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Rencontre avec un élu !
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AFC et les politiquesLes deux principaux enjeux politiques de l’année 2018 sont la refonte de la politique familiale et la révision des lois de bioéthique. Et si les 300 AFC locales et les 90 Fédérations départementales sont des acteurs majeurs pour faire entendre la voix des familles, c’est entre autres par le contact privilégié qu’elles établissent sans relâche auprès de leurs élus, quel que soit leur bord politique.

Les AFC écoutées au Parlement
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Les représentants de la Confédération Nationale des AFC ont rencontré en ce début d’année des parlementaires investis de fonctions nationales dans leurs assemblées, au sujet des deux enjeux majeurs identifiés en 2018 : la refonte de la politique familiale et la révision des lois de bioéthique

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Reçues au Secrétarait d'Etat
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Jean Marie Andrès, président national, Pascale Morinière, vice-présidente nationale et Pierric Mallié-Arcelin, délégué général de la CNAFC ont été reçus mardi 7 novembre dernier par madame Catherine Petit, directrice de cabinet de Marlène Schiappa.

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Auditionnées au Sénat
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Jean Marie Andrès, président national, et Pierric Mallié-Arcelin, délégué général de la CNAFC ont été auditionnés le 26 octobre dernier par la sénatrice Élisabeth Doineau, vice-présidente de la commission des affaires sociales du Sénat, sur le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2018.

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AVEC "LE CRÉPUSCULE DES IDOLES PROGRESSISTES",

Bérénice Levet explique comment sa propre génération - celle des années 70 - a été le laboratoire d’une idéologie de la désidentification et d’une renonciation à la transmission du monde sous prétexte de liberté.

Un plaidoyer pour la réhabilitation de la nécessité de frontières, d’histoire, de passé et d’identité que l’idéologie progres­siste a stigmatisée.

Le titre même de votre ouvrage est un clin d’œil au Crépuscule des dieux de Wagner, et, plus particulièrement, au Crépuscule des idoles de Nietzsche. Avez-vous, comme lui, l’intention de « philosopher avec un marteau » ? 

Lire l'article

...Les catholiques doivent en outre comprendre que toute autorisation de manifester son appartenance religieuse dans l’espace public se retournera contre eux - le catholicisme ne sera plus qu’une composante parmi d’autres d’une entité qu’on continuera d’appeler la France, mais dont l’histoire aura été réécrite, dont on aura extirpé les racines chrétiennes, ainsi que s’y emploient déjà des historiens adoubés par les médias, ainsi du médiéviste Patrick Boucheron, maître d’œuvre d’une Histoire mondiale de la France, où Jeanne d’Arc par exemple, n’est plus qu’une « invention de la IIIe République » et ne bénéficie d’aucune entrée à son nom. Bref, un détail de notre histoire !

 
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Voici, rassemblées en un volume et mises en perspective par une longue introduction inédite, toutes les chroniques du bloc-notes hebdomadaire de Rioufol dans Le Figaro, de 2016 à 2017.

Tenant d’une droite politique assumée, il analyse jour après jour les faits et méfaits politiques, de la fin du quinquennat Hollande jusqu’aux premières mesures votées par la nouvelle assemblée de juin 2017 et mises en œuvre à l’automne.

Ses billets acérés sont ceux d’un commentateur engagé, un journaliste qui ne voit pas dans la victoire de Monsieur Macron un « sursaut démocratique » salutaire pour le pays mais plutôt une « mascarade » où l’on tente de faire oublier que le peuple s’est détourné des urnes, faisant sécession d’une élite qui le trahit.

 
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On ne compte déjà plus les révélations sur les coulisses de l'avènement d'Emmanuel Macron.

Certains voient dans son élection une preuve de la toute-puissance des médias, d'autres, un putsch démocratique orchestré par les forces de l'argent.

Dans tous les cas, il faudrait s'enquérir de ce que l'on nous cache.

Notre réflexion est aux antipodes de la démarche de ces enquêteurs du spectacle. En effet, une des raisons pour lesquelles nous peinons à exercer notre esprit critique, aujourd'hui plus qu'hier, tient à ce que nous refusons de voir ce qui est sous nos yeux. Dans un univers de simulation, les simulacres se précèdent eux-mêmes. Ils ne représentent plus rien, mais font force de loi. Notre attention se perd dans un labyrinthe de signes.

Ce qu'ils montrent est à ce point irréel que nous cherchons en vain derrière eux une réalité plus consistante. Mais derrière, il n'y a rien. Tout est là, étalé au grand jour. Cette transparence rend les nouvelles stratégies de pouvoir d'autant plus inquiétantes. Macron se fond dans le discours qui s'adresse à lui, prend la forme du réceptacle. Il n'est pas brillant, il est plastique. Il apprend de ses erreurs, se corrige, affine en "se confrontant au réel".

Comme un logiciel, il intègre, classe et change de niveau. A côté des anciennes formes symboliques de représentation politique, cette stratégie du vide nous fait entrer dans un univers de simulation binaire, algorithmique, dont Emmanuel Macron est, en France, le premier 0.

C'est à ce titre, et à ce titre seulement, qu'il mérite d'être pensé.

 
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Le livre de Vaclav Klaus et Jiri Weigl, Migration des peuples. Bref manuel pour comprendre la crise migratoire actuelle (Éditions L’Harmattan, janvier 2017, 104 pages), dont Polémia se devait de rendre compte à ses lecteurs, est un livre exceptionnel du fait de son contenu et de la personnalité de ses auteurs.

« C’est un livre sur l’absurdité de la politique et de l’idéologie européennes actuelles qui sont à l’origine de la crise migratoire. »

 
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Nous retranscrivons ici quelques réponses de l’abbé Grosjean au magazine Famille Chrétienne en novembre 2016

 LES POINTS  NON NÉGOCIABLES

Pour un chrétien, quels sont les critères pour voter en conscience ? Peut-on hiérarchiser ces critères ?

Comment ?

Avant chaque élection, nos évêques nous proposent des critères de discernement, à savoir quelques points essentiels à partir desquels nous avons à réfléchir. Parmi ces points, reviennent ceux que Benoît XVI avait décrits comme non-négociables :

« En ce qui concerne l’Église catholique, l’objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd’hui de manière claire : la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ; la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille ; la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants. »

Le Pape précise que les points d’attention non négociables ne se réduisent pas à ces trois sujets. Mais ceux-ci sont comme à la racine du reste. Nous leur devons une attention particulière dans notre discernement. Mais si aucun candidat ne respecte ces critères… Il est fort probable qu’aucun candidat à la Présidentielle de 2017 ne corresponde parfaitement aux critères donnés par nos évêques, et en particulier à ces trois points mis en valeur par le Magistère.

Mais il y a une différence à faire, il me semble, entre le candidat qui s’accommode (hélas !) du mal déjà là, et celui qui promet de nouvelles transgressions.

Si un mieux n’est pas annoncé, on peut vouloir éviter un pire. On peut aussi réfléchir à la façon dont tel candidat pourrait permettre malgré tout que se fasse un mieux dans l’un ou l’autre de ces domaines, à défaut de partager toutes nos convictions. Un mieux possible, même réduit et donc insatisfaisant, est toujours un mieux. Mais est-il possible pour un catholique de voter pour un candidat qui, sur un de ces points essentiels, est en contradiction avec l’enseignement de l’Église ?

Voilà ce que répondait le Cardinal Ratzinger aux évêques américains en 2004. Il était alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

« Un catholique serait coupable de coopération formelle au mal – et donc indigne de se présenter à la sainte communion – s’il votait délibérément pour un candidat en raison même des positions permissives de celui-ci sur l’avortement et/ou l’euthanasie.

Quand un catholique ne partage pas la position d’un candidat en faveur de l’avortement et/ou de l’euthanasie mais vote pour lui pour d’autres raisons, cette coopération, considérée comme matériellement indirecte, peut être permise pour des raisons proportionnées ».

J’en retire deux enseignements :

  • premièrement, notre vote est un acte moral, à discerner, car nous aurons à en rendre compte. On ne vote pas avec légèreté ni emportement.
  • Deuxièmement, il revient donc à chacun de discerner « les raisons proportionnées » qui peuvent nous faire voter pour tel candidat imparfait sur ces questions essentielles, tout en gardant la liberté de critiquer les parties du programme déficientes.
 
