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ÉRIC ZEMMOUR UN DESTIN FRANÇAIS

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PAR ALEXANDRE DEVECCHIO

 

« Destin français », le nouvel ouvrage d’Eric Zemmour, est une méditation puissante et profonde sur l’Histoire. Fidèle à lui-même, l’essayiste revisite le passé pour mieux déconstruire le présent. Surprise : dans une introduction poignante en forme de confession, il lève aussi le voile sur son enfance et sa famille.

 

On est de son enfance comme on est d’un pays », écrivait Saint-Exupéry. Et pour comprendre Eric Zemmour, c’est à cette source qu’il faut puiser. Son nom commence par un Z, comme Zorro, mais à 10 ans, Zemmour rêve d’être Bonaparte. Il dévore le Napoléon d’André Castelot, « avec sa couverture verte cartonnée », que sa mère lui a offert pour son anniversaire. Son esprit vagabonde en 1800 au milieu des champs de bataille. Il ­revit l’épopée impériale. Sur son cheval au galop, l’enfant coiffé de son bicorne charge avec les soldats de la Grande Armée, vibre à la victoire d’Austerlitz et pleure après la retraite de Russie et Waterloo. Plus tard, il découvre Illusions perdues. Balzac est son Vautrin, qui lui ­apprend à grandir. C’est décidé, faute de pouvoir être empereur, il sera Rubempré. A moins qu’il ne soit l’auteur de La Comédie humaine lui-même. « Dès l’enfance, j’avais compris que la France était ce pays singulier fait de héros et d’écrivains, de héros qui se prétendaient écrivains, et d’écrivains qui se rêvaient en héros », écrit-il dans Destin français.

 

L’une des immenses surprises des 569 pages foisonnantes de son nouvel essai, concerne les 40 premières. A 60 ans, dans une introduction poignante en forme de confession, l’essayiste révèle la part de lui-même la plus précieuse, celle qu’il gardait jusqu’ici jalousement pour lui : sa part d’enfance. Il a fallu six mois à Lise Boëll, la directrice éditoriale essais et documents d’Albin Michel, pour convaincre ce grand pudique de se ­livrer. Zemmour se moque d’être aimé. Il veut convaincre par ses idées, pas par ce qu’il est. Par la raison, pas par l’émotion.

 
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UNE BONNE NOUVELLE POUR EMMANUEL MACRON QUAND ON BAT DES RECORDS D'IMPOPULARITÉ 

 

François Fillon entendu par les juges sur les soupçons d’emplois fictifs

 

Son épouse, Penelope, a quant à elle été entendue hier, jeudi 6 septembre.

 

La justice poursuit son travail sur l’affaire François Fillon. L’ex-candidat Les Républicains à la présidentielle, mis en examen notamment pour détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de bien sociaux, a été entendu ce vendredi 7 septembre par les juges du pôle financier, rapporte Le Parisien.

 
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SILENCE, MAMAN GOUVERNE ! ROBERT PLANT TOUJOURS VERT

 

Frédéric Beigbeder Le Figaro Magazine - vendredi 8 juin 2018

 

Il y a des semaines où, franchement, ce métier de lecteur public devient trop pénible. Je vous avoue qu’en lisant Si souvent éloignée de vous de Marlène Schiappa, j’ai failli perdre le feu sacré. On se trouve devant ce déballage comme une poule devant un couteau. Dans le match victimaire, Mme Schiappa bat Édouard Louis par K.-O.

 

Voici encore un livre qui dessert la noble cause qu’il prétend défendre.

 

La dernière page de couverture annonce humblement :

« Telle une Madame de Sévigné moderne, Marlène Schiappa écrit à ses filles dès qu’elle part en déplacement. »

 Elle doit se déplacer souvent : Mme Schiappa a publié 17 livres en huit ans.

 

Sa bibliographie omet toutefois de citer les plus intéressants (Osez les sex-friends, Les filles bien n’avalent pas, Sexe, mensonges et banlieues chaudes et Osez l’amour des rondes). Après avoir adressé une Lettre à mon utérus en 2016, la ministre persiste ici dans sa veine épistolaire avec cette cinquantaine de lettres à ses deux filles de 11 et 6 ans, qui en constituent en quelque sorte la suite logique, voire biologique. Il est précisé en préambule que « tout ce qui est raconté ici […] l’est avec leur autorisation ».

 

Ainsi, selon une nouvelle loi dont on se félicite, une mineure de moins de 15 ans ne peut jamais consentir à une relation amoureuse avec un adulte, mais deux mineures de moins de 15 ans sont assez mûres pour consentir à l’exhibition de leur vie privée et de chaque détail de leur existence familiale, et ceci dans l’unique but de servir la carrière politique de leur mère.

 

Mme la secrétaire d’Etat semble douée pour envoyer des courriers, puisque son cabinet vient de convier la presse à une soirée de lancement considérée par l’association Anticor comme une « utilisation des moyens de l’Etat à des fins de promotion personnelle ».

 

La concomitance de cette publication avec celle de deux tomes, extraordinaires, rassemblant toutes les œuvres autobiographiques de Simone de Beauvoir dans la « Bibliothèque de la Pléiade », offre une humiliation de plus au gouvernement français.

