propre vie pour un être ou une cause qui nous dépasse; je ne connais aucune charité qui nous fasse sacrifier l’autre pour des raisons obscures.

Chers amis, depuis 40 ans, des hommes et des femmes ont refusé ces dérives, refusé ces lois qui tuent, ces lois qui laissent penser que toute vie ne mérite pas d’être vécue. Et je veux ainsi rendre hommage aujourd‘hui à tous ceux qui se sont battus et se  battent  encore sans relâche pour être la voix des sans voix. Ils ont gardé la flamme de la résistance pro vie allumée et sans eux, ni moi ni vous ne seriez là…

Il y a 10 ans, cette Marche pour la Vie voyait le jour grâce à ces  précurseurs; elle est le fruit d’une détermination sans faille, d’un abandon sans cesse renouvelé à la Providence, d’une persévérance dans le combat contre l‘avortement et d’une confiance absolue qui invite à l’Espérance. Cette Marche pour la Vie, est le symbole de la constance et de la vraie résistance.Chers amis, nous venons de marcher une heure et demie durant à travers Paris pour témoigner d’une conviction simple, profonde et universelle : la vie humaine, toute vie humaine, chaque vie humaine est sacrée. Respecter la vie de l’être humain et sa dignité, c’est prendre en compte tous les âges de la vie, dès la conception jusqu’au dernier instant de la vie terrestre. Respecter la vie de l’être humain c‘est refuser le droit à la mort mais proclamer le droit à la vie.Il m’importe en tant que Présidente de la Marche pour la Vie et au nom de tous ceux qui ont organisé cette marche de vous remercier de la confiance que vous leur avez témoignée en répondant si nombreux et parfois de si loin à leur appel.

Merci d’avoir répondu massivement présents à ce rendez-vous unique de tous les défenseurs de la Vie qui refusent le changement de civilisation vers lequel notre pays s’achemine.

Merci d’avoir été la voix des sans voix, la voix de tous ceux qui ne verront pas le jour, la voix de Vincent Lambert dont la vie est suspendue à l’appréciation des juges.

Merci d’avoir gardé la flamme allumée depuis 10 ans pour demander l’abrogation de la loi sur l’avortement et son remplacement par des lois en faveur de la vie.Vous vous êtes levés aujourd’hui, je vous appelle à rester debout !

Restez debout pour œuvrer, là où vous êtes, par la force de votre témoignage, l’engagement dans les divers mouvements et à travers votre refus de toute compromission. Car le respect de la Vie ne saurait souffrir aucune exception au nom d’une pseudo liberté ou d’une fausse charité.

La vie est au dessus des lois mais la loi doit servir la Vie. 40 ans…

Le combat contre la culture de mort est long et rude mais  croyez-moi, nous ne lâcherons pas, nous ne renoncerons pas, nous ne trahirons pas, et nous gagnerons, nous l’emporterons !"

 
 
Vign_Le_Guay_Mourir

Nous mourrons mal en France !

À trop se focaliser sur la seule question de l’euthanasie, comme si elle était LA solution, le débat public, l’opinion et les politiques passent à côté d’une douce barbarie que nous finissons tous par accepter.

Il est barbare et indigne de mourir seul dans les couloirs de nos hôpitaux alors que beaucoup souhaiteraient de rester chez eux pour vivre leurs derniers jours. Il est indigne de laisser des personnes en fin de vie enfermées dans un mutisme complet, loin des bienfaits d’un dialogue confiant.

Car une parole échangée est la meilleure façon de faire reculer le sentiment d’abandon. La parole tricotée à deux est le médicament le plus efficace pour atténuer les infinies souffrances du cœur et de l’âme. La parole, quand elle explore l’énigme que nous sommes et nous redonne de la dignité par le récit de soi, permet, depuis la nuit des temps, de redonner confiance.

C’est sur ce pouvoir de la parole et la puissance de ces rencontres ultimes et de ces échanges au bord de la mort que Damien Le Guay veut insister.

L'humanité doit avoir le dernier mot. 

Damien Le Guay, philosophe, est vice-président du Comité national d'éthique du funéraire.

Il enseigne à l'Espace éthique de l'AP-HP (sur les questions d'éthique de la mort) et est maître de conférences à HEC. Il fut auditionné par la première commission parlementaire de Jean Leonetti (« Respecter la vie, accepter la mort », juin 2004) sur les questions d'évolution de la mort et de perte de rituels. Il est critique littéraire au « Figaro Magazine », tient une rubrique dans « Famille chrétienne » et fait de nombreux entretiens sur Canal Académie (webradio de l'Institut de France).

 
 
Vign_Emmanuel_Hirsch

Emmanuel Hirsch :

« Légiférer sur la fin de vie ne s’impose pas »

Pour ce spécialiste de l’éthique médicale, la priorité est de respecter la dignité des personnes malades jusqu’au terme de leur existence. 

 
 

L'AFC DU PAYS DE RETZ

avait interrogé les 10 députés et 5 sénateurs de Loire Atlantique (lettre téléchargeable ci-dessous)

Monique RABIN et Yves DANIEL (PS) et Christophe PRIOUL ont répondu (réponses téléchargeables ci-dessous)

Vous pourrez télécharger la réponse que nous avons faite à ces deux députés

Mais les autres ? Que doit-on en conclure sur leur engagement politique au service des Ligériens ?

 
COURRIERS CONCERNANT LE DEBATS SUR LA FIN DE VIE
Relire la lettre envoyée par l'AFC DU PAYS DE RETZ
Réponse reçue le 30 janvier 2015
Réponse reçue le 2 février. Pour dire cela !
Réponse faite par Philippe Blondeau au nom de l'AFC du Pays de Retz
Réponse faite par Philippe Blondeau au nom de l'AFC du Pays de Retz
Réponse identique à celle de M Rabin
Réponse faite par Philippe Blondeau faisant référence à la consultation citoyenne
 
 
Vign_Tugdual_reagit
 
Vign_Vita_les_plus_fragiles

Replacer l’Homme au centre de toutes les politiques publiques doit demeurer le fondement d’un programme bioéthique respectueux des valeurs fondamentales de notre pays. L’emprise de la technique, de l’économie et de la finance est devenue si importante que l’être humain, par essence vulnérable, risque de devenir une simple variable d’ajustement, voire une marchandise dans un marché globalisé tout-puissant.

Remettre l’être humain à toutes les étapes de son l’existence au cœur de toute action politique, en particulier dans le domaine bioéthique, constitue le fondement de nos analyses et de nos propositions.

Ce document analyse en priorité quatre domaines et propose des recommandations à mettre en oeuvre dans la future loi de bioéthique :

1 | PROCRÉATION ET DROITS DE L’ENFANT
2 | RECHERCHES MÉDICALES, GÉNOMIQUE, EMBRYONS HUMAINS
3 | INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET DROITS DE L’HOMME
4 | ACCOMPAGNEMENT DE LA FIN DE VIE ET DÉPENDANCE

NE DISPERSEZ PAS VOS VOTES
Vign_ornella

QUI PEUT ACCEPTER UN GESTE DE MORT ?