Vign_Ethique
 
Vign_Travail
 
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Ces aspects de la vie de Simone Veil que notre époque préfère oubliés !

Dans ses Mémoires, Jean-François Revel confiait être frappé par la présentation désormais très simplifiée, voire fausse, d’événements historiques qu’il avait lui-même vécus dans sa jeunesse. Plus les décennies séparant des faits s’accumulaient, moins l’évocation du passé lui paraissait précise, fidèle et nuancée.

On éprouve un sentiment analogue devant le portrait souvent esquissé de Simone Veil, transférée au Panthéon le 1er juillet ainsi que son mari. Pour éviter les propos convenus, rien ne vaut la lecture des Mémoires de cette forte personnalité, Une vie (Stock, 

En combien d’autres passages de ses Mémoires Simone Veil fait comprendre aux jeunes lecteurs qu’ils la connaissent mal ! Plaquer sur le passé les idées, les mots et la sensibilité du présent - autrement dit, l’anachronisme - est décidément le fléau de l’Histoire.

Au sujet de la guerre et de la déportation d’abord. Simone Veil s’est opposée de toutes ses forces, en 1971, au financement public et à la diffusion à la télévision nationale du documentaire Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls, alors qu’elle siégeait au conseil d’administration de l’ORTF.

 

 « Les années 1970 avaient inversé la tendance des années 1950 », écrit-elle. À la célébration d’une France unie dans la résistance à l’occupant avait succédé une autre « pensée dominante, tout aussi simplificatrice. Désormais, les jeunes se montraient ravis qu’on leur dise que leurs parents s’étaient tous comportés comme des salauds, que la France avait agi de façon abominable, que pendant quatre ans la dénonciation avait été omniprésente et qu’à l’exception des communistes, pas un seul citoyen n’avait accompli le moindre acte de résistance.

 

Le Chagrin et la Pitié tombait à pic dans ce concert d’autoflagellation, et c’est à ce titre que je trouvais ce film injuste et partisan. En outre, il ne nous épargnait aucun raccourci mensonger. » La présentation du comportement des habitants de Clermont-Ferrand par le réalisateur trahit ses « manœuvres grossières », juge Simone Veil.

Elle ajoute qu’elle aurait eu « honte » de voir ce film diffusé alors à la télévision nationale, par égard pour les Villeroy, cette famille qui l’avait cachée à Nice au péril de leur vie à partir de l’automne 1943.

 

S’agissant de la loi sur l’IVG, Simone Veil la présente en des termes qui diffèrent de la présentation prévalant aujourd’hui.

« La contraception consacre la liberté des femmes et la maîtrise qu’elles ont de leur corps, dont elle dépossède ainsi les hommes. Elle remet donc en cause des mentalités ancestrales. L’avortement, en revanche, ne soustrait pas les femmes à l’autorité des hommes, mais les meurtrit », écrit-elle.

 

Dans ses Mémoires figure en annexe son discours du 26 novembre 1974 à l’Assemblée.  Or, à la tribune, Simone Veil explique qu’elle ne se propose pas de consacrer un droit à l’avortement, mais d’autoriser l’IVG en cas de « situation de détresse ». Elle assigne au projet de loi, parmi ses objectifs, celui de « dissuader la femme » de recourir à l’IVG (tout en lui reconnaissant la possibilité de le décider, répétons-le) en apportant à celle-ci un soutien financier et moral.

 

Si la femme choisit de recourir à une IVG, ajoute Simone Veil, cette décision « ne devrait pas, chacun le ressent, être prise par la femme seule, mais aussi par son mari ou son compagnon ».

 

 Si le projet de loi autorise l’information sur l’IVG, « il interdit l’incitation à l’avortement par quelque moyen que ce soit car cette incitation reste inadmissible ». Simone Veil entend ne pas faire rembourser l’IVG par la Sécurité sociale (sauf dans deux cas : si l’IVG est motivée par le souci de protéger la santé de la femme ou si celle-ci n’a pas les moyens de payer).

 

Elle justifie sa décision par la volonté de souligner la différence entre la contraception (remboursée par la Sécurité sociale à compter de ce même automne 1974 à son initiative) et l’avortement « que la société tolère mais qu’elle ne saurait ni prendre en charge ni encourager ».

Il est fréquent de lire aujourd’hui que le discours de Simone Veil à l’époque ne traduisait pas sa pensée et était une concession tactique à la droite conservatrice.

 

Sans prétendre en rien être catégorique sur ce sujet délicat, nous pouvons affirmer que rien, dans les Mémoires de Simone Veil, n’accrédite cette thèse. Dans son ouvrage, celle-ci présente sa position publique en 1974 comme l’expression fidèle de sa pensée à l’époque aussi bien, semble-t-il, qu’au moment où elle écrit ses Mémoires.

 

En combien d’autres passages de ses Mémoires Simone Veil fait comprendre aux jeunes lecteurs qu’ils la connaissent mal ! Plaquer sur le passé les idées, les mots et la sensibilité du présent - autrement dit, l’anachronisme - est décidément le fléau de l’Histoire.

 

 

 
Vign_Figarovox

 

RIOUFOL ET BERNAT, LES MACRONOSCEPTIQUES

 

 

Par Eugénie Bastié

 

La verve doucereuse du « président philosophe » n'enthousiasme ni Ivan Rioufol, ni Harold Bernat, imperméables aux sirènes des temps nouveaux.

 

« Personnage de roman », «président philosophe», «homme providentiel», «nouveau Louis-Philippe»: les essais se succèdent pour tenter de saisir l'événement inouï et inattendu qui s'est produit en mai dernier. Parmi ce flot de publications, deux livres se distinguent par leur virulence à l'égard du nouveau président de la République.

 

Le premier, Macron. La grande mascarade (L'Artilleur), regroupe les chroniques d'une plume que les lecteurs du Figaro connaissent bien: celle d'Ivan Rioufol, qui n'hésite pas chaque semaine à porter un regard mordant et acéré sur l'actualité, sans se soucier des injonctions au politiquement correct.

 

Dans ce bloc-notes allant de janvier 2016 à octobre 2017, le chroniqueur affranchi évoque des sujets aussi variés que la polémique Black M, Nuit debout, l'insécurité culturelle, l'élection de Trump, l'affaire François Fillon, le réveil catholique, ou encore les attentats islamistes. Et analyse le phénomène Macron sans concession.

 

Rioufol n'est pas de ceux qui se sont laissés endormir par les discours doucereux du président jupitérien. On ne l'aura pas !

Il le confesse : «Je ne suis pas macronien.

Je me sens pleinement solidaire des ploucs et des boulets, c'est-à-dire de ceux qui ne sont rien.»

Les noms d'oiseaux fusent: «Bonaparte à la jactance humanitaire», et les comparaisons se succèdent: «Barack Obama blanc, Justin Trudeau intellectuel».

 

Ce qu'il reproche le plus à Emmanuel Macron?

D'être un gestionnaire hors-sol déconnecté des aspirations sourdes du pays tiraillé par la question de l'identité. Il fustige « l'univers comptable, aseptisé et sans affect du macronisme » et prophétise l'échec d'un président trop pusillanime pour les urgences du temps. «L'échec du quinquennat est inscrit, et la raison en est simple: l'idée neuve, qui reste à défendre, est dans la consolidation du pays millénaire, et non dans la poursuite de sa dilution liquide.»

 

Tous complices

 

Comme lui, Harold Bernat, auteur du Néant et le Politique (L'Echappée), reste sidéré par l'événement qui marque, selon lui, non pas la réconciliation des contraires, mais une rupture radicale et inédite. Pour ce jeune agrégé de philosophie, l'avènement de Macron acterait tout simplement la fin du politique. Citant Max Weber qui définissait l'essence du politique comme le polythéisme des valeurs et la guerre des dieux, soit une arène où s'affrontent des visions du monde antagonistes, il fait d'Emmanuel Macron celui qui nie la possibilité même du clivage.