 

Car elle démontre qu’autrefois l’on pouvait être féministe et avoir du talent.

 

Il est navrant de voir aujourd’hui la lutte pour la libération de la femme aboutir à cette mixture écœurante de démagogie, de niaiserie, de shampooing Christophe Robin et de shopping chez H & M. En définitive, le style de Marlène Schiappa est aux Mémoires d’une jeune fille rangée ce qu’un article d’Ok Magazine est à… la marquise de Sévigné.

 

 
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LE GÉNÉRAL DE GAULLE ET LA RUSSIE

Nul autre homme d’Etat n’a été autant fasciné par l’Histoire que le général de Gaulle. Sa très sûre et immense connaissance du passé européen, de la culture de l’Europe et de ses mythes, et la relation intense entre la France et la Russie étaient chacune partie intégrante de son univers mental et de son imaginaire. Le général de Gaulle voyait la Russie comme cet «  allié de revers  » indispensable à sa sécurité, mais plus encore parce qu’elle participait à sa conception de l’équilibre de l’Europe et de la place de l’Europe dans le monde.
La politique franco-russe du Général s’est étendue sur trois décennies, marquées par des ruptures impressionnantes  : la guerre, la guerre froide et les tentatives d’ouverture des blocs Est-Ouest. Nul autre homme d’Etat n’a eu une expérience aussi grande et diverse des dirigeants de l’URSS. Or, s’agissant d’un système politique totalement dominé par celui qui se trouvait au sommet, la familiarité du général de Gaulle avec Staline, Khrouchtchev et Brejnev est une donnée exceptionnelle de son action politique. C’est pourquoi son action et son expérience, considérées dans leur totalité, dans la durée et avec le recul du temps, constituent, au moment où la carte du monde se recompose et que le monde n’est plus exclusivement américain, un précieux apport à la réflexion géopolitique actuelle.
 
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DERNIER DÉBAT AVANT LIQUIDATION ?

 

Vincent Tremolet de Villers : Le Figaro - mercredi 7 mars 2018

 

Avant qu’il ne disparaisse, faut-il classer le Parti socialiste au patrimoine immatériel de la politique française ?

Le grand décor de Solferino a été vendu, les premiers rôles ont pris leur retraite, le discours aussi s’est dépouillé.

 Sur scène, les doublures parlent toujours cette « langue caoutchouc » (Jean-Pierre Le Goff) qui mêle bons sentiments et intimidation morale, mais le public lui-même a choisi l’économie de moyens : il a quitté la salle.

 

.../...

 Sans restaurer vision, autorité, élan, courage, les boutiques installées fermeront une à une.

Aucune n’est à l’abri. En Europe, toutes les élections disent la même chose : celui qui accède au pouvoir sans l’exercer avec efficacité et constance est balayé et son parti avec. Ensuite, il ne reste plus ni rentes, ni syndicats d’élus, ni dignitaires… Tous ces petits arrangements entre amis qui ont longtemps repoussé le déclin du Parti socialiste.

 
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Le livre de Vaclav Klaus et Jiri Weigl, Migration des peuples. Bref manuel pour comprendre la crise migratoire actuelle (Éditions L’Harmattan, janvier 2017, 104 pages), dont Polémia se devait de rendre compte à ses lecteurs, est un livre exceptionnel du fait de son contenu et de la personnalité de ses auteurs.

« C’est un livre sur l’absurdité de la politique et de l’idéologie européennes actuelles qui sont à l’origine de la crise migratoire. »

 
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AVEC "LE CRÉPUSCULE DES IDOLES PROGRESSISTES",

Bérénice Levet explique comment sa propre génération - celle des années 70 - a été le laboratoire d’une idéologie de la désidentification et d’une renonciation à la transmission du monde sous prétexte de liberté.

Un plaidoyer pour la réhabilitation de la nécessité de frontières, d’histoire, de passé et d’identité que l’idéologie progres­siste a stigmatisée.

Le titre même de votre ouvrage est un clin d’œil au Crépuscule des dieux de Wagner, et, plus particulièrement, au Crépuscule des idoles de Nietzsche. Avez-vous, comme lui, l’intention de « philosopher avec un marteau » ? 

...Les catholiques doivent en outre comprendre que toute autorisation de manifester son appartenance religieuse dans l’espace public se retournera contre eux - le catholicisme ne sera plus qu’une composante parmi d’autres d’une entité qu’on continuera d’appeler la France, mais dont l’histoire aura été réécrite, dont on aura extirpé les racines chrétiennes, ainsi que s’y emploient déjà des historiens adoubés par les médias, ainsi du médiéviste Patrick Boucheron, maître d’œuvre d’une Histoire mondiale de la France, où Jeanne d’Arc par exemple, n’est plus qu’une « invention de la IIIe République » et ne bénéficie d’aucune entrée à son nom. Bref, un détail de notre histoire !

 
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L'essai de Patrick Buisson a déclenché les passions, mais sous l'angle des confidences à l'endroit de l'ancien président.

Pour Mathieu Bock-Côté, La cause du peuple est d'abord et avant tout un livre d'analyse politico-philosophique de notre époque

 
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TAUBIRA OUT !