Quel monde voulons-nous pour demain ?

Voilà la question sérieuse qui nous est posée. Elle exige information, réflexion et compétence honnêtes, et non des opinions les unes à côté des autres. Elle fait appel à une vision partagée de notre avenir commun et de l’être humain dans son existence personnelle et sociale.

Voilà que le Cese donne un avis où les contraires semblent identiques. Pour lui, développer le soin de telle sorte que chacun vive sa fin de vie de la manière la plus apaisée possible et provoquer délibérément la mort quand le désir en est exprimé, sont à égalité. Donner la mort serait même une attitude « respectueuse ». Comment l’éthique, c’est-à-dire la raison en recherche du juste bien, pourrait-elle faire coexister les contraires ?

D’ailleurs, si on peut provoquer la mort, la peur des dérives est telle que le Cese répète que ce sera « strictement encadré », alors même qu’il souligne les méfaits de la judiciarisation. Le Cese sait-il que la sédation en soins palliatifs est, elle aussi, encadrée, non par peur mais en raison de la haute noblesse de l’acte de soin ?

De fait, l’éthique du soin est cruellement absente de son avis ! On y nomme l’impératif séculaire « tu ne tueras pas » sans en relever la signification qu’y trouve notre raison philosophique pour le bien de tous et de notre vie sociale.

Et bien non, accompagner jusqu’à la mort naturelle et provoquer la mort ne sont absolument pas identiques. 

POUR UN SURSAUT DE CONSCIENCE

La valeur du prendre soin de chaque personne jusqu’à sa mort naturelle, en soulageant ses souffrances, et la valeur de la solidarité pour que les moyens soient donnés aux soignants afin qu’ils accomplissent au mieux leur mission, sont éminentes. Choisir ces valeurs, c’est construire une société de confiance et de paix, où l’accompagnement fait d’écoute, de respect, de discernement est honoré en raison de ses compétences et de son humanité riche en compassion. Chaque jour des milliers de soignants le montrent. Souvent aux obsèques, les familles les remercient.

Par contre, l'euthanasie est un geste de mort 

Elle est une défaite.

Elle ne peut instrumentaliser la valeur éthique de la compassion.

Elle ouvre le cercle vicieux du désespoir et de la culpabilité.

Elle n’est pas un soin et ne pourra jamais l’être.

La raison reste muette devant elle et cherche à en effacer les traces : elle blesse tellement les consciences qu’elle impose le mensonge. Le Cese a donc eu l’idée de préconiser qu’en cas d’injection létale, il serait écrit sur l’acte de décès que c’est une « mort naturelle », comme cela se fait à l’étranger, est-il pudiquement justifié.

Quel crédit accorder à une institution de la République qui voudrait légaliser un tel mensonge ?

Le suicide assisté est une contradiction. Comment est-il possible de le promouvoir dans notre pays qui se bat contre le suicide et qui punit sévèrement ceux qui y incitent ?

Notre société a besoin d’un sursaut de conscience pour choisir son futur en le basant sur des valeurs qui nous rassemblent grâce à une nouvelle intelligence collective du soin. Soyons fiers de promouvoir l’accompagnement et la considération pour nos aînés qui vivent de grandes vulnérabilités.

Soyons audacieux en demandant à l’État de financer davantage le soin.

À l’heure où plus d’un milliard est donné pour l’intelligence artificielle, nous sommes tous en droit d’exiger un même effort pour les soins palliatifs. »

Ce n'est pas un hasard si Emmanuel MACRON communique sur l'Intelligence Artificielle ...

Cela permettra d'ouvrir le débat sur la révision de la Loi Bioéthique sur un thème qui fait consensus mais qui ce n'est pas l'aspect éthique mais technique qui sera discuté

QUI NE JUSTIFIE AUCUNEMENT DE MODIFIER LA LOI BIOETHIQUE 2011 

et les sujets éthiques : AMP et EUTHANASIE seront votés en catimini en séance de nuit. 

Hollande a fait de même en 2013 

Macron est un bon élève 


 
Vign_Fin_de_vie_TD

Tugdual Derville, dans l’émission « À la Source » du 10 avril 2018

a abordé différents sujets, dont celui de la Fin de vie

qui est, depuis quelques jours, au cœur de l’actualité,

après la remise de l’avis du Conseil économique social et environnemental (CESE).

Verbatim

« Ils n’ont pas utilisé le mot « euthanasie » ou « suicide assisté », des mots qui, disent-ils, braquent ou bloquent, mais des expressions bizarres et graves, comme « derniers soins, « soins ultimes » ou – ils ont hésité – d’abord « médication expressément létale » puis « sédation explicitement létale » . Ils sont restés sur cette espèce de novlangue qui dissimule, qui déguise finalement le mot « euthanasie ». Finalement si « prendre soin », c’est « donner la mort », on nage en pleine confusion.

Cet avis a été voté par le CESE, mais avec un dissensus, ce qui est exceptionnel : c’est-à-dire un document complémentaire de conseillers du Conseil économique social et environnemental qui se sont prononcés contre l’euthanasie, explicitement. Il y a des gens qui ont voté l’avis, alors qu’ils sont contre l’euthanasie et pour le dissensus. Il y en a d’autres qui se sont abstenus. Et puis ce n’est qu’un conseil. Donc ça rentre simplement, je crois, dans l’espèce de rouleau compresseur régulier qui laisse croire qu’on se libérerait en pouvant provoquer la mort, et en utilisant en plus (ce qui est assez pernicieux) le vocabulaire des soins palliatifs pour faire entrer en confusion soins palliatifs et euthanasie, et c’est là qu’est finalement le danger pour les mentalités.

S’engager, c’est d’abord s’engager pour que le mouvement des soins palliatifs se développe en France, qu’il y ait de nombreux volontaires dans ce mouvement, beaucoup de personnes qui continuent d’affirmer que soins palliatifs et euthanasie sont incompatibles, parce que le risque est que la mauvaise monnaie -l’euthanasie- chasse la bonne, qui est plus difficile, plus exigeante : le fait de prendre soin, d’être solidaire, de passer du temps avec les personnes.

Une société de l’euthanasie est très vite très violente, elle pousse très vite les plus fragiles vers la sortie, on le voit en Belgique, en Hollande.

On est sur une ligne de crête, car soigner oui, soulager, mais pas tuer, comme le dit le mouvement dont Alliance VITA est membre, avec comme parrain Philippe Pozzo di Borgo, héros du film Intouchables. »

 

LA MACHINE EST EN ROUTE
Vign_Euthanasie_2

 

Le Conseil économique, social et environnemental a adopté, hier, à 107 voix pour, 18 contre et 44 abstentions, un avis appelant à légaliser la sédation profonde explicitement létale »


Le projet d'avis intitulé : Fin de vie : la France à l'heure des choix n, a été rédigé à l'issue d'une consultation de quarantecinq acteurs de la société civile.

Il a été adopté en séance plénière par l'instance consultative.

L'Assemblée s'était saisie de cette question, à l'automne 2017, car plusieurs pétitions demandaient une loi autorisant le suicide assisté et l'euthanasie en France.