 

Remplaçant l'«agon» par une «bouillie idéologique syncrétique et managériale», il agit en «fossoyeur de la conscience historique» en ne proposant rien d'autre que l'adaptation au monde tel qu'il est.

 
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LES DEFIS DE WAUQUIEZ 

Par Luc Ferry  

CHRONIQUE - Pour proposer une alternative plausible à Emmanuel Macron, le nouveau président des Républicains doit élaborer une vision du monde et renouer avec des idées fortes.

 

La droite n'a pas disparu, elle est à l'Élysée.

Centriste, politiquement correcte et pleine de bons sentiments, certes, mais néanmoins clairement penchée du côté droit. D'évidence, Macron a compris que son seul adversaire crédible s'appelait désormais Laurent Wauquiez. En quoi il a entrepris de lui ôter un à un tous ses atouts potentiels. Non seulement il fait les réformes libérales que ni Chirac ni Sarkozy n'ont osé mettre en œuvre (Code du travail, flat tax de 30 % sur les revenus du capital, réforme de la formation professionnelle, etc.), mais même sur l'immigration, le président ne veut désormais laisser aucun espace aux LR.

 

Quant à sa posture «monarchique», elle contraste si agréablement avecle scooter de Hollande, que nul ne peut sérieusement lui en vouloir. Même Mélenchon, avec son look «vieux bolchevique», lui rend service chaque fois qu'il ouvre la bouche, et comme l'Insee annonce le retour de la croissance pour 2018, Macron semble bien parti pour les dix ans qui viennent.

 

Après la disparition des anciens et l'éclipse actuelle du FN comme du PS, Wauquiez est donc pour l'instant le seul qui puisse proposer une alternative plausible, ce qui devrait lui permettre de réunifier son camp sans grande difficulté, les quelques défections auxquelles on assiste aujourd'hui étant aussi médiatiques qu'insignifiantes.

 

Il est aussi le seul, du moins à ce niveau, à avoir compris que ce n'est pas en s'acoquinant avec un centre mou désormais rallié à Macron, que la droite aurait la moindre chance de se reconstruire pour offrir un jour au pays une alternance autre que celle, calamiteuse, des extrêmes.

 

Il lui faut donc proposer une vision du monde, renouer avec des idées fortes et sortir les LR du choix mortel entre une droite libérale-centriste-européiste incarnée naguère par l'axe Juppé-Bayrou mais aujourd'hui récupérée par Macron, et une droite identitaire, antieuropéenne et proche de Sens commun.

 

Pas de malentendu, ces deux courants sont respectables, mais si peu enthousiasmants et déjà si usés qu'ils donnent le sentiment de faire du neuf dans des outres qui fleurent encore le vinaigre.

 

Ils n'ont pas été balayés aux dernières élections, mais d'autres partis que les LR les ont récupérés et l'on voit mal comment on pourrait les ressusciter en l'absence des anciens leaders qui en portaient les couleurs.


Si la droite veut revivre après trois quinquennats marqués par l'inaction et la couardise, elle doit à mon sens s'approprier trois grands axes de travail dans les mois qui viennent.

 

Premier axe : le rôle de l'Etat, lieu où la nation entière prend conscience d'elle-même

D'abord, touchant le rôle de l'État, dont la principale mission n'est pas de mettre en scène un monarque jupitérien. L'État, c'est d'abord et avant tout un lieu où la nation tout entière, et pas seulement ses élites, prend conscience d'elle-même. C'est la tête du pays, l'endroit où il se réfléchit pour trouver l'intérêt général, en quoi il ne saurait négliger cette France périphérique à laquelle l'écriture inclusive et le grotesque «plan de sécurisation sexuelle» parlent fort peu, une France de l'insécurité culturelle dont les emplois sont menacés par les innovations foudroyantes de cette troisième révolution industrielle dont aucun politique n'a encore pris la mesure.

 

Le libéralisme aujourd'hui incarné par Macron est certes nécessaire, mais il tend naturellement à l'élitisme.

 

Il est par essence plus proche des chefs d'entreprise que de leurs salariés, pas seulement par mépris, mais parce qu'il est convaincu qu'en aidant les premiers, il rend automatiquement service aux seconds, de sorte qu'il n'éprouve pas vraiment le besoin de parler à la «masse salariale» de «ceux qui ne sont rien».

 

Deuxième axe: il faut défendre partout cette culture française

dont Macron a naïvement cru qu'elle avait disparu sous le métissage, ce qui suppose au passage que l'on réfléchisse enfin sérieusement à la place de l'islam dans la République, une religion dont ceux qui affirment qu'elle tend à s'imposer dans les théocraties de manière impérieuse aux autres confessions ne sont, contrairement à ce que déclarait Macron à Abu Dhabi, ni des menteurs, ni des traîtres. Ils disent seulement la vérité.

 

Le troisième axe touche l'Europe.

Elle est vitale pour nous, mais se lancer aujourd'hui dans un fédéralisme échevelée st absurde. L'idée d'une Europe des projets, organisée autour de trois cercles, est infiniment plus juste.

 

Il y a bien d'autres sujets à aborder, notamment sur le plan international, mais rien qu'avec ces trois chantiers, largement délaissés par le pouvoir actuel, la droite aurait déjà de quoi s'occuper un bon moment.


 
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FRANÇOIS-XAVIER BELLAMY : 

«CHRISTOPHE CASTANER ET LREM, LE NOUVEAU MONDE POLITICIEN»


FIGAROVOX/ANALYSE - François-Xavier Bellamy* revient sur l'élection de Christophe Castaner en tant que délégué général du parti En marche. Le philosophe dénonce les méthodes d'Emmanuel Macron et la tromperie de ses électeurs.

*Ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de philosophie, François-Xavier Bellamy enseigne en classe préparatoire. Il est également l'auteur de Les Déshérités, ou l'urgence de transmettre (éd. Plon, 2014). 

 

18 juin, deuxième tour des législatives: En Marche remporte la majorité à l'Assemblée nationale. Sur une promesse majeure: celle de renouveler la politique. Combien de fois ai-je entendu en faisant campagne: «il faut en finir avec les partis centralisés, dirigés depuis Paris, construits comme des écuries au service d'une seule personne…» Avec le mouvement En Marche, on allait enfin repartir du terrain, faire travailler ensemble les Français, donner toute sa place à la société civile, consulter et co-construire.

Bien des Français ont cru à cette promesse, et ont soutenu un président qui disait incarner un «nouveau monde» fait de participation démocratique, de contribution citoyenne, de transparence et d'ouverture. Et leur candidat l'assurait: «La nouvelle politique, ça n'est pas venir dans une salle voter une motion déjà décidée.»

18 novembre, cinq mois plus tard.

Au congrès du parti En Marche, des adhérents élisent le délégué général que le Président leur a désigné comme seul candidat: Christophe Castaner, formé par vingt ans de manœuvres dans l'appareil socialiste, et qui raconte avoir rejoint Emmanuel Macron «avec des étoiles dans les yeux».

Pour ma génération, LREM est désormais l'occasion d'une expérience unique: être projeté à la grande époque du Parti Communiste de l'Union Soviétique...

Le nouveau délégué général du parti présidentiel dit «assumer la dimension amoureuse» de sa relation avec le «chef», et être «fasciné par son intelligence et même sa puissance physique.» Il dirige donc désormais En Marche - le premier parti dont le nom ait été formé par les initiales de son fondateur. Le congrès a été rondement mené. Un débat a été improvisé deux jours plus tôt, parce qu'un congrès sans débat aurait été bizarre quand même ; mais tous les débatteurs ont pris soin d'affirmer leur soutien au futur délégué général. Pour mieux s'assurer encore de l'unanimité du scrutin, le vote s'est fait… à main levée. Et avec des votants triés sur le volet: 75% d'entre eux ont été désignés par la direction du parti elle-même ; les 25% restant ont été «tirés au sort» dans une opacité absolue. Les 300 000 «marcheurs» qui ont cru au renouveau démocratique n'ont donc, eux, plus voix au chapitre…

Il ne leur reste qu'à contempler le spectacle auquel aboutit leur bel engagement: des ministres et des députés faisant des selfies en agitant des cartons verts pour faire semblant de choisir celui que «le boss» a voulu. Le Nouveau Monde, c'est beau comme l'ancien.