HELAS ROSSIGNOL REVIENT ! 

DANGER POUR LES FAMILLES

Laurence Rossignol, promue ministre de la Famille, de l'Enfance et des Droits des femmes lors du remaniement, s'est définie vendredi comme "une féministe ayant une vision moderne de la famille", en réponse aux féministes qui ont dénoncé un "triptyque rétrograde".

 

"Je vais continuer de faire la synthèse essentielle pour moi entre ces trois sujets, et d'être une féministe qui a une vision moderne de la famille et des enjeux pour les femmes", a déclaré sur RMC et BFMTV l'ex-secrétaire d'Etat, qui était déjà chargée dans le précédent gouvernement de la famille et de l'enfance, auxquelles s'ajoutaient les personnes âgées.

"Aujourd'hui, la famille, le droit des femmes et les enfants c'est intimement mêlé dans la vie quotidienne des femmes", a-t-elle ajouté, prenant l'exemple des familles monoparentales où "des femmes seules concentrent sur leurs épaules une part importante de la pauvreté".

"Aider les femmes aujourd'hui, c'est comprendre que la famille ce n'est pas un repoussoir, une valeur négative", a poursuivi Mme Rossignol, tout en soulignant que "c'est aussi là que se nouent une partie des inégalités".

"40% des femmes changent leur façon de travailler ou leur projet de carrière professionnelle à l'arrivée du premier enfant, contre 6% des hommes", a-t-elle rappelé. "On voit bien que dans les inégalités femmes-hommes, quelque chose se construit dans ce triptyque famille, enfance, droits des femmes".

Elle a dit vouloir poursuivre "une politique familiale dans laquelle l'accès aux modes d'accueil pour les jeunes enfants est une priorité".

Dès jeudi soir après l'annonce du remaniement, l'association Osez le Féminisme avait dénoncé "le nouveau triptyque rétrograde du gouvernement".

Danielle Bousquet, présidente du Haut conseil à l'égalité, Chantal Jouanno (UDI), présidente de la délégation des droits des femmes au Sénat et Pascale Vion, du Conseil économique, social et environnemental, avaient également jugé "déconcertants" la formulation et le périmètre de ce ministère. "N'est-ce pas enfermer les femmes dans le rôle stéréotypé qui leur est assigné depuis des siècles ? Celui d'épouse et mère ?".

En revanche, la présidente PS de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée, Catherine Coutelle, s'est félicitée d'"un ministère de plein exercice pour les droits des femmes" et a souligné "l'engagement féministe" de Laurence Rossignol.

 
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Le Genre se veut notre nouvel Evangile, porteur de la « bonne nouvelle » que le masculin et le féminin ne sont que constructions et peuvent par conséquent être déconstruits.

A cet historicisme intégral qu’elle récuse, Bérénice Levet n’oppose pas Dieu, la nature ou la tradition mais la partition que l’Europe et spécialement la France ont composée sur cette donnée universelle de la dualité des sexes : la galanterie, l’érotisme et la conversation. Non parce qu’ils sont des legs du passé mais parce qu’ils exhalent une saveur incomparable.

Forte d’une position critique, Bérénice Levet se situe à égale distance des partisans du Genre et de ses opposants : au cœur du Genre, dans cette promesse d’un monde où il n’y aurait plus ni hommes ni femmes mais des êtres rendus à une prétendue neutralité originelle, n’y a t-il pas une volonté de couper les ailes du désir hétérosexuel, d’exorciser la hantise de l’attirance que les deux sexes s’inspirent ?

En d’autres termes le Genre n’est-il pas le dernier avatar de la haine d’Eros, l’ultime mouture d’un puritanisme qui n’ose pas dire son nom et se pare d’un alibi progressiste ?

 
 
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« J'ai été un homme politique. Je ne le suis plus. Ma parole est libre. Je suis entré en politique par effraction. Et j'en suis sorti avec le dégoût. Le désastre ne peut plus être maquillé. Partout monte, chez les Français, le sentiment de dépossession. Nous sommes entrés dans le temps où l'imposture n'a plus ni ressource ni réserve. La classe politique va connaître le chaos. Il n'y a plus ni précaution à prendre ni personne à ménager.

Il faut que les Français sachent. En conscience, j'ai jugé que le moment était venu de dire ce que j'ai vu. »Philippe de Villiers                           

Nous avons mis en ligne !

Luc FERRY : PMA - GPA quels arguments ?

Natacha POLONY : Le "progrès" au service du profit !

Yves de KERDREL : l'impunité des "Femens"

La Manif à Nantes

Une affaire de potaches : la journée de la jupe

Egalement mis en ligne

SENS COMMUN réagit  : " Le nouvel Obs a menti

Bertrand VERGELY : A propos de la loi Taubira

Anthony PATOU : Je vous ai compris (à propos de la conférence de presse de F. Hollande

Chantal DELSOL : Nos limites, notre humanité

L'AGRIF réagit à la nomination de Najat Vallaud-Belkacem

Les politiques sont divisés sur la loi Taubira

Philippe BILGER : Taubira, icône inoxydable de la Gauche

La Manif Pour Tous réagit à la nomination de Najat Vallaud-Belkacem

Luc FERRY: faut-il changer la Loi Léonetti sur l'euthanasie 

 
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SMIC, HEURES SUPPLEMENTAIRES, CSG… LA GROSSE ARNAQUE DE MACRON

Augmentation du Smic, retour des heures supplémentaires défiscalisées, fin de la CSG pour les retraites sous les 2.000 euros… Au mieux, le président de la République a mangé son chapeau... Au pire, il n’a fait qu’accélérer son programme présidentiel. Au risque de faire déraper les finances publiques tant qu’il ne baissera pas la dépense publique. 