L'avis rendu prend soin, pourtant, de ne pas utiliser ces deux termes.

Mais la préconisation na 12 recouvre la méme réalité. Puisqu'elle prévoit d' ajouter aux droits aujourd'hui reconnus à la personne malade par la loi celui de pouvoir demander au.à (SIC) la médecin, y compris à travers la rédaction de directives anticipées ou la désignation d'une personne de confiance, de recevoir, dans des conditions strictement définies, une sédation profonde expressément létale »

Interrogé sur cette expression, le rapporteur, Pierre-Antoine Cailly, a répandu : Il y a des mots qui immédiatement crispent, qui bloquent, et qui sont les mots de suicide et d'euthanasie. »

L'euthanasie reste interdite en France. La dernière loi sur la Fin de vie (Claeys-leonetti du 2 février 2016) l'a réaffirmé en instaurant le droit à une « sédation profonde et continue n, autrement dit une extinction de la douleur qui doit précéder une mon natu-

Or, a constaté le Cese, cette loi a été loin de clore un débat régulièrement ravivé par des cas très médiatisés, comme ceux de Vincent Lambert ou d'Anne Bert.

« L'opinion, depuis 2001, est d'avis que le pays devrait autoriser des forrnes de mourir plus volontaristes  estime Pierre-Antoine Gailty, membre du groupe des entreprises au Cese.

La majorité des Français y seraient favorables, d'après les sondeurs,

Mais les débats des États généraux de la bioéthique ont démontré, une fois de plus, qu'une forte opposition se manifestait du côté des croyants.

Le Conseil lui-même est divisé. L'avis mentionne des divergences exprimées par un nombre non précisé de membres, « tenants de l'application pleine et entière de la législation existante n.

À noter que les mouvements d'Église qui siègent au Cese — Jeunesse ouvrière chrétienne, Mouvement rural de la jeunesse chrétienne. Scouts et guides de France — se sont abstenus,

 
Vign_Lambert

Vincent Lambert : la nouvelle décision très controversée du CHU de Reims

Le 9 avril, le médecin en charge de Vincent Lambert au CHU de Reims, le Docteur Sanchez, a fait part aux différents membres de la famille de la décision collégiale lancée en septembre dernier : il a estimé que la situation de Vincent Lambert relevait de l’« obstination déraisonnable ». Il s’est dit favorable à l’arrêt des traitements, en l’occurrence l’arrêt de l’alimentation et l’hydratation, qui provoqueront sa mort.

Il s’agit d’un nouveau rebondissement judiciaire dans le conflit qui oppose ses proches depuis cinq ans. Vincent Lambert a survécu à un arrêt d’alimentation, décidé lors d’une 1ère procédure collégiale en 2013 avec l’accord de son épouse et à l’insu de ses parents. Saisi par les parents via une requête de référé-liberté, le juge ordonna que l’alimentation soit immédiatement reprise.

Lire la réactio d'Alliance Vita

 
Vign_eveques

EUTHANASIE : LES ÉVÊQUES VEULENT

UN « SURSAUT DE CONSCIENCE »

 

L’Église de France réaffirme son « opposition éthique » à un changement de la loi.

Les évêques de France rappellent que la dernière loi sur la fin de vie « a été votée récemment », le 2 février 2016. « Changer la loi manifesterait un manque de respect non seulement pour le travail législatif déjà accompli, mais aussi pour la patiente et progressive implication des soignants. Leur urgence, c’est qu’on leur laisse du temps », pointent-ils. « La loi de 2005 a eu une répercussion internationale extraordinaire », souligne Mgr d’Ornellas.

 

Leur texte souligne ensuite la contradiction entre le message de fraternité porté par l’État et le message qu’une légalisation de l’euthanasie ou de l’aide au suicide ferait passer

Lire tout l'article.

 
Vign_Damien_Leguay

 

PLUS LES SOINS PALLIATIFS SERONT ACCESSIBLES AUX PATIENTS, PLUS L’ENVIE D’ÊTRE SUICIDÉ PAR UN MÉDECIN SE FERA PLUS RARE, ARGUMENTE LE PHILOSOPHE.

 

DAMIEN LE GUAY

Membre du conseil scientifique de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), auteur de « Le Fin Mot de la vie »  (Le Cerf, 2014). 

 

Depuis des années, par vagues savamment orchestrées, la cause du « droit à mourir », c’està-dire la légalisation de l’euthanasie, est puissamment relayée dans les médias audiovisuels, sans vrai débat contradictoire. 

 

 

En 2018, cette revendication s’affirme, chez de nombreux députés, avec une sorte d’évidence inoxydable. Les esprits seraient prêts, le moment serait favorable. Erreur. Le Parlement paraît disposé à mener une guerre éclair législative, sans perdre de temps en larges discussions, en auditions, en commissions - alors que ce fut le cas à trois reprises sur cette question par le passé. Les plus actifs (autour de M. Jean-Louis Touraine) voudraient forcer la main du gouvernement, des médecins, des hésitants et des adversaires. Nouvelle erreur.

 

Ne confondons pas une lassitude des Français, due, entre autres, à une saturation des médias

par les partisans de l’euthanasie, avec un large assentiment.

Quand les enjeux sont de civilisation, les coups de force finissent par revenir en boomerang. Les partisans de l’euthanasie croient, à tort, apporter une « liberté » et un « progrès ». Ils ne tiennent pas compte des dommages anthropologiques collatéraux, de la rupture du pacte de confiance avec les médecins, de l’angoisse accrue des patients. On peut même affirmer que les militants de l’euthanasie s’en moquent car ils sont convaincus de lutter contre les religions et les mandarins du corps médical. En réalité, ils luttent contre les malades eux-mêmes. L’euthanasie renforcerait leur état de faiblesse, affaiblirait leurs forces de résistance et ce « choix » couperait les derniers liens qui les tiennent encore à l’humanité commune.

 

Soulignons plusieurs paradoxes. 

      Du côté des pro-euthanasie, on observe surtout des associations militantes, des minorités agissantes, des groupes de pensée. Ces gens-là sont rarement sur le terrain. Ils ne se confrontent presque jamais à la complexité de la fin de vie. 

      De l’autre côté, il y a ceux dont la parole est moins sollicitée, moins en vogue dans les médias et qui, pourtant, aident au jour le jour les malades et soulagent leurs angoisses et souffrances. Tous ceux-là - les médecins, les médecins en soins palliatifs, les infirmiers, les aides-soignants, les 10 000 soignants et 6 000 bénévoles regroupés par la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) - sont contre la légalisation de l’euthanasie. 

 

Leur unanimité est totale. Une pétition d’opposition à tous les projets de dérives euthanasiques et un manifeste de réaffirmation de ses valeurs de solidarité, mise en ligne par la Sfap sur son site, remporte un vif succès. 

Mais ceux qui font œuvre d’humanité restent sans voix dans les médias alors que les partisans de l’euthanasie ont micros ouverts.