Comment peut-on trahir à ce point…

Une telle imposture porte de graves conséquences, non seulement pour En Marche, mais pour la France.

Si le nouveau pouvoir n'écoute même pas ses militants de la première heure, comment les nombreux citoyens déjà éloignés de la politique pourraient-ils retrouver l'espoir qu'il veuille bien un jour les entendre? 

Et ultimement, une action conduite dans ces conditions prend le risque de produire des résultats catastrophiques: quels que soient le talent et l'intelligence de celui qui la dirige, une organisation aussi verrouillée, en se protégeant étroitement de toute remise en question, ne peut que produire dans cette surdité volontaire des politiques déconnectées du terrain, aux antipodes de la promesse qu'avait incarné la proposition d'Emmanuel Macron.


Les marcheurs ont espéré participer à un nouveau moment démocratique, ils se retrouvent avec le plus centralisateur, le plus autocratique, le plus solitaire des présidents de la République.

 

Je n'ai pas cru à cette promesse ; et pourtant, samedi, le spectacle de ce nouveau monde s'humiliant en agitant des cartons verts a fait naître en moi une profonde colère. 

·         Colère devant l'ampleur inouïe de l'escroquerie électorale dont la France a été victime. 

·         Colère pour tous les marcheurs qui ont sincèrement espéré un renouveau politique dont en effet nous avons tous tellement besoin.

·         Et je voudrais dire ici ma profonde admiration pour tous ceux qui, connus ou anonymes, après avoir tant donné à ce mouvement, ont assez d'exigence intellectuelle pour être lucides, et assez de courage pour parler librement de leur inquiétude et de leur déception.

Comment ne pas les comprendre… 

Ils ont espéré participer à un nouveau moment démocratique, et ils se retrouvent aujourd'hui avec le plus centralisateur, le plus autocratique, le plus solitaire et le plus médiatique des présidents de la République. 

·         Qui désigne ses opposants par des mots d'une violence qu'on n'aurait pardonnés à aucun de ses prédécesseurs. 

·         Qui voudrait qu'aucun parti ne puisse incarner une alternative respectable, qu'aucune collectivité ne puisse apporter un équilibre à son pouvoir solitaire. 

·         Qui choisit les journalistes capables de comprendre sa «pensée complexe.» 

·         Qui empêche le parlement de contrôler le gouvernement en imposant le silence à l'administration, par la sanction brutale d'un chef d'Etat major qui osait dire la vérité aux élus de la nation. 

·         Qui dès le lendemain des législatives écrasait tranquillement la séparation des pouvoirs en faisant, déjà, élire à main levée à la tête du groupe majoritaire de l'Assemblée un candidat unique exfiltré par le pouvoir pour problèmes avec la justice…      

 

Il y a cinq mois, je perdais les élections législatives ; malgré le travail de terrain, et la confiance de ma ville, je payais comme beaucoup d'autres pour les déceptions accumulées pendant des décennies par les partis politiques. Pour ma part je n'étais pas issu de ces partis politiques, et je comprends d'autant mieux cette soif de renouveau que je l'ai toujours moi-même profondément ressentie. 

Avec cinq mois de recul, je puis le dire aujourd'hui: l'échec n'est pas difficile, il fait partie de la vie. Cela m'a permis de garder le métier d'enseignant que j'aime tant, de poursuivre le travail de terrain entrepris au sein de l'équipe municipale, et de développer de beaux projets… Non, la défaite n'est pas aussi difficile que je l'imaginais. Ce qui est difficile et douloureux, c'est vrai, c'est d'avoir été impuissant face à la victoire d'un tel mensonge, d'une telle incroyable escroquerie. Mais cette amertume ne vaut que si nous y trouvons une obligation: celle de reprendre le travail ensemble, sérieusement et sincèrement, pour apporter de vraies réponses à ce profond besoin de renouveau.

 

Il faut reprendre le travail ensemble, sérieusement et sincèrement, pour apporter de vraies réponses à ce profond besoin de renouveau.

 

L'avenir de notre démocratie suppose des alternatives. Il y a cinq mois, pour moi et toute l'équipe qui portait cette belle campagne, une seule exigence comptait, celle de la transparence, pour permettre aux électeurs de faire un vrai choix, en conscience. Face à nous, l'ambiguïté m'inquiétait déjà ; et j'avais prévenu, dès juin: «nous ne savons pas ce que les candidats d'En Marche feront des voix qui lui seront confiées.» Nous le savons désormais: le nouveau pouvoir a confisqué ces voix à son seul profit. Comme le disait sans gêne un parlementaire local, les élus d'En Marche doivent «représenter le gouvernement auprès des électeurs.» Incroyable renversement des rôles, pour ceux qui, même dans la majorité, devraient se reconnaître pour seule mission de représenter leurs électeurs auprès du gouvernement…

 

J'espère que ces élus qui ont noyé définitivement le 18 juin dans le 18 novembre éprouvent un peu de honte aujourd'hui, devant l'écart abyssal entre l'élan qui les a portés au pouvoir et ce qu'ils ont fait de l'espoir qui leur avait été confié.

 

Pour ma part, une seule chose compte maintenant: la promesse de renouveau qu'En Marche avait prétendu incarner, il faudra demain, contre leurs renoncements, la tenir.

 

François-Xavier Bellamy


 
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JEAN-PIERRE ROBIN :

«MACRON ET LA PASSION DE L'IMPÔT»

Le président de la République veut instaurer le «tout-impôt» au nom de la «solidarité nationale», mais il arrête sont raisonnement à mi-chemin.

Six mois après son élection triomphale, Emmanuel Macron est salué pour l'importance des réformes engagées. Il bénéficie d'une conjoncture économique faste, avec une croissance proche de 2 %. En revanche, sa cote de popularité reste médiocre, bien inférieure à celle de Nicolas Sarkozy à pareille époque. Même François Hollande faisait mieux. Le 8e président de la Ve République paraît à la fois audacieux dans son action, chanceux à en juger par ses résultats, tout en étant mal aimé. Au moins notre jeune monarque républicain ne prétend-il pas rivaliser avec Louis XV, qualifié de«Bien Aimé» par ses sujets!

Qu'est-ce qui cloche? Le manque d'adhésion pose un réel problème quand on souhaite convier ses compatriotes à «une grande transformation», selon ses propres termes. «Je ne suis pas arrogant, je suis déterminé», a-t-il répondu à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, s'efforçant de déminer un procès déjà bien instruit. Laissons les traits de caractère personnel plus ou moins avérés. Reste une démarche pas toujours très lisible, en dehors des sentiers battus, «ni droite ni gauche». Mais sous prétexte de refuser les idéologies d'antan, saurait-on se passer de principes clairs?

L'exemple le plus patent à cet égard est la façon dont il conçoit la réforme de l'assurance-chômage, en discussion avec les partenaires sociaux. L'architecture du projet est simple dans ses objectifs, et ses modalités financières assez bien définies, tout en étant fort contestables.

Alors que l'assurance-chômage concerne aujourd'hui les seuls salariés du privé, il s'agit de l'étendre à toutes les professions, principalement les «indépendants». Il convient également de permettre aux personnes quittant volontairement leur emploi - les «démissionnaires» - de bénéficier d'indemnités dans l'attente d'un nouveau poste. La réforme proposée prend acte des évolutions du marché du travail, qui s'accélèrent avec la révolution numérique. À l'avenir,les carrières professionnelles seront de plus en plus diversifiées: fonctionnaire un jour, salarié du privé un autre, free-lance indépendant à l'occasion.


Fort de ce constat plutôt consensuel, Emmanuel Macron en tire des conclusions quasi doctrinales: «La maladie et le chômage ne sont plus des risques personnels sur lesquels on s'assure par la cotisation sur le travail, ce qui était la base du contrat de 1945 (les ordonnances qui ont créé la Sécurité sociale, NDLR). Ce sont des risques sociétaux qui justifient la solidarité nationale. Il faut donc les financer par l'impôt, la CSG, et non par des cotisations sociales» (interview au Point). D'où sa proposition de supprimer 3,15 points de cotisation sur les seuls salaires du privé et de les remplacer par un relèvement de 1,7 point de la CSG sur tous les revenus (fonctionnaires, retraités, placements). 