 

Lundi soir, le président de la République a (enfin) parlé. La mesure la plus importante est l’augmentation de 100 euros par mois que recevront les salariés percevant le Smic. « Sans qu’il en coûte un euro de plus à l’employeur », a tenu à préciser Emmanuel Macron. Ce qui peut sembler paradoxal d’un point de vue comptabilité et contraire aux déclarations d’Edouard Philippe et de Muriel Pénicaud qui s’étaient prononcées quelques heures plus tôt, contre un coup de pouce au Smic, estimant que cela détruisait des emplois. 

 

Le diable se cachant dans les détails, voyons comment est-ce possible… La hausse se déroulera en deux temps. Le 1er janvier, le Smic sera revalorisé de 1,8 %, ce qui donne sur la base d’un montant net de 1.184,93 euros, une hausse de 21,32 euros. Manquent 78,68 euros... 

Emmanuel Macron a décidé d’agir au niveau de la prime d’activité. Cette prestation sociale versée par la CAF (Caisse d’allocations familiales) pour un coût total de 6 milliards d’euros, est destinée à compléter les revenus des salariés les plus modestes percevant une rémunération inférieure à un plafond (1,3 Smic pour un célibataire sans enfants, les plafonds évoluant ensuite en fonction de la situation familiale). 

 

La hausse devait être progressive...

 

Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron avait justement promis de faire « en sorte que toute reprise d’emploi se traduise par un supplément de revenu conséquent, en augmentant la prime d’activité.

 

Cette réforme concernera 2,4 millions de foyers, dont 400 000 jeunes et 500 000 familles monoparentales. C’est près de 80 euros supplémentaire par mois pour un salarié au Smic ». Initialement, la hausse devait être progressive (+ 20 euros, le 1er octobre 2018, + 30 euros en avril 2019, puis + 20 euros en avril 2020 et 2021). Finalement, le président de la République va bouleverser le calendrier et verser le reste d’un coup, soit à peu près les 80 euros qui nous manquaient. Nous obtenons donc les 100 euros de plus sans qu’il coute un euro de plus à l’employeur, pour autant que le salarié célibataire ne perçoive pas plus de 1,3 Smic car au-delà, il n’y a plus rien ! 

 

Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron avait justement prévu que grâce à cette mesure et à la réduction de certaines cotisations sociales, « un salarié au Smic touche chaque mois 100 euros nets supplémentaires par rapport à aujourd’hui ». L’annonce d’Emmanuel Macron, c’est donc beaucoup de bruit pour rien pour ceux qui avaient eu le courage de lire jusqu’au bout le programme présidentiel. 

 

Parmi les autres mesures, il y a le retour des heures supplémentaires défiscalisées ; déjà en mars 2018, le gouvernement avait prévu qu’elles soient « désocialisées », c’est-à-dire nettes de charges sociales à compter de 2020. C’est François Hollande, sitôt arrivé au pouvoir – Emmanuel Macron était alors secrétaire général adjoint de l’Elysées –, qui les avaient supprimées considérant que c’était un cadeau fiscal fait par son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

Le président de la République a aussi annoncé que dès janvier, il reviendrait sur la CSG pour les retraités en dessous de 2.000 euros : « l’effort qui leur a été demandé était trop important et n’était pas juste », a-t-il (enfin) reconnu alors qu’il suffisait juste d’ouvrir les fenêtres de l’Elysée pour les écouter... Cela dit, il n’est pas revenu sur la désindexation des retraites. Tout le monde a été surpris par cette mesure, y compris au gouvernement, puisque le matin même de l’intervention d’Emmanuel Macron, Bruno Le Maire, interrogé sur RTL, jurait ô grand dieu, que le gouvernement ne toucherait pas à la CSG des retraités !

 

Emmanuel Macron a enfin incité les entreprises à verser une prime défiscalisée et désocialisée de 1.000 euros à leurs salariés…

 

Pour autant qu’elles aient les moyens de le faire. 

Emmanuel Macron n’a rien dit quant au financement de ces dépenses, ce qui va considérablement gêner le gouvernement, lui qui ne prend pas le chemin d’une réduction franche et massive de la dépense publique.

 

Au total, ces mesures pourraient coûter aux alentours de 10 milliards d’euros au budget de l’Etat (dont 4 milliards pour la défiscalisation des heures supplémentaires). Emmanuel Macron n’a rien dit quant au financement de ces dépenses, ce qui va considérablement gêner le gouvernement, lui qui ne prend pas le chemin d’une réduction franche et massive de la dépense publique. Pour 2019, il avait prévu un déficit de 2,8 % sur la base de rentrées de 229 milliards d’euros et de charges de 329 milliards. Avec 10 milliards d’euros de dépenses supplémentaires, le déficit devrait donc avoisiner les 110 milliards et franchir la fameuse barre des 3 %.