Autre paradoxe : tout le monde répète qu’il faut développer les soins palliatifs en France

(cette manière humaine d’accompagner en fin de vie pour soulager les douleurs du corps et les souffrances l’esprit) alors même que les moyens budgétaires accordés aux soins palliatifs, déjà faibles, diminuent.0

 

 Pourquoi ce scandale ? 

1.      Rigueur budgétaire ou stratégie hypocrite pour voir s’affaiblir, faute de moyens, l’offre palliative, afin de renforcer la demande euthanasique ? 

2.      Plus l’offre palliative sera forte, offerte à tous, partout présente sur le territoire (ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui), plus l’insatisfaction des patients diminuera et plus l’envie d’être suicidé par un médecin s’amenuisera. 

3.      Pour ses partisans, l’euthanasie serait implicitement la solution au « mal-mourir » dans notre pays. Or il n’en est rien. 

Cette illusion est un aveu d’impuissance et surtout d’indifférence. Il faudrait, pour moins mal mourir, diffuser les bonnes pratiques de lutte contre la souffrance, avoir plus de lits palliatifs, plus de concertation à l’hôpital, moins de « tarification à l’activité » (qui conduit à toujours plus d’acharnement thérapeutique), plus d’infirmières le soir dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), moins de personnes âgées qui viennent s’échouer dans les couloirs des urgences quelques heures avant de mourir.

 

Il est étonnant que nos députés restent sourds aux 200 000 personnes qui, chaque année en France, ne peuvent pas bénéficier des soins palliatifs, faute de place. 

L’intérêt général est du côté de ceux, en grand nombre, qui aspirent à l’ultime solidarité. Alors pourquoi faire primer le point de vue des quelques personnes qui aspirent à la mort avant l’heure et oublier tous les autres ?

 

Regardons la situation concrète en Belgique - pays qui, depuis quinze ans, a légalisé l’euthanasie et qui, depuis, a révisé quinze fois la loi dans un sens toujours plus large. Un examen sérieux de ce qui se passe chez nos voisins suffit à montrer impasses et dérives dudit « droit à mourir ». En Belgique, la commission de contrôle ne contrôle rien. Désormais il n’est plus besoin d’être en fin de vie pour obtenir l’euthanasie. Les souffrances « intolérables » qui l’autorisent peuvent être aussi de nature psychique. La loi belge autorise des euthanasies pratiquées sur des enfants depuis 2014. Si le Parlement cédait au groupe de pression pro-euthanasie, le fragile équilibre de la loi Leonetti de 2005 (avec ses trois principes : non-abandon, refus de la souffrance, refus de l’acharnement thérapeutique) serait ébranlé ainsi que l’offre palliative à la française, patiemment promue, depuis trente ans, par les formidables équipes de soins palliatifs.

 

Reste un seul recours :

Le président de la République, l’homme du « en même temps » et donc de la complexité. L’euthanasie n’était pas dans son programme. 

 

Si Emmanuel Macron l’acceptait, qu’il soit certain qu’il s’agirait là non d’un aménagement mais d’une révolution. 

      Révolution anthropologique. 

      Révolution médicale. 

      Refus des équipes palliatives.  Rupture avec cette aspiration de Paul Ricœur d’être « vivant jusqu’à la mort ».

 

DAMIEN LE GUAY

Técharger et imprimer le document
 
Vign_Damien_Leguay

Euthanasie : ce qu’on ne dit pas à la télé

Plus les soins palliatifs seront accessibles aux patients, plus l’envie d’être suicidé par un médecin se fera plus rare, argumente le philosophe.

 

Depuis des années, par vagues savamment orchestrées, la cause du « droit à mourir », c’est-à-dire la légalisation de l’euthanasie, est puissamment relayée dans les médias audiovisuels, sans vrai débat contradictoire.

 

En 2018, cette revendication s’affirme, chez de nombreux députés, avec une sorte d’évidence inoxydable. Les esprits seraient prêts, le moment serait favorable. Erreur. Le Parlement paraît disposé à mener une guerre éclair législative, sans perdre de temps en larges discussions, en auditions, en commissions - alors que ce fut le cas à trois reprises sur cette question par le passé. Les plus actifs (autour de M. Jean-Louis Touraine) voudraient forcer la main du gouvernement, des médecins, des hésitants et des adversaires.

 

Nouvelle erreur !

 

Lire l'article

 
Vign_cours_de_cas

Pour Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA et auteur de La Bataille de l’Euthanasie (Salvator, 2012) :

« Contrairement à ce que laissent entendre les promoteurs de l’euthanasie, cette relaxe n’a rien à voir avec une validation jurisprudentielle du suicide assisté. Heureusement, car il n’appartient pas à la justice de légiférer. Les magistrats de la Cour de cassation prennent soin d’indiquer qu’il y aurait une erreur dans l’accusation initiale, la qualification de « non-assistance à personne en danger » n’étant pas appropriée.

 
Vign_Euthanasie

 POLÉMIQUE EN BELGIQUE SUR UNE EUTHANASIE « HORS LA LOI »

Un cas d’euthanasie litigieuse en Belgique a récemment défrayé la chronique : un patient atteint de démence s’est vu administrer, par son médecin, une dose létale, sans son consentement et sans l’avis d’un second médecin, contrairement à ce qui est prévu dans la loi de 2002 sur l’euthanasie.

En savoir plus

 
Vign_onu

ONU : le Comité des droits de l’homme promeut l’avortement et l’euthanasie

Début novembre 2017 s’est tenue à Genève une importante réunion du Comité des droits de l’homme, organe de l’ONU composé d’experts : au cœur de leurs débats, l’examen d’un rapport qui vise à interpréter le droit fondamental à la vie comme incluant la nécessité de faciliter l’accès à l’avortement et à l’euthanasie (ou le suicide assisté) par tous les Etats membres.

 
Vign_directives_anticipees

POURQUOI PRENDRE LE TEMPS DE RÉFLÉCHIR À MA FIN DE VIE ?

Dans notre entourage – famille, amis, voisins – nous sommes tous, un jour ou l’autre, confrontés à la maladie grave et à la mort.

Même si nous ne voulons pas trop y penser, nous savons bien que ce sujet nous concerne personnellement.

       
 
Télécharger le guide des Directives anticipées et le formulaire
 
Vign_bioethique
 
Vign_tugdual_derville

EUTHANASIE : LES GRAVES CONSÉQUENCES D’UNE MORT ANNONCÉE

par Tugdual DERVILLE

L’euthanasie très médiatisée d’Anne Bert ne peut laisser indifférent. Tous les patients qui souffrent de graves pathologies évolutives invalidantes méritent d’être écoutés, soutenus et accompagnés. Et la dramatique issue de la maladie d’Anne Bert, qui nous attriste, ne saurait en faire un porte-parole des autres patients, de leurs proches et de tous ceux, professionnels et volontaires, qui prennent soin d’eux.