Cette distinction est fondamentale. Rappelons la définition de l'impôt: «un prélèvement obligatoire effectué par voie d'autorité par la puissance publique sur les ressources des personnes, mais sans contrepartie directe pour le contribuable». Au contraire, la cotisation sociale, en tant que prime d'assurance, donne lieu à une indemnité qui se fera au prorata de la contribution initiale de chacun.


«DEMI-HABILE»


Malheureusement, Emmanuel Macron est un «demi-habile», comme disait Pascal: il commence un raisonnement, mais il s'arrête à mi-chemin. À partir du moment où l'indemnisation du chômage est financée par l'impôt, il n'y a aucune raison en effet que le cadre supérieur qui gagne 10.000 euros par mois perçoive des indemnités supérieures à celles du smicard. De même, la réforme restera bancale, car elle ne touche pas aux cotisations patronales, alors qu'il n'y a pas de différence de nature avec les cotisations «salariés» (les deux font partie du coût salarial de l'entreprise et elles diminuent pareillement la rémunération nette de l'employé). 


ON S'ACHEMINE DONC VERS UN SYSTÈME FAISANT FI DES PRINCIPES DE BASE QU'IL PRÉTENDAIT DÉFENDRE.

Le «tout-impôt» que le président de la République veut instaurer, au nom de la «solidarité nationale», aboutira à une inconséquence de gros calibre: car «il n'est pas question de toucher au système actuel des indemnités chômage», a rappelé cette semaine Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, devant l'European American Press Club.

 

Emmanuel Macron voudrait-il s'inscrire dans la continuité du quinquennat précédent, qui a essuyé de multiples rejets du Conseil constitutionnel sur ses projets fiscaux? 

 
Vign_Eric_Woerth

Eric Woerth aux Echos :

« Macron gâche les opportunités que nous permet la croissance » 

             28 septembre 2017

Dans une interview aux Echos, le président lR de la Commission des finances de l'Assemblée fustige un « budget de petite continuité », reprochant à Emmanuel Macron de ne pas « utiliser à plein » une conjoncture « extrêmement favorable ».

16 milliards d'économies, des baisses d'impôts, un déficit public inférieur à 3% de PIB... N'auriez-vous pas rêvé de porter un tel budget ?

Un déficit de l'Etat qui s'accroît dangereusement à 83 milliards d'euros, un déficit de la Sécurité sociale qui a du mal à se résorber, des dépenses publiques qui augmentent de 1,6% en valeur : il n'y a aucune raison de pavoiser. Ce n'est pas un projet de grande rupture mais de petite continuité. Je ne conteste pas une volonté de maîtrise de la dépense; je conteste l'idée qu'elle se traduise réellement. Il a d'ailleurs suffi d'un sursaut de croissance pour que le gouvernement abandonne ses bonnes résolutions. Un relâchement qui se traduira par une hausse de la dépense publique qu'on peut estimer à 6 milliards d'euros. La baisse du déficit public est faible, essentiellement fondée sur des éléments conjoncturels et pas structurels. Nous sommes clairement hors des clous des règles européennes. Rien n'est fait pour maîtriser la masse salariale de l'Etat avec seulement 1 600 suppressions de postes cette année alors qu'il en faudrait 24 000. Les crédits de nombreux ministères grimpent – et pas seulement ceux de la Défense.

Le gouvernement souligne qu'il n'y a pas de rabot, mais des choix forts d'économies, sur les contrats aidés ou les aides au logement...

Je ne suis pas contre le fait de revoir les aides au logement et de réduire la voilure des contrats aidés, mais c'est un peu court ! Pourquoi ne pas réadapter davantage de politiques ? Où est la réforme de l'Etat ? Malgré la grandiloquence dans les propos, l'histoire de France et du monde n'a pas commencé avec le nouveau président de la République. Emmanuel Macron hérite d'une conjoncture extrêmement favorable mais au lieu de l'utiliser à plein il fait le contraire, tout comme Jospin en son temps. Il souhaite réaliser 16 milliards d'économies en tendance au lieu des 20 milliards prévus, sans dire clairement où. Le compte n'y est pas et c'est gâcher les opportunités que nous permet la croissance.

Le budget prévoit une flat tax à 30% sur les revenus du capital et une réforme de l'ISF. Est-ce un changement profond ?

Non, on revient en fait à la situation d'avant 2012. Ce n'est pas une rupture mais un retour en arrière. La flat tax, nous l'avions proposée pendant la campagne présidentielle, nous y sommes évidemment favorables. Mais c'est une erreur de ne pas préserver le régime de l'assurance-vie. Et il est regrettable de ne pas faire bénéficier les revenus fonciers de la flat tax. Le signal envoyé sur l'immobilier est doublement désastreux, avec la réforme de l'ISF qui est proposée. L'immobilier, ce n'est pas une rente mais de l'investissement. Pourquoi montrer du doigt ce secteur économique, alors qu'on a besoin de logements. Au vu de toutes les mesures anti-immobilier prises par ce gouvernement, le choc d'offre n'est pas près de se produire ! Ayons le courage de supprimer purement et simplement l'ISF.

Les Républicains défendent aussi la diminution de l'impôt sur les sociétés...

Tous les grands pays le font. Là encore, il n'y a rien de révolutionnaire : Emmanuel Macron est du reste dans la continuité de la trajectoire votée sous François Hollande.

Pourquoi critiquer la hausse de la CSG, qui va permettre de financer une augmentation du pouvoir d'achat des actifs ?

C'est un projet agressif et inutile. Pourquoi opposer les Français entre eux, en allant taxer les retraités, les épargnants, les propriétaires fonciers ? Ce n'est pas juste de vouloir réduire le niveau de vie des retraités. L'augmentation du pouvoir d'achat des salariés doit se faire par l'amélioration de la compétitivité, la création d'emplois et de richesses, et non par des transferts sociaux ou des transferts d'une catégorie de Français sur l'autre. En outre, avec le décalage des baisses de cotisations, plus de 4 milliards d'euros sont en réalité pris aux Français en 2018. Ce n'est pas le choc fiscal de François Hollande mais c'est quand même un choc fiscal qui concernera beaucoup de ménages modestes, surtout si on ajoute les hausses de carburants, du tabac, ou encore la diminution des APL.

80% des Français vont néanmoins bénéficier d'une exonération de taxe d'habitation...

Cela revient à dire que le service public local ne coûte rien. C'est un message dangereux. Alors que l'impôt sur le revenu est déjà très concentré, il va rester un îlot de contribuables qui paieront de plus en plus cher pour la taxe d'habitation. Le gouvernement fait une réforme de la fiscalité locale sans dire vers où il veut aller, sans concertation avec les élus.

Le Cice va être transformé en allégements directs de charges. Cela fait partie de vos propositions...

Pas dans de telles conditions ! La vérité, c'est que le gouvernement va augmenter le coût du travail de 3,3 Md€ alors que nous prônons une forte baisse. Le Cice est transformé en allégements de charges mais son taux est réduit, et l'exécutif ne compense pas le surcroît d'impôt sur les sociétés, payé par les entreprises. La hausse du coût du travail va être particulièrement élevée pour les salaires moyens, ce qui va pénaliser l'industrie. Les entreprises sont les parents pauvres de ce budget.

La gauche reproche à Emmanuel Macron de mener une politique économique de droite. Vous, comment la qualifiez-vous ?

Tout président élu en 2017 était condamné à réformer parce qu'aujourd'hui, les sujets sont mûrs. S'il avait été élu, François Fillon aurait réformé plus fort et plus clair. Mais là, on reste dans un entre-deux, dans le « en même temps ». La réforme du code du travail contient des mesures utiles et nécessaires, c'est pourquoi je voterai ce texte, même si je regrette qu'il n'ait pas abordé le sujet clé du temps de travail. Cette réforme n'a de valeur que si elle est accompagnée d'une politique ambitieuse en faveur de la compétitivité des entreprises. Et sur ce sujet-là, il n'y a rien dans le projet de loi de finances.