 

« Si le nouveau gouvernement prenait le risque de ne pas respecter ses engagements sur la dette, le déficit, mais aussi l’assainissement des banques, c’est toute la stabilité financière de la zone euro qui serait menacée », avait lancé Bruno Le Maire à l’Italie, en mai 2018.

 

Aujourd’hui, face au probable dérapage des comptes publics français, Matteo Salvini, vice-président doit surement penser à la fameuse phrase de Lao-Tseu : « Si quelqu'un t'a offensé, ne cherche pas à te venger. Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer son cadavre. » 

 

 
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“GILETS JAUNES” : LE MYTHE DE LA “START-UP NATION” DE MACRON A FAIT LONG FEU

Ces dernières semaines ont marqué l'irruption brutale de la réalité sur le devant de la scène politique et médiatique. Cette réalité est glaçante quant à l'état de la Nation, la détresse des Français et le naufrage des banlieues, bombe à retardement dont le compte à rebours est peut-être arrivé à échéance, explique Laurence Trochu, présidente de Sens commun, conseillère départementale des Yvelines, membre du bureau politique Les Républicains. 

Le peuple français crie qu’il ne veut pas mourir. Il ne veut mourir ni économiquement, ni socialement, ni culturellement. Il ne veut pas mourir en tant que peuple et réclame pour cela une justice sociale aux multiples doléances à travers lesquelles se manifeste un instinct de conservation qui s'appelle la France.

 

On lui reproche alors des revendications floues, on l’enjoint de s’organiser pour trouver les solutions que « la classe politique » n’est plus à même de proposer. Ce ne sont pas les doléances qui sont floues, ce sont les lunettes à travers lesquelles on les regarde. En réalité, cette crise éminemment politique met en évidence les cercles infernaux dans lesquels notre démocratie peut sombrer.

Nous attendons de l’Etat qu’il dispose les conditions pour que les entreprises créent l’emploi et que les Français retrouvent ainsi du pouvoir d’achat. La justice sociale, c’est permettre aux Français de travailler et de vivre dignement de leur travail. 

Cela passe notamment par la fin des normes qui écrasent nos PME-PMI, et par des mesures d’allègement de charges sur les salaires. 

La justice sociale, c’est reconnaître que la politique familiale est un investissement d’avenir et non un compartiment de l’aide sociale.

·         Cela nécessite de préserver le caractère familial de l’impôt sur le revenu et de ne pas s’engager sur la voie du prélèvement à la source qui menace le quotient conjugal.

·         Il s’agit en réalité d’une opération financière d’envergure sur le dos des contribuables, des entreprises, des associations, pour pallier l’écrasante dette sous laquelle croule notre pays.

·          Et la marche forcée qui mène notre communauté de destin, la Nation, tout ce qui nous constitue, vers une individualisation qui isole, qui fragilise.

·         Cela présuppose enfin de supprimer le plafonnement du quotient familial et de rétablir le caractère universel des allocations familiales, et de revenir à la non-imposition de la majoration de pension pour avoir élevé 3 enfants ou plus.

Reste que ces nécessaires mesures ne sont réalistes, c’est-à-dire finançables, que si le gouvernement a le courage d’engager la baisse des dépenses publiques.

 
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« NOTRE DEMOCRATIE EST GANGRENEE PAR L'IDEOLOGIE PROGRESSISTE »

 

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Dans son dernier livre, Laurent Fiés s'attaque à tous les mythes de l'idéologie progressiste dominante. Il déconstruit, un à un, tous les ressorts du discours « politiquement correct ».

Laurent Fiés est agrégé de philosophie, ancien élève de l'École normale supérieure. Il vient de publier Face au discours intimidant. Essai sur le formatage des esprits à l'ère du mondialisme (Éd. Du Toucan, 2018).


FIGAROVOX. - Votre livre déconstruit les ressorts de l'idéologie contemporaine dominante. De quelle « idéologie » s'agit-il ? Et le terme n'est-il pas exagéré, ou trop lourdement connoté ?

Laurent FIDÈS. - L'idéologie dont je parle est multiculturaliste, échangiste, déconstructiviste, elle nous promet un monde sans frontières, sans différences, atomisé, peuplé d'entités négociables et remplaçables. Plusieurs indices me font penser que nous avons affaire à une idéologie plutôt qu'à une doxa, même si elle n'est pas formalisée: le fait que ces idées soient présentées comme des vérités, voire comme des vérités scientifiques (portées par les «sciences humaines» qui jouent ici un rôle spécifique), le déni de réalité (l'idéologie est vraie, c'est le réel qui ment, comme lorsque vous croyez assister au changement de peuple qui se déroule sous vos yeux et que l'on vous explique que ce que vous voyez n'existe pas), la mobilisation de l'appareil idéologique d'État, de l'école primaire (qui inculque l'antiracisme dogmatique comme un catéchisme) à la Justice (qui criminalise les idées non conformes) en passant par l'Université et bien sûr les médias. Mais surtout cette idéologie, comme toute idéologie à toute époque, correspond aux intérêts de la classe dominante : cette hyperclasse d'affairistes et de financiers à laquelle s'agrègent tous les gagnants de la mondialisation ainsi que cette fraction de la petite bourgeoisie urbaine cultivée qui profite des retombées sociétales du système et y trouve en tout cas son compte.