Nous avons assisté à la théâtralisation d’une situation personnelle douloureuse qui est allée jusqu’à l’annonce d’un livre qui devait sortir après un suicide assisté programmé en Belgique, tout un scénario dans lequel les Français ont été entraînés malgré eux, sans filtre. Il ne s’agit aucunement de juger une personne mais nous sommes en devoir de prendre du recul pour comprendre la portée de son acte ultime, tellement annoncé qu’on peut s’interroger sur sa véritable liberté au moment de sa mort. Pouvait-elle y échapper et se dédire sans décevoir ceux qui en ont fait une personnalité emblématique de leur revendication, sans parler de son éditeur ?

Lire la suite

 
Vign_Fin_de_vie_4

MALAISE D’UNE MORT ANNONCÉE

Point de vue. Par Jacques Ricot,.



La maladie de Charcot, dite SLA (sclérose latérale amyotrophique), est une pathologie neurodégénérative redoutable qui entraîne une paralysie progressive des muscles et des membres, mais pour laquelle existent des soins et un accompagnement appropriés. Une personne atteinte de cette maladie, après avoir annoncé publiquement qu’elle avait demandé à un médecin belge de la faire mourir, a mis son projet à exécution le lundi 2 octobre.
 
La situation émotionnelle de cette mort annoncée est troublante.
 
D’où vient le malaise ?
Il vient d’abord de l’effet produit par l’héroïsation de la patiente sur le cortège des personnes vulnérables, qui ont reçu alors un message indirect dont je suis le témoin : leur vie ne vaut pas d’être continuée. En qualifiant son acte de courageux comme on l’a beaucoup entendu, on paraît dénier le courage moins spectaculaire, et pourtant admirable, des nombreux patients atteints du même mal et de leurs aidants. Or, ils ne disposent pas forcément de réseaux leur permettant de faire entendre leur voix. Une information complète devrait donner la parole aux patients atteints de la maladie de Charcot, à leurs soignants et à leurs accompagnants, pourtant héros du quotidien, et qui estiment que l’euthanasie n’est pas la solution.
 
La collectivité doit faire des efforts
Le malaise vient ensuite de ce que le motif invoqué de cette mort anticipée est le recours à la liberté. Singulière liberté ! Est-on libre quand on n’estime n’avoir plus d’autre choix que celui de supprimer sa vie et, par conséquent, sa propre liberté ? Et puis, être libre, c’est d’abord être capable de modifier ses choix.
 
Or, la pression personnelle que se donne une personne qui a programmé sa mort et l’a annoncée publiquement, n’est-elle pas une entrave à sa liberté de changer éventuellement d’avis ?
 
N’est-on pas empêché de trouver des raisons de vivre quand on met en scène l’annonce de sa mort ?


Le malaise vient enfin de la fascination exercée sur la population quand se présente le compte à rebours d’une mort programmée. En termes d’audimat, la mort est l’un des ressorts les plus efficaces pour frapper les esprits.


Pourtant, cette pénible affaire présente au moins un avantage, celui de sensibiliser le public à des malades dont l’espérance de vie dans des conditions décentes peut se compter en années, et qui méritent les efforts de la collectivité, aussi bien pour la recherche que pour l’accompagnement médical et humain.
 
 
Vign_Vieil_homme

ETRE VIEUX 

Vieillir en beauté, c'est vieillir avec son coeur;
Sans remord, sans regret, sans regarder l'heure;
Aller de l'avant, arrêter d'avoir peur;
Car, à chaque âge, se rattache un bonheur.


Vieillir en beauté, c'est vieillir avec son corps;
Le garder sain en dedans, beau en dehors.
Ne jamais abdiquer devant un effort.
L'âge n'a rien à voir avec la mort.


Vieillir en beauté, c'est donner un coup de pouce
À ceux qui se sentent perdus dans la brousse,
Qui ne croient plus que la vie peut être douce
Et qu'il y a toujours quelqu'un à la rescousse.


Vieillir en beauté, c'est vieillir positivement.
Ne pas pleurer sur ses souvenirs d'antan.
Être fier d'avoir les cheveux blancs,
Car, pour être heureux, on a encore le temps.


Vieillir en beauté, c'est vieillir avec amour,
Savoir donner sans rien attendre en retour;
Car, où que l'on soit, à l'aube du jour,
Il y a quelqu'un à qui dire bonjour.


Vieillir en beauté, c'est vieillir avec espoir;
Être content de soi en se couchant le soir.
Et lorsque viendra le point de non-recevoir,
Se dire qu'au fond, ce n'est qu'un au revoir.


PARMI BEAUCOUP D’AUTRES, ENTENDRONS-NOUS LE MESSAGE DE KAREN ?


« Cela fait quatre ans que je peux bouger les bras mais plus les mains.
 
Et que j’ai besoin de quelqu’un pour me faire manger, pour faire ma toilette, m’habiller, me coucher.
 
C’est très dur à vivre au quotidien. Personne n’a envie qu’une autre personne lui fasse un jour sa toilette.
 
Mais si j’étais allée en Belgique il y a quatre ans, il y a des tas de choses incroyables que je n’aurais pas vécues. » (La Croix, 21 septembre 2017)
 

 
Vign_Pr_Devallois

BERNARD DEVALOIS :

«ANNE BERT, VÉRITÉ MÉDICALE ET FAUX-SEMBLANTS MÉDIATIQUES»

 Depuis quelques jours enfle la rumeur médiatique concernant la situation de Mme Bert et son témoignage concernant sa mort prochaine par euthanasie en Belgique. Il apparaît indispensable d’apporter un certain nombre de précisions pour éclairer le débat.

La maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique) peut prendre différentes formes dont certaines conduisent à une paralysie complète des membres, alors que d’autres formes vont surtout conduire à des difficultés à ingérer la nourriture. Cette maladie peut aussi conduire à l’impossibilité de respirer sans assistance.

 

Rien lors des différentes apparitions médiatiques de Mme Bert ne permet de penser qu’elle est actuellement dans une phase terminale de sa maladie.

Mais elle peut redouter dans un avenir plus ou moins proche être confronté à une telle situation. Les progrès de la médecine palliative et les évolutions législatives récentes (loi de 2016) permettent désormais d’autres perspectives que de subir un acharnement thérapeutique insupportable ou bien de mourir dans d’atroces souffrances. Laisser croire le contraire serait une bien mauvaise action vis-à-vis de tous les patients qui sont atteints de SLA.

 

Pour Mme Bert, comme pour tous les autres, le choix (évidement terrible) se pose entre accepter un maintien en vie par des techniques lourdes (assistance respiratoire et/ou nutritionnelle) permettant de prolonger la vie de plusieurs années, ou bien d’accepter la fin de sa propre vie, sans souffrances physiques, avec un apaisement psychique et un accompagnement incluant ses proches.

Bien entendu, il existe une alternative supplémentaire : décider de mettre fin de manière anticipée à sa propre vie. Cette liberté est offerte à chacun y compris à Mme Bert. Présenter la situation comme liberticide est à l’évidence un abus de langage.

 

En fait la cause que veut servir Mme Bert n’est pas celle de la liberté de mettre fin à ses propres jours mais bien un plus que discutable droit à recevoir une injection létale par un médecin. 

 

C’est cette question oxymorique du suicide mis en œuvre par un tiers dont il est question en réalité.