Que répondez-vous à Bruno Le Maire, qui appelle les responsables de la droite à être « constructifs » ?

Les derniers convertis sont toujours excessifs. Certains étaient LR hier, En Marche aujourd'hui. Et demain ? La météo économique et politique est changeante. Mais pour bien construire, il faut construire droit !

L'exécutif gère-t-il bien le dossier Alstom ?

Je ne comprends pas la différence de traitement, ahurissante, avec STX. D'un côté, on fait un ramdam national pour dire qu'il faut créer un Airbus naval avec STX et de l'autre, on laisse filer Alstom chez les Allemands. Pourquoi tout céder à Siemens ? Il n'y a aucune raison pour que les TGV deviennent allemands. Pourquoi balayer l'option d'achat des titres de Bouygues par l'Etat

 
Vign_LE_cPE
L'arnaque

Avec ses ordonnances Travail, Macron a réussi à nous refourguer… le CPE pour tous

Les ordonnances voulues par Emmanuel Macron pour réformer le code du travail facilitent sensiblement le licenciement d'un salarié en CDI ayant moins de deux ans d'ancienneté. Et les indemnités prévues ne sont pas lourdes. Finalement, Marianne a calculé que cela revient au même que le fameux CPE que la rue avait fait enterrer.

En pire, même…

Lire l'article

 
Vign_Yves_de_Kerdriel

«NON MONSIEUR MACRON, LES RETRAITÉS NE SONT PAS DES NANTIS»

Le discours d'Emmanuel Macron tend faire des retraités une sorte de caste de privilégiés que l'on pourrait ponctionner allègrement, parce qu'ils vivent trop bien.

Dans l'interview fleuve que le chef de l'État a accordée au magazine Le Point il y a deux semaines, il a largement insisté sur le peu d'intérêt que nos gouvernants ont accordé aux jeunes au cours des trente dernières années. C'est une évidence. Même si la jeunesse a tout fait pour que rien ne change concernant la réforme de l'université, la mise en œuvre d'une politique plus sélective, donc plus élitiste et qualifiante, et l'acceptation de conditions plus souples d'accès au monde du travail. Résultat: il existe aujourd'hui 2 millions de «décrocheurs» de 18 à 25 ans qui ne sont ni au travail ni en formation.

Face à ce constat épouvantable, il y a deux manières de réagir. Celle d'une population plutôt à droite qui veut restaurer le mérite, la sélection à l'université, le redoublement, et qui milite pour des mini-jobs à l'allemande afin que les jeunes aient un accès rapide au monde de l'entreprise. Et puis celle de nos nouveaux dirigeants qui ont choisi d'opposer les jeunes aux retraités et de créer un clivage entre les générations, comme si cela allait résoudre plus facilement les nombreux problèmes auxquels se heurtent les plus jeunes.

Tout le discours martelé depuis maintenant quatre mois par Emmanuel Macron consiste donc à faire des retraités une sorte de caste de privilégiés que l'on pourrait tondre allègrement, parce qu'ils vivent trop bien. La première mesure les concernant sera donc une hausse de 1,7 % de la CSG. Celle-ci étant prélevée à la source, la réforme se traduirait directement par une baisse des pensions nettes versées de l'ordre de 30 euros par mois pour une retraite mensuelle de 1 800 euros, soit une perte de pouvoir d'achat de 360 euros par an. Magnanime, le chef de l'État a expliqué qu'il essaierait d'épargner les retraites inférieures à 1 200 euros. Pour Emmanuel Macron, on est donc suffisamment riche pour être davantage taxé lorsqu'on a travaillé toute une vie et que l'on perçoit 1 200 euros par mois. Pour François Hollande, on était riche avec un revenu de 4 000 euros…

Quand on est élu président de la République à 39 ans, c'est tentant de faire du jeunisme et de faire passer les retraités pour des gens encombrants et des nantis. D'autant plus qu'il sait très bien que ce ne sont pas eux qui seront les premiers à défiler dans la rue.

Le problème, c'est que le discours d'Emmanuel Macron ne correspond absolument pas à la réalité. Il existe 16 millions de retraités en France dont le revenu médian n'est que de 1 376 euros alors que le salaire médian des fonctionnaires est de 2 469 euros. Par ailleurs, le patrimoine médian de nos chers aînés n'est que de 149.600 euros pour ceux qui ont été salariés alors qu'il est de 158.000 euros pour l'ensemble des Français.

Avant de fermer le portail de mon refuge corrézien et de rejoindre la capitale pour cette rentrée, j'ai reçu la visite d'un agriculteur ami qui est venu m'annoncer qu'il prenait sa retraite. Sans indiscrétion, je me suis préoccupé de savoir s'il allait toucher une retraite décente, après quarante-cinq années de labeur sans une seule journée de vacances ni de congé maladie et en ayant commencé à travailler à l'âge de 13 ans. Presque gêné, comme s'il était une sorte de pestiféré, il m'a avoué que sa pension serait de 720 euros par mois. Avant d'ajouter que grâce à son jardin potager, son cochon et cette solidarité qui ne se pratique encore que dans nos campagnes, il arriverait à s'en sortir.

Bien sûr, il existe, à l'autre bout de l'échelle, des retraités aisés. Mais s'ils le sont, c'est parce qu'ils ont travaillé dur toute leur vie, qu'ils ont épargné, qu'ils se sont construit un patrimoine immobilier, qu'ils bénéficient de revenus complémentaires, et qu'ils ont anticipé le fait que le régime de retraites allait finir par sombrer. Et en plus de l'augmentation de la CSG, ces Français-là vont voir leur fiscalité s'accroître avec la constitution de ce nouvel impôt sur la fortune immobilière et la hausse de la taxation des contrats d'assurance-vie.

Comme toujours, la solution, pour les socialistes, passe par la redistribution grâce à l'impôt. C'est de cette manière que depuis le 1er janvier de cette année un grand nombre de jeunes n'ayant jamais travaillé peuvent avoir droit à la garantie jeunes qui leur permet d'encaisser 545 euros, c'est-à-dire 75 % de ce que va toucher mon agriculteur qui a travaillé, sans relâche, pendant quarante-cinq ans. Mais il y a pire encore que l'impôt, c'est d'opposer une génération à l'autre, des Français aux autres.

OR C'EST AINSI QU'EMMANUEL MACRON PRÉSENTE CE DÉBAT SUR L'AIDE À LA JEUNESSE ET LA TAXATION DES RETRAITÉS.

ET CELA N'EST UNE ATTITUDE NI RESPONSABLE NI CONSTRUCTIVE.

 
Vign_orcival

LA MALADIE DES RÉFORMES À MOITIÉ

Les Français sont prêts aux réformes à condition qu’elles ne soient pas faites à moitié. Ce qu’ils redoutent, c’est que ce gouvernement ne cède devant Martinez et Mélenchon.

Le pire des sondages pour Emmanuel Macron n’a pas été la chute de sa popularité mais l’enquête Odoxa publiée par RTL le 28 août.

  • Première question : le code du travail est-il un frein à l’embauche ? Oui, 56 %.
  • Deuxième question : faites-vous confiance à Emmanuel Macron pour le réformer efficacement ? Non, 63 %.
  • Troisième question : pensez-vous que cela puisse provoquer un mouvement de contestation sociale généralisée ? Oui, 80 %.

Voilà pourquoi votre fille est muette.

Ces trois chiffres résument le climat politique de la rentrée. Quand la semaine dernière, en voyage à Bucarest, le président de la République dit de la France qu’elle « n’est pas un pays réformable », que les Français « détestent les réformes », il emploie l’expression la plus répandue des dîners en ville et des discussions de comptoir. Une suite au célèbre “monsieur le ministre, on ne peut pas le faire”, l’alibi de l’immobilisme et de l’inaction.

Ce n’est pas du tout ce que dit le sondage Odoxa.

Les Français sont prêts aux réformes, à condition qu’elles ne soient pas faites à moitié, car c’est une maladie bien française que les réformes conduites à moitié ; ce qu’ils redoutent, c’est que ce gouvernement ne cède devant l’obstacle — la contestation politique et syndicale que lui promettent Mélenchon et Martinez.