 

Vous parlez d'une « dichotomisation interne » à cette idéologie : qu'est-ce que vous entendez par là ?

J'appelle « dichotomisation interne » une technique de manipulation qui consiste à faire croire à un conflit en opposant simplement deux sensibilités prises au sein d'un même courant. En procédant ainsi, en faussant les lois de la symétrie et en marginalisant les contradicteurs sérieux, le système peut se reproduire à l'infini sans entorse apparente au principe du pluralisme.

 

Les oligarques et les technocrates qui détiennent le pouvoir sans l'avoir conquis ont besoin des formes de la démocratie pour asseoir leur légitimité.

En fait, les oligarques et les technocrates qui détiennent le pouvoir sans l'avoir conquis (leur pouvoir étant d'origine économique) ont besoin des formes de la démocratie pour asseoir leur légitimité. Le problème est donc pour eux d'infléchir la consultation démocratique dans le sens de leur politique, du moins quand le peuple est consulté, ce qui n'est pas toujours le cas (il y a aussi des cas où l'on ne tient pas compte du résultat de la consultation parce qu'il ne va pas dans le sens attendu, comme au référendum de 2005). Pour cela il existe différentes techniques que j'analyse dans le livre. La dichotomisation interne en est une parmi d'autre. Par exemple on s'arrange pour maintenir la fausse division entre deux partis dits «de gouvernement », l'un de droite, l'autre de gauche, qui poursuivent en réalité les mêmes objectifs et ne diffèrent que par les moyens de les atteindre. L'alternance droite-gauche en France, a longtemps fonctionné sur ce modèle. Les voix dissidentes sont marginalisées, comme on l'a fait aux dernières présidentielles en décrétant qu'il y avait de grands et de petits candidats, et que les petits ne méritaient pas un temps de parole équivalent à celui des grands, ce qui manifeste une bien étrange conception de la compétition démocratique. Le mouvement « populiste » actuel déjoue ce procédé dichotomique en renvoyant dos à dos droite et gauche «de gouvernement » pour installer un autre clivage, non plus horizontal, mais vertical, politiquement plus significatif.

 

Certaines idées, à l'inverse, sont « criminalisées » : par qui ? Comment ?

Oui, le discours intimidant est un discours culpabilisant, qui diabolise, criminalise, anathémise, déshonore toute pensée non-conforme en la désignant comme fasciste, négationniste, monstrueuse et pathologique. Le coupable doit en venir à se mépriser, à se regarder comme infâme, indigne d'appartenir à l'humanité, il doit se détester ou se repentir. Vous me demandez par qui les idées non-conformes sont criminalisées ? Je vous répondrai : par les gardiens de la pensée unique, journalistes, enseignants, universitaires, bref, par ceux que vous trouvez à tous les niveaux de l'appareil idéologique d'État. Voyez par exemple comment les journalistes traitent du « grand remplacement » : il faut toujours qu'ils disent «la théorie délirante du grand remplacement » alors que son inventeur, Renaud Camus, dit lui-même qu'il ne s'agit pas d'une « théorie ». Dans un autre genre, voyez l'affaire Sylvain Gouguenheim.

 

Les intellectuels non-alignés ne sont pas si présents que cela.

Ce professeur de l'École normale supérieure de Lyon, spécialiste d'histoire médiévale, avait voulu montrer dans un ouvrage académique que les textes grecs s'étaient transmis non pas principalement par le truchement des savants arabes, mais aussi par une filière latine que les historiens avaient tendance à négliger. Aussitôt une cabale fut organisée contre lui, par voie de pétition, pour l'accuser d'islamophobie. En réalité, beaucoup des signataires n'avaient pas ouvert le livre, la plupart ne connaissaient rien au sujet, et certains d'entre eux publiaient régulièrement des essais engagés à gauche, en qualité d'universitaires, sans trop se soucier pour leur propre compte de «la nécessaire distinction entre recherche scientifique et passions idéologiques » qui figurait dans leur pétition.

 

Certaines voix pourtant se font entendre, et depuis plusieurs années déjà ! Vous les citez : Zemmour, Lévy, Finkielkraut, Bruckner…

En effet, on assiste depuis quelque temps à une libération de la parole, y compris dans les grands médias. Je crois qu'il y a plusieurs raisons à cela. Peut-être d'abord certaines règles du CSA. Sans doute aussi la course aux parts de marché : Zemmour, c'est vendeur ! Et puis les journalistes savent que les idées dominantes ne sont pas majoritaires dans le pays : donc il faut bien aller un peu dans le sens de la majorité, sinon on se coupe d'une grande partie du public. Enfin, simple hypothèse, il n'est pas impossible que certains sentent le vent tourner et se préparent à la suite. Quoi qu'il en soit, tout cela reste sous contrôle. Les intellectuels non-alignés ne sont pas si présents. On en voyait dans l'émission de Frédéric Taddéi, soigneusement programmée en fin de soirée pour en limiter l'impact, mais l'émission a disparu, sans explication bien claire. J'ai beau regarder assez souvent la télévision, je n'y vois ni Alain de Benoist, ni Olivier Rey, ni Chantal Delsol, ni Hervé Juvin, ni Michèle Tribalat, etc. etc. Ceux-là, vous les trouvez sur les médias alternatifs, que dans le Camp du Bien on appelle «la fachosphère ». Tiens, voilà un bel exemple de discours intimidant, n'est-ce pas ?