Quelques pays ont mis en œuvre ce qu’ils ont considéré comme des solutions acceptables à cette revendication.

·         La Suisse autorise de fait des associations à mettre en œuvre un suicide assisté par des bénévoles.

·          L’Oregon, suivi par d’autres États des États-Unis, a légalisé la Kill Pill, pilule fournie sous certaines conditions à des malades souhaitant pouvoir mettre fin à leurs jours au moment qu’ils choisiront.

·         Enfin les pays du Benelux ont mis en œuvre des dispositifs législatifs permettant de mettre fin aux jours de patients qui le réclament par le moyen d’une injection létale, pratiquée par un médecin.

Ils ont été suivis depuis dans cette voie par le Québec, puis par le Canada tout entier. Mais ce qui pose un grave problème, c’est que ce sont des médecins qui doivent réaliser le geste létal à la place de l’intéressé.

 

On ne fera pas ici, faute de place, un bilan (qui serait critique) des quinze ans de pratiques euthanasiques en Belgique par exemple, mais il est singulier à bien des égards que Mme Bert mette en avant son projet de partir en Belgique (et non en Suisse par exemple). Elle veut que ce soit un médecin qui mette fin à ses jours, alors que rien ne le justifie sur un plan médical puisqu’elle n’est pas en fin de vie ni ne semble présenter un tableau de souffrances réfractaires (c’est-à-dire contre lesquelles la médecine serait impuissante malgré la mise en œuvre des moyens nécessaires).

Pourtant, la Belgique a toujours affirmé ne pas vouloir favoriser un « tourisme euthanasique ». L’embarras des médecins belges face à cette demande est d’ailleurs notable, car ils craignent que cet exemple ne crée un afflux de demandes qu’il serait complexe pour eux de satisfaire en respectant la loi belge qui exige un lien durable entre le patient qui réclame l’injection létale et le médecin qui va la pratiquer.

 

En fait, la seule demande à laquelle ne répond pas le dispositif français est la mise en œuvre par un médecin de son éventuelle décision de se suicider sans y procéder elle-même.

 

Contrairement à de nombreux raccourcis médiatiques, elle n’est pas privée de liberté de choisir (personne ne l’empêche de mettre fin à ses jours).

 

·         Elle a la garantie de mourir dans la dignité au vrai sens du terme (pas dans l’euphémisme qui utilise ce concept pour désigner d’une manière un peu hypocrite la mort par une injection létale effectuée par un médecin).

·         Elle a également l’assurance qu’aucun acharnement thérapeutique ne sera mis en œuvre, qu’elle pourra à tout moment renoncer à un traitement de maintien artificiel en vie.

·         Elle a la garantie que si son pronostic vital est menacé à court terme et qu’elle présente des souffrances réfractaires aux traitements elle pourra obtenir d’être endormie profondément et de manière irréversible (sédation profonde et continue).

·          Elle a aussi l’assurance que durant le temps qui lui reste avant d’en arriver à cette situation terminale tout sera mis en œuvre pour prendre en compte ses symptômes physiques et psychiques.

·         Elle a enfin la garantie d’être accompagnée, ainsi que ses proches, dans les mois à venir dans les épreuves difficiles qui s’annoncent.

 

C’est l’honneur de notre société que de lui proposer son soutien solidaire et fraternel face à la vulnérabilité induite par une si terrible maladie.

 

Est-ce le cas d’une assistance pharmacologique au suicide ?

La mise en œuvre dans notre pays d’un tel dispositif législatif mériterait effectivement un vrai débat citoyen et non des amalgames simplistes. Un tel débat permettait peut-être, au-delà de l’apparent intérêt de cette approche libertarienne, de mesurer la complexité pour une société d’encourager le suicide de certains de ses citoyens tout en cherchant à prévenir celui d’autres citoyens…

BERNARD DEVALOIS 

*Médecin, directeur du Centre de recherche et d’enseignement interprofessionnel bientraitance et fin de vie. Auteur des « Mots de la fin de vie », Presses universitaires du Midi ; 2016.

 

 
Télécharger et imprimer
 
Vign_Cour_de_cassation

DR BONNEMAISON : LE CONSEIL D’ETAT CONFIRME SA RADIATION DE L’ORDRE DES MÉDECINS

Le 11 octobre 2017, le Conseil d’Etat a rejeté le pourvoi en cassation du Dr Nicolas Bonnemaison contre la décision de l’Ordre national des médecins de maintenir sa radiation prononcée en avril 2014, à la suite de son implication dans sept décès survenus à l’hôpital de Bayonne en 2010-2011.

Il s’agit ici de l’aboutissement de la procédure professionnelle lancée par l’Ordre des médecins, à bien distinguer de la procédure pénale lancée par la Justice et constituée des deux procès en assises (le premier à Pau, en juin 2014, au cours duquel le Dr Bonnemaison a été acquitté ; le second à Angers, en octobre 2015, avec une condamnation à deux ans de prison avec sursis).

La procédure professionnelle a démarré en janvier 2013, avec la radiation prononcée par l’Ordre des médecins au niveau régional. Le Dr Bonnemaison ayant fait appel, la Chambre disciplinaire de l’Ordre national des médecins a alors confirmé la décision de son instance régionale en avril 2014, avec effet à compter du 1er juillet 2014. Le médecin a alors contesté la décision nationale devant le Conseil d’Etat, qui joue dans ce cas le rôle de juridiction suprême, en cassation, pour les décisions des ordres professionnels. Les juges du Conseil d’Etat ont rejeté le pourvoi en décembre 2014.

A la suite de son second procès en assises à Angers fin 2015, arguant qu’il avait finalement été acquitté pour six des sept décès suspects, le Dr Bonnemaison a demandé la révision de sa radiation au niveau national. Cette demande a été rejetée en juin 2016, l’Ordre national estimant que « dans deux cas au moins, le Dr Bonnemaison a délibérément et de sa propre et seule initiative provoqué la mort de patients. »  Pour les médecins de l’Ordre, la sanction de la radiation « n’apparaît pas d’une sévérité excessive, quels que soient les motifs d’humanité qu’il invoque pour justifier ces actes ».

Le Dr Bonnemaison a formé un nouveau pourvoi en cassation contre cette dernière décision, et le Conseil d’Etat vient, pour la seconde fois, de confirmer qu’elle était justifiée.

Suivant les recommandations du rapporteur public rendues le 13 septembre dernier, les juges du Conseil d’Etat ont d’abord considéré que la chambre disciplinaire de l’Ordre national des médecins n’avait « commis aucune erreur de droit », parce qu’elle n’était pas liée par les motifs du jugement d’acquittement partiel de la cour d’assises d’Angers.

Ils ont ensuite vérifié que la sanction prononcée n’est pas hors de proportion avec les manquements reprochés. Pour eux, le médecin poursuivi a effectivement manqué à l’interdiction qui lui est faite par le code de la santé « de provoquer délibérément la mort » : la sanction de radiation n’est donc pas hors de proportion avec les fautes reprochées.