Or une réforme à moitié (par exemple sur les 35 heures, l’âge de la retraite, la fiscalité, l’ISF, etc.), cela coûte politiquement aussi cher qu’une vraie réforme, sans en porter les fruits.

S’il doit y avoir une opposition, un conflit, que celui-ci ou celle-là tranche la question. Les Français ne marchent pas au consensus, c’est ainsi. Et c’est en quoi ce sondage n’est pas bon pour Emmanuel Macron : 63 % des Français ne lui font pas confiance pour mener à bien une réforme à laquelle ils sont favorables — 63 %, alors qu’il a été élu par 66 % des mêmes. La confiance s’est retournée.

Elle était fragile. Le socle politique d’Emmanuel Macron est resté celui du premier tour de la présidentielle : il l’a retrouvé aux législatives (en divisant ainsi par trois son score du second tour de la présidentielle, comme Marine Le Pen a divisé le sien par dix aux législatives). Pour consolider ce socle, il a marqué sa rupture avec la présidence Hollande en affirmant hautement son autorité, en mettant de la distance avec une classe politique discréditée et des médias contestés.

Réformer le code du travail, la fiscalité, l’assurance chômage ou les retraites, c’est autre chose que la moralisation de la vie publique, il faut faire de la politique et pas seulement de la communication.

Or, contre la classe politique, il glorifie la “société civile”, contre les médias, il pratique le silence, et par méfiance à l’égard des élus de terrain, il s’entoure de hiérarques hyperdiplômés de Bercy, après avoir bousculé toutes les têtes de l’administration. Il ne peut pas être surpris que tout ça se retourne quand il s’agit de passer à l’action : l’autoritarisme des uns vient percuter l’amateurisme des autres.

D’où l’apostrophe d’Alain Juppé : « Faire de la politique autrement, il y a quarante ans que j’entends ça, mais je ne vois pas le changement. »

Emmanuel Macron va-t-il donc faire comme les autres ?

À lui de démentir ce que l’opinion est en train de penser.

La France n’est pas “irréformable”, elle n’a pas cessé de se réformer, mais ce peut être en bien comme en mal.

Voyez l’Éducation nationale : Mme Vallaud-Belkacem ne l’a-t-elle pas réformée ?

Et elle ne l’a pas fait à moitié ! Le mal est profond, durable, enraciné.

Qu’est-ce qu’une bonne réforme ? Celle qui simplifie, stimule, encourage, donne confiance en soi. Il y a un modèle dans ce domaine — c’est Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l’Éducation nationale.

Il ne dit jamais que ce qu’il fait est une révolution, or c’en est une.



 
Vign_Yves_de_Kerdriel

Les ordonnances n’ont malheureusement rien à voir avec les lois Hartz qui, en Allemagne, ont donné la priorité à la réduction du chômage. Avec un succès enviable.

Mais ceux qui attendaient que cette loi soit le sésame pour permettre enfin à notre pays de rompre avec le chômage de masse vont rester sur leur faim. Rien sur les minijobs qui ont permis aux Allemands ou aux Britanniques de créer des millions d’emplois. Rien sur la modulation du Smic qui empêche de nombreuses entreprises de recruter. Rien sur les contrats de projet ou de chantier qui ne seront décidés qu’au niveau des branches. Rien surtout sur le relèvement des seuils sociaux qui constituent une barrière stupide à l’emploi.

Or on ne rappellera jamais assez que le passage de 49 à 50 salariés entraîne actuellement l’application de 34 législations et réglementations supplémentaires, dont le coût représente 4 % de la masse salariale. C’est la raison pour laquelle il existe 2,5 fois plus d’entreprises de 49 salariés que de 50. En fait, tout se passe comme si les rédacteurs des ordonnances avaient donné la priorité aux relations sociales, reléguant au second plan la flexibilité du marché du travail. Bien sûr, tout le monde va y gagner en souplesse. Mais cela n’a rien à voir avec les lois Hartz qui, en Allemagne, ont privilégié la réduction du chômage.

Éric Woerth a eu raison de déclarer que la droite aurait aimé proposer un texte comme celui-ci, qui sera donc approuvé par la très grande majorité des parlementaires. Mais il ne faudra pas s’attendre, hélas, à un miracle sur l’emploi. C’est une belle occasion manquée alors que 6,2 millions de Français sont inscrits à Pôle emploi et que la France compte 2 millions de jeunes qui ne sont ni en formation ni au travail.

C’est l’entreprise et non l’État qui crée l’emploi. Pour cela, il lui faut des commandes. Et celles-ci ne viennent que par l’innovation et la compétitivité. Or l’heure de travail en France coûte 25 % de plus qu’outre-Rhin. Tant que nous n’aurons pas résolu ce problème, les cohortes de chômeurs continueront de vivre d’allocations Unédic. Cela passe évidemment par une baisse des cotisations sociales et surtout par une contraction des dépenses publiques (largement financées par les entreprises). Voilà pourquoi la mère des réformes reste celle de l’État afin qu’il maigrisse, qu’il cesse de s’occuper de ce qui ne le regarde pas et surtout qu’il arrête de capter la richesse créée par des entrepreneurs.

Hélas, à lire les indiscrétions qui fuitent sur la préparation du budget pour 2018, il n’y a pas grand-chose sous le soleil de cette rentrée. Avec trop peu de dépenses sociales en moins. Et trop de pressions sur les entreprises.

Comme si tout devait changer pour que rien ne change vraiment.

 

 
Télécharger la lettre envoyée à M.Haury à l'occasion de son élection
 
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POURQUOI LES FUTURS RETRAITÉS DOIVENT SE PRÉPARER À DES LENDEMAINS QUI DÉCHANTENT

ANALYSE - Suivant les scénarios retenus, le niveau de vie des retraités sera inférieur à celui des actifs entre la fin de la décennie 2020, si la croissance repart, ou au début de celle de 2040, si elle stagne.

Dans son dernier rapport, que Le Figaro s'est procuré, le Conseil d'orientation des retraites (COR) indique noir sur blanc que les pensionnés de demain seront moins bien logés que ceux d'aujourd'hui. Et ce, sans prendre en compte la hausse de 1,7 point de la CSG pour les retraités «aisés», qui gagneront plus de 1 200 euros par mois, annoncée par le président Macron. 

Le niveau de vie des retraités va en effet décroître, relativement à celui des actifs. Il faut dire qu'il part de haut, s'élevant à 106,1 % en 2014, en hausse de 2,2 points en quatre ans. En clair, les retraités vivent en moyenne un peu mieux que les personnes en âge de travailler. À une nuance près: tous les séniors ne sont pas logés à la même enseigne, les générations les plus âgées ayant un niveau de vie moins élevé que les plus jeunes.

«Dans tous les scénarios, la pension moyenne continuerait de croître en euros constants (donc plus vite que l'évolution des prix) mais, contrairement au passé, moins vite que les revenus d'activité»

Le Conseil d'orientation des retraites

Ces prochaines années, la tendance entre retraités et actifs s'inversera donc. «Dans tous les scénarios, la pension moyenne continuerait de croître en euros constants (donc plus vite que l'évolution des prix) mais, contrairement au passé, moins vite que les revenus d'activité», tels que les salaires, prévient le COR. En effet, les rémunérations des actifs évoluent peu ou prou au même rythme que la croissance quand les pensions, elles, sont revalorisées suivant l'inflation. Comme cet indicateur progresse moins vite que la croissance, le niveau de vie des retraités sera distancé, au fil des années, par celui des actifs. Et ce, d'autant plus vite que l'économie ira bien. Suivant les scénarios retenus, le niveau de vie des retraités sera inférieur à celui des actifs entre la fin de la décennie 2020, si la croissance repart, ou au début de celle de 2040, si elle stagne.

Cet indicateur, qui englobe toutefois la situation de tous les retraités pris en un tout, camoufle la détérioration de la situation des seuls futurs retraités. Ces derniers connaîtront un sort moins enviable que celui de leurs aînés. Leur pension, rapportée à leur dernier salaire, pèsera de moins en moins lourd. Ce que les experts dénomment le «taux de remplacement» fondra lentement ces prochaines décennies. Dans le cas fictif d'un salarié non-cadre né en n'ayant jamais été au chômage, imaginé par le COR, ce taux de remplacement passera de 75,5 % pour la génération née en 1940 à 68,3 % pour celle née en 2000. Et encore, dans le meilleur des cas.