 

Vous dénoncez aussi un manque de rationalité, paradoxal puisque la plupart des débats de société sont pourtant assis sur des considérations qui se revendiquent de la plus parfaite objectivité scientifique… vous citez notamment, comme exemple, les discussions en matière de bioéthique ?

D'abord, quand on suit les débats médiatiques, on est consterné par tant de confusions et de tant de mauvaise foi. Par exemple l'avortement est présenté comme un « droit fondamental » : ce droit, c'est celui qu'a la femme de disposer de son corps. Il est vrai que c'est un droit fondamental incontestable, mais il concerne essentiellement la contraception. Quand la femme est enceinte, la relation à son corps se complique d'une relation à autrui, autrui étant ce petit être qui est dans son corps mais qui n'y est pas comme une partie corporelle (un organe). C'est là qu'on attend les experts : leur rôle devrait être de poser les problèmes éthiques correctement, rationnellement, pour apporter aux citoyens l'éclairage nécessaire.

 

Beaucoup de mots sont piégés.

Au lieu de cela, ils s'alignent sur l'idéologie dominante. C'est pitoyable. En réalité, il ne faut pas se raconter d'histoires : le droit à l'avortement n'a rien à voir avec l'éthique, c'est un choix de société qui correspond au mode de vie contemporain de la classe moyenne éduquée, urbaine, dans lequel la femme travaille, exerce des responsabilités, aspire à faire carrière, etc. On peut concevoir que la société ne soit pas prête à faire un autre choix, mais de là à se cacher derrière un « droit fondamental », c'est vraiment donner dans la sophistique. On voit ici qu'il y a des tabous. Je pense que ce n'est pas sain. Les gens devraient être au clair sur des questions qui les concernent autant.

 

Comment la langue se fait-elle également l'instrument de ce « discours intimidant » ?

Nous sommes un peu manipulés par les mots, mais c'est compréhensible. Il est difficile, quand nous utilisons de façon habituelle un cadre posé par convention, de ne pas croire à la réalité intrinsèque de cette convention. Les gens qui exercent le pouvoir connaissent toute l'importance de la sémantique. Il n'est pas innocent de dire « extrême-droite » tandis qu'on dit «la gauche de la gauche » pour éviter « extrême gauche ». Personne n'a envie de se voir coller l'étiquette « extrémiste », parce qu'un extrémiste est un personnage violent, avec lequel il est impossible de discuter. On crée aussi des mots comme « europhobe » pour faire croire que ceux qui détestent la technostructure eurocratique sont des ennemis de la belle idée d'Europe, alors que c'est l'inverse qui est vrai : quand on aime l'Europe on est amené à détester cette organisation stérile qui l'affaiblit et la condamne à l'impuissance. Il y a bien d'autres mots piégés. Même le mot « français » est devenu trompeur puisqu'on parle de « djihadistes français », comme si le djihadisme et la francité ne s'excluaient pas mutuellement de manière flagrante. Il y a également une manière d'utiliser les mots qui vise à ce que les choses ne puissent pas être nommées. On parle ainsi des « jeunes » des « quartiers sensibles ». C'est une sorte de langage crypté à la Orwell. Cela pourrait être assez drôle si ces manières de parler n'étaient pas aussi des manières de penser. De nos jours, l'enseignement fait beaucoup de dégâts en fabriquant une pensée stéréotypée, une « pensée par slogan » qui n'est pas du tout une pensée, mais qui relève par contre d'un authentique endoctrinement.

 

Récemment, on a vu Marc-Olivier Fogiel, qui pourtant a eu des enfants par GPA alors même que ce procédé est interdit en France, faire le tour des médias avec la bienveillance des journalistes. Mehdi Meklat vient à présent aussi de faire part de sa rédemption, avec l'indulgence du public… quand on est dans le bon camp, tout est permis ?

Qu'il puisse y avoir deux poids, deux mesures, cela ne fait aucun doute. Mais je suis favorable par principe à la plus grande liberté d'expression et j'approuve donc que Marc-Olivier Fogiel puisse donner son avis. Ce que je regrette, c'est plutôt l'absence de vrai débat. On parle beaucoup de la GPA et moins de la PMA. Or, voyez-vous, il me semble que le principe de la PMA est au moins aussi discutable. En effet dans « procréation médicalement assistée », il y a le mot « médical ».

 

Aujourd'hui l'enseignement crée une « pensée par slogan ».