La possibilité d’une nouvelle procédure professionnelle n’est pas pour autant écartée. En effet, comme la Chambre disciplinaire de l’Ordre national des médecins l’a rappelé dans sa décision de juin 2016, le Dr Bonnemaison pourra demander à être « relevé de l’incapacité résultant de cette sanction », au terme des trois ans prévus par la loi, c’est-à-dire à partir du 1er juillet 2017.

Durant quelques mois en 2017, le Dr Bonnemaison a par ailleurs accompli un CDD à l’hôpital de Bayonne, dans le cadre d’un travail sans contact avec les patients : au sein de l’unité de recherche clinique, il a eu une mission sur les protocoles médicaux, notamment en oncologie.

 
Vign_ephap

EHPAD :

PREMIÈRES CONCLUSIONS DE LA MISSION PARLEMENTAIRE LE 13 SEPTEMBRE

La mission parlementaire sur les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), mise en place début août 2017, devrait remettre ses premières conclusions le 13 septembre 2017.

Cette mission, dont le rapporteur est la députée Monique Iborra (LREM), a été lancée à la suite de la grève de 117 jours des aides-soignantes de la maison de retraite les Opalines, à Foucherans, dans le Jura. Mi-juillet, Le Monde publiait une enquête sur la situation particulière de cet EHPAD. Les médias se sont également fait l’écho de situations dans d’autres régions, liées au manque de moyens.

Il s’agit de la première « mission flash » de la nouvelle législature, conduite par la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale . « Ce nouvel outil de contrôle a pour objectif, dans des délais très courts, de dresser un état des lieux de la situation des EHPAD et de formuler des propositions en vue de travaux plus approfondis de la commission au cours de la législature. »

Après une vingtaine d’auditions en un temps record, le rapporteur présentera ses premières conclusions à la Commission le 13 septembre à 10h qui pourra être suivie sur le site de l’Assemblée en direct, première étape avant d’entreprendre des travaux plus approfondis sur le terrain pendant six mois.

Il ne s’agit pas de nier tout le dévouement que des institutions et des soignants apportent à nos ainés comme le souligne le professeur Emmanuel Hirsch, dans une tribune publiée dans Figarovox le 4 septembre : 

« Les professionnels intervenant en EHPAD assument souvent de manière exemplaire des missions peu reconnues. Je suis témoin de leur engagement auprès de personnes souvent affectées dans leur capacité d’exprimer une volonté libre, que l’on «place» en institution lorsque le “maintien au domiciles’avère impossible. (…) Parmi ces militants soucieux de principes d’humanité qu’ils estiment inconditionnels, certains ont décidé de protester publiquement cet été. Soyons attentifs au sens de leur protestation.  Pensons ensemble comment favoriser un accueil digne et de qualité au sein de ces établissements. »

Une des questions soulevées concerne la réforme de la tarification en cours. Plus globalement, la prise en charge de la dépendance est une question majeure de notre société, qui doit nous impliquer tous, pas seulement les institutions, mais aussi les familles et la société tout entière.

 
Vign_veronique

VÉRONIQUE COMOLET :

« APPRENDRE À VIVRE LA FIN DE VIE »

Cette mère de famille qui accompagne des patients en soins palliatifs publie un livre de témoignages. 

Chaque vendredi depuis 2008, cette mère de quatre enfants délaisse son agence de design et les urbanités du monde pour accompagner des personnes aux extrémités de la vie, de l’humanité. Un an jour pour jour après la promulgation de la loi sur la fin de vie, le 2 février 2016, et alors qu’une campagne nationale sur la fin de vie a été lancée lundi par le ministère de la Santé,

 Elle publie Toute fin est une histoire (Éditions des Équateurs), nourri par son blog « Vivantsensemble.com ».

LE FIGARO. - Vous avez privilégié les témoignages pour parler de la fin de vie. Pour rompre avec les théoriciens de la question ?

Véronique COMOLET. - On entend toujours beaucoup de médecins, de philosophes et de politiques sur ce sujet. Des bien-portants. Moi, je voulais donner la parole aux personnes qui vivent dans leur être ces instants d’extrême humanité, qui sont dans cette fragilité qui parle de la nôtre. Bien plus que les conférences, séminaires ou ateliers, je me suis rendu compte à quel point, en partageant ces témoignages autour de moi, dans ma propre famille aussi, l’histoire et le récit changeaient le regard des autres sur la fin de vie. Beaucoup plus que les grandes théories. Je crois à la singularité de chacun, de la relation, et il n’y a que par le biais du témoignage que l’on peut restituer cela au plus juste.

"Avec ce livre, je voulais ouvrir la porte à ceux qui ne pénètrent pas dans ces chambres, livrer sans fard, sans approche idyllique ou dramatisation, tout ce qui se joue d’ambivalent dans ces instants, un précipité de rires, de larmes, de paroles ou de silences, d’une heure l’autre, pour tenter de changer le regard souvent biaisé qu’on porte sur eux."

De véritables « lieux de vie », dites-vous, et non pas de mort…

Oui, des ultimes lieux d’humanité, très concentrée, d’une grande diversité avec une richesse de vie frappante. Certainement pas des lieux de mort ou d’abandon. La haute technologie des soins, multiples, sur la douleur notamment, mais aussi les équipes jeunes et joyeuses en font des endroits de répit, qui ressourcent. La mort est dramatique, mais c’est un temps qui se vit pleinement, précisément parce qu’il y a urgence à vivre, parfois plus qu’à l’extérieur, comme je l’ai souvent observé. L’être humain est capable de vie jusqu’au bout, de désir, de joie, de créativité. Il est capable de négocier avec lui-même, même avec sa douleur. La fin de vie fait partie de la vie. C’est pourquoi le sujet ne devrait pas être le « mal mourir », comme il est souvent posé par la société, mais « apprendre à vivre la fin de vie ». Pour cela, il faut des lieux, des gens, mais surtout en avoir conscience soi-même : regarder en face plutôt que fuir et préférer le déni, accepter que la vie ait une fin. Aujourd’hui, on ne montre plus la maladie, la fragilité, la mort, mais ce n’est pas parce qu’on les cacherait ou les tairait qu’elles n’existent plus ! Or quand ce temps est préparé, accompagné, il est plus facile à vivre. C’est vrai pour la personne malade, c’est vrai pour sa famille. Notre accompagnement, c’est aussi de dire à ces familles qu’il est possible d’être là, malgré les peurs. Et parce qu’elles ont pu avoir ce temps-là pour se dire au revoir, souvent le deuil se fait mieux.

Le discours sur la dignité, omniprésent dans le débat actuel sur la fin de vie, fait l’objet chez vous d’une indignation, pourquoi ?

Pour qui va dans ces lieux, dans la réalité de ces instants, la question de la dignité ne se pose pas. Moi, à aucun moment de mes rencontres avec ces personnes malades, je me suis dit qu’ils n’étaient pas dignes. La dignité est une notion tellement intrinsèque à l’être humain ! Elle vient du regard qu’on pose sur ces personnes, ces vies, de la place que la société veut leur donner ou non. C’est aussi vrai pour les SDF ou les migrants. Je ne suis pas du tout une militante, pour ou contre l’euthanasie, seulement citoyenne. Quand j’entre dans une chambre, je suis aussi celle qui dit qu’aux yeux de la société cette personne a une place.