Seul réconfort pour les plus jeunes, les générations futures de retraités en auront davantage pour leurs cotisations. Enfin, pas toutes. Le «taux de rendement» (la somme des cotisations rapportées de la somme des pensions reçues) baissera pour les générations nées entre 1960 et 1970, mais il remontera ensuite pour celles nées durant les décennies suivantes. Le COR explique que cet indicateur «augmenterait au-delà de la génération 1975, en raison d'une durée de retraite relative plus longue».

En clair, si les taux de cotisation restent stables et que l'âge de départ à la retraite n'est pas repoussé, les futurs retraités en auront davantage pour leur argent, car ils toucheront plus longtemps une pension, parce qu'ils vivront plus longtemps que leurs aînés. Encore faut-il que les règles de départ à la retraite n'évoluent pas dans le futur, ce qui reste peu probable étant donné la mauvaise santé du système

La retraite les Français ont-ils raison de s'inquiéter?

 
Voter pour un député LREM c'est répondre positivement à toutes les demandes du Lobby LGBT Télécharger ce courrier de E Macron et faites-le circuler à tous vos amis
 
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Comme pour les dernières élections locales depuis 2014, l’Observatoire Socio-Politique (O.S.P.) des AFC 44 est allé à la rencontre des candidats pour connaître - au-delà du programme de leur parti - leurs positions personnelles sur les sujets qui sont au cœur de l’engagement de nos associations.

Ce travail est la déclinaison locale de celui mené par la confédération pour l’élection présidentielle (http://afc-france. org/elections-2017)  ou par d’autres structures amies que nous avons eu l’occasion de relayer régulièrement par mail et sur les réseaux sociaux (notamment la synthèse des positions éthiques d’Alliance Vita ou le site boomerang2017.fr de La Manif pour Tous).

Méthodologie du dossier Législatives

Pour ces élections législatives nous avons choisi de centrer nos questions sur 2 domaines :

•  La protection de la Vie Humaine, de la cellule familiale, de la liberté d’éducation. Non seulement car ces thèmes sont liés à notre charisme d’association familiale mais bien plus encore parce qu’ils ont été identifiés par Benoît XVI dès 2006 comme des points « non négociables » (Voir encart ci-contre).

•  Les questions en lien avec la politique familiale (quotient familial, universalité des allocations, congé parental) qui relèvent de notre vocation d’association familiale. Dès le début du mois de mars, les AFC ont adressé un questionnaire à l’ensemble des partis et mouvements politiques susceptibles de présenter des candidats aux législatives afin qu’ils le transmettent aux candidats.

Courant avril, chaque candidat identifié s’est vu adresser personnellement le questionnaire. Il a été relancé fin avril et également à l’issue de l’élection présidentielle…

C’est vous dire combien notre équipe s’est investie dans sa mission ! 

Par souci de clarté nous avons réalisé une synthèse de ces différents courriers. Nous avons choisi de la présenter par parti ou mouvement - et non par circonscription - de manière à mieux valoriser les positionnements les plus proches de nos convictions à l’intérieur de chaque parti.

Vous constaterez que les réponses du parti LR sont plus développées, notez que ce n’est pas dans une volonté de mettre plus en avant ce parti mais seulement un choix de forme rédactionnelle motivé par deux raisons : 

1 • La rédaction du dossier nécessitait de développer brièvement certaines problématiques abordées, cela s’est fait dans le cadre de l’analyse des réponses des candidats LR, et il ne nous a pas paru opportun de les redévelopper à chaque fois.

2 • Les candidats LR sont beaucoup moins homogènes dans leurs positions que ne le sont le PCD ou le FN par exemple, cela a pu être constaté tout au long de la campagne : Il nous a fallu présenter ces divergences.

 
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En renonçant aux idées qui ont fédéré le plus grand nombre de sympathisants lors de la primaire de l’automne, la droite part au combat sans armes et sans munitions.

Vae victis, disait-on il y a plus de deux millénaires entre Gaulois et Romains :

“MALHEUR AUX VAINCUS.”

Effectivement, depuis maintenant près d’un mois François Fillon est voué aux gémonies par ses anciens amis, accusé d’être le responsable de l’absence de la droite au second tour d’une élection présidentielle, et ce pour la première fois depuis le début de la Ve République. L’intéressé a plié bagage le 24 avril au soir après un bureau politique des Républicains au cours duquel il a reconnu toute sa part de responsabilité dans cette défaite et a affirmé vouloir redevenir « un militant comme un autre ».

Depuis, sa famille politique semble dirigée dans les faits par deux personnalités très complémentaires. François Baroin d’une part, qui se bat comme un diable pour gagner la bataille des législatives. Laurent Wauquiez d’autre part, qui prépare une éventuelle entrée dans l’opposition. Et qui cherche à ce que les idées de la droite décomplexée perdurent au-delà du “gloubi-boulga” qui accompagne l’entrée en fonctions d’Emmanuel Macron.

Car les stupéfiantes manoeuvres d’appareils entre l’entreprise de recyclage que constitue La République en marche et le MoDem de François Bayrou, qui rappellent les grandes heures de la IVe République, ouvrent un boulevard à une opposition à la fois résolue et constructive.


Il n’est pas question de ressasser cette défaite, mais de rappeler aux Républicains que l’idée de gagner les législatives avec un programme édulcoré est non seulement un leurre, mais aussi une faute et plus que cela, une défaite intellectuelle


Le 23 avril dernier, François Fillon a récolté plus de 7,2 millions de voix. Et beaucoup de ceux qui ont voté pour l’ancien Premier ministre ont déposé un bulletin dans l’urne en pensant d’abord et avant tout au programme porté par ce dernier. Sans doute l’un des meilleurs programmes qu’on pouvait imaginer pour le redressement économique, financier, industriel, sociétal et international de notre grand pays. L’intéressé en était bien conscient lorsque le 9 avril dernier, devant près de 20000 personnes rassemblées à la porte de Versailles à Paris, il déclarait à la stupéfaction de certains : « Je ne vous demande pas de m’aimer, je vous demande de me soutenir. Il ne s’agit pas de choisir un copain, il s’agit de choisir un président et, à travers lui, le destin que nous voulons offrir à la France. » De la même manière un mois plus tôt, il avait affirmé : « La France est plus grande que mes erreurs. » Ces phrases bien ciselées qui tentaient de faire appel à l’éthique de responsabilité du grand peuple de droite auront été insuffisantes. Puisque nos compatriotes ont finalement préféré un président “copain”, à la manière des chefs de gouvernement italien Renzi ou canadien Trudeau

Il n’est pas question de ressasser cette défaite.

Mais simplement de rappeler aux Républicains que l’idée de gagner les législatives des 11 et 18 juin prochains avec un programme édulcoré

  • — une baisse d’impôts sur le revenu de 10 % non financée,
  • l’abandon de la TVA sociale permettant aux entreprises d’alléger le coût du travail et à la France de taxer les produits importés,
  • le renoncement à la déchéance de la nationalité
  • ou l’enterrement de la réécriture de la loi Taubira instituant le mariage homosexuel — est non seulement un leurre, mais aussi une faute et plus que cela, une défaite intellectuelle.

En renonçant aux idées et aux valeurs qui ont fédéré le plus grand nombre de sympathisants de la droite, lors de la primaire de l’automne dernier, les Républicains partent au combat sans armes et sans munitions.

Peut-être pensent-ils ainsi effacer le souvenir de François Fillon et séduire un électorat plus large dans des batailles locales où la personnalité de chacun des 577 candidats est souvent plus importante que le programme qu’il porte. Il reste qu’en agissant ainsi, la droite se montre davantage prête à se diluer dans un futur marais social-démocrate à l’allemande plutôt que de reconstruire un parti conservateur à la britannique.

Elle donne donc raison, une fois encore, à Mark Twain lorsqu’il affirmait à la fin du XIXe siècle :

« Les gens de gauche inventent de nouvelles idées. Quand elles sont usées, les gens de droite les adoptent. »

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