Si elle était généralisée et ses soins accessibles à tous, la culture palliative mettrait-elle en échec la demande d’euthanasie, comme le dit le credo des personnels en soins palliatifs ?

Des études, nombreuses, montrent que plus de 60 % des demandes d’euthanasie tombent sous 24 heures, après qu’un patient a été pris en charge en unité de soins palliatifs.

Derrière ces demandes, c’est souvent l’expression de la peur, de la douleur physique, du poids qu’on estime être pour sa famille.

D’ailleurs, les demandes émanent souvent beaucoup moins du malade que de sa famille.

Votre ouvrage est aussi sans fard sur la faillibilité du bénévole, sans angélisme et sans gloire d’une quelconque abnégation.

Ma démarche n’était pas du tout de montrer la parfaite bénévole. Au contraire, je montre que je me plante, je parle de mes doutes, mes incertitudes, mes maladresses ou mes malaises. Parce que dans toutes ces rencontres ultimes, tout le monde est nu et funambule.

Au risque de s’abîmer ou de se perdre ?

C’est tout le contraire. L’accompagnement en fin de vie est pour moi un lieu de ressourcement. J’en ressors aussi épuisée que nourrie de ce que j’ai reçu. Cela fait partie de mon quotidien, cela l’a changé.

Ces instants de vie, si précieux, nous apprennent sur nos propres existences, ils nous font aussi les goûter davantage et relativiser les petits drames du quotidien.

 
Analyse des principales évolutions du texte Fin de Vie qui sera soumis aux deux Chambres
 
Vign_hirsch

FIN DE VIE, UNE OBSTINATION POLITIQUE DÉRAISONNABLE

L’auteur, professeur d’éthique médicale, université Paris Sud, s’interroge sur les fondements qui permettent d’avancer qu’une vie est en soi digne ou indigne d’être vécue. 

Emmanuel Hirsch 

Les conditions d’adoption, en seconde lecture, de la proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 30 septembre 2015, apparaissent comme l’expression consternante d’une obstination déraisonnable.

Pauvres d’arguments recevables au regard d’amendements qui ne pouvaient qu’améliorer le texte en des points sensibles, les deux rapporteurs ont pourtant refusé la moindre concession. Aucune autre considération que l’urgence de conclure et de préserver « une cohérence » bien fragile n’explique la réfutation opiniâtre de tout argument justifié. Lorsque le législateur s’implique dans la sphère du privé et dans des domaines complexes qui relèvent de l’intime, tout en engageant des valeurs et des représentations sociales essentielles, la pertinence de ses arbitrages mérite mieux que la recherche d’un consensus forcené. Qu’en est-il de la concertation nationale lancée par François Hollande le 17 juillet 2012 dès lors qu’elle aboutit à une conclusion ainsi précipitée, pour ne pas dire bâclée ?

Nous satisfaire sans autres approfondissements des réponses sanctionnées avec tant d’approximations par la loi, c’est ignorer le vécu au quotidien de personnes malades ou affectées de handicaps profonds.

Elles veulent tout d’abord être reconnues dans le droit de « vivre avec » plutôt que dans celui de bénéficier d’une compassion sédative là où leurs aspirations en appellent tout autant à une sollicitude sociale qu’à un juste soin. Elles craignent aussi ce qu’un modèle du « bien mourir » pourra avoir de contestable sur leurs aspirations à bénéficier, en toute justice, de capacités d’existence adaptées à leurs dépendances, voire ses conséquences sur certaines prises de décisions médicales hâtivement instruites. Il convient de se demander quelles pratiques soignantes et quelles solidarités incarneront demain l’exemplarité et la norme. Qu’en sera-t-il, dans ce contexte, de l’équité dans l’accès aux soins des personnes les plus vulnérables parmi nous, ces sans voix et sans droits, isolées et épuisées dans la maladie, livrées à l’arbitraire de processus décisionnels complexes, soumis à des principes si distants de ce qu’est leur quotidien ?

Parce que s’est imposée l’idée selon laquelle « on meurt mal en France », la compassion publique s’exprime désormais dans l’unanimisme empressé d’un besoin d’évolution législative favorable à la reconnaissance d’autres droits de la personne en fin de vie.

Ceux, par exemple, qui lui permettront d’assumer la décision de mettre un terme à ses souffrances en abordant la mort de manière anticipée, sous sédation, en quelque « sous contrôle » et en s’endormant.

  • Au-delà d’une formule, selon quels critères évalue-t-on que « l’on meurt mal en France » ?
  • Est-il un « bien mourir » qui nous serait refusé et auquel de nouveaux droits permettraient effectivement de parvenir ?
  • Renonçant à nous confronter de manière plus responsable aux véritables dilemmes qu’il convient d’assumer face aux vulnérabilités cumulées du parcours de soin jusqu’au terme de la vie, sommes-nous prêts à accepter les normes et les règles d’un mourir organisé dans la minutie organisationnelle d’un acte de soin nous apaisant dans la mort donnée ?
  • Y gagnera-t-on cette dignité et cette « ultime liberté » invoquées comme un bien supérieur par les partisans du suicide médicalement assisté ou de l’euthanasie ?

Il ne s’agit tant pas de « bien mourir en France » que de mourir en société, estimé, accompagné, citoyen reconnu dans l’exercice de droits politiques d’une autre ampleur et porteurs d’autres enjeux que celui, par exemple, de bénéficier d’une sédation profonde et continue ou d’être reconnu dans le formalisme de la rédaction de directives anticipées opposables. À quelle obstination déraisonnable tient la réduction de la phase ultime de notre débat sur la fin de vie à l’administration d’une mort médicalisée, là où certainement ce qui importe le plus serait de penser ensemble, en société, de quelle manière nous mobiliser pour rendre possible une fin de vie socialisée ?

S:il est une responsabilité à assumer auprès de celui qui souffre au terme de sa vie, il me paraît pour le moins discutable que le législateur se satisfasse de la réponse qu’apporterait son anéantissement médicalisé.

  • Peut-on affirmer que c’est ainsi que nous parviendrons à trouver de la sérénité face à la souffrance et à la fin de vie, ce que nous ne savons plus concevoir et évoquer ensemble qu’en des termes médicaux et juridiques ?
  • S’agit-il, comme cela est proclamé, d’une « avancée » ou alors d’une inhumaine déroute ?

Penser le droit politique de vivre dans la dignité, y compris dans des circonstances de précarité existentielle sans rapport direct avec la maladie, s’avère dans le contexte présent plus urgent que de déterminer les conditions d’exercice du « droit de mourir dans la dignité ».

C’est méconnaître ce qu’exister signifie que de se résoudre à ériger comme une norme la conception idéalisée d’une vie qui serait en soi digne ou indigne d’être vécue. 

 
Plus de 12 000 contributions à la consultation citoyenne
 
Contactez-nous : famillesderetz@gmail.com