Que je sache, la médecine a pour rôle de soigner et les homosexuels ne sont pas assimilables à des malades, sinon quelque chose m'a échappé. Quand je dis « soigner », j'inclus la palliation des défaillances de la nature, comme l'infertilité. Mais dans le cas d'un couple homosexuel, je pense qu'on a en vue autre chose : un droit à l'enfant, vu comme un droit au bonheur familial. Je me demande alors comment on peut justifier le glissement du « désir d'être heureux » vers le « droit au bonheur », un droit que la société aurait nécessairement à charge de satisfaire. En fait, l'institution du « mariage pour tous » entraîne l'application du principe d'égalité juridique à des situations qui sont par essence dissemblables ; d'où les problèmes philosophiques et éthiques que cela soulève. Mais qui pose ces questions dans le débat public ? En tout cas je crois que sur des sujets aussi sérieux, nous ne pouvons pas nous contenter de témoignages émouvants. Nous avons besoin d'une pensée construite et argumentée. Nous avons besoin de rationalité. Nous souffrons beaucoup, en démocratie, du triomphe du pathétique sur la pensée méthodique, patiente, construite, démonstrative.

 

Ce « camp dominant », et les vérités qu'il impose à la collectivité, a-t-il définitivement eu raison de notre modèle de civilisation ?

Je dirais plutôt que le discours intimidant affaiblit nos défenses immunitaires. Plus nous l'intériorisons, plus nous devenons vulnérables. Beaucoup de gens admettent aujourd'hui qu'il faut respecter les religions, toutes les religions, comme si l'irrespect dans ce domaine n'était pas un des marqueurs de notre civilisation. Une difficulté majeure, que ne connaissent pas les pays d'Europe de l'Est, est la confiance naïve dans notre dispositif de citoyenneté. C'est un dispositif inclusif, au sens de l'inclusion politique, mais point du tout au sens de l'inclusion culturelle. Or on voit bien qu'aujourd'hui le problème majeur est d'ordre culturel. On se trompe pareillement sur la fonction de la laïcité : la laïcité n'est pas du tout interventionniste culturellement, c'est simplement un principe de neutralité dans la sphère publique qui est elle-même autre chose que l'espace de la société civile. En revanche, la neutralité qu'elle impose peut parfois se retourner contre nos traditions culturelles, comme les crèches dans les écoles, etc. En réalité, rien de ce qui est propre à la citoyenneté ne s'applique directement aux problèmes culturels, c'est ce qu'il faut bien avoir à l'esprit. Ma thèse là-dessus est que nous avons une conception juridique et formelle de la citoyenneté qui n'est plus adaptée aux problèmes que nous rencontrons - pas seulement d'ailleurs au niveau de la pression migratoire, mais à d'autres niveaux également. À cette conception juridique et formelle, j'oppose la politique au sens fort du terme, qui concerne l'action efficace, la « décision qui institue », la souveraineté territoriale, etc. Je pense d'ailleurs qu'il y a dans le populisme une espèce de revanche du politique sur le juridique, qui prend la forme d'une contestation de « l'État de droit ». Je ne dis pas que c'est forcément une bonne chose, mais je l'analyse comme un phénomène assez remarquable.

 
Vign_Tetreau

 

CHANGEONS DE PRIORITE : LE REGALIEN D’ABORD, ET NON UN AGENDA TECHNOCRATIQUE

 

Le chef de l’État doit renoncer à l’augmentation des taxes sur les carburants ainsi qu’aux réformes de société qui divisent les Français et se concentrer sur les questions qui les rassemblent : l’ordre public, la lutte contre l’immigration clandestine et la défense de la laïcité,

 

plaide l’essayiste : Tetreau, Edouard : Dernier ouvrage paru : « Au-delà du mur de l’argent » (Éditions Stock, 2015).

 

Dans la vie d’un homme comme d’une nation, les dynamiques de succès et d’échec sont tout sauf linéaires. La spirale d’échec que connaît l’exécutif français depuis l’été est aussi vertigineuse que la spirale de succès fut exponentielle pour la campagne d’En marche! et la première année de la présidence Macron. Or, cette spirale d’échec, largement autoentretenue, menace d’embraser tout le pays.

 

On pourrait dénoncer ad nauseam toutes les erreurs des précédents mois, qui amplifient le chaos du moment. La liste serait longue, entre l’arrogance technocratique des uns et l’amateurisme déconnecté des autres ; les excès de verbe et les insuffisances de l’action ; une pratique jacobine du pouvoir alors que la campagne présidentielle s’appuyait sur les idées et initiatives du terrain ; l’agenda international privilégié à l’excès, pour de piètres résultats, au détriment des priorités nationales ; la faiblesse de certains ministres et l’excès de puissance de la caste de Bercy ; les cabinets épuisés et trop étroits ; des députés méritants mais pilotés comme des robots par un algorithme qui aurait perdu le nord.

 

La critique est aisée, surtout quand on n’a jamais exercé de responsabilités politiques. Ou, pire encore, quand on les a si mal exercées ces dernières décennies. Elle ne sert à rien. Cherchons plutôt la solution.

 

Pour sortir d’une spirale d’échec, il faut non pas persévérer dans l’erreur, mais retrouver sa promesse initiale : celle pour laquelle on est fait. Celle qui a permis le succès.La promesse initiale d’Emmanuel Macron, le seul candidat à porter un espoir en 2017, était la suivante : reconstruire, avec bienveillance et détermination, l’unité d’un pays en miettes.

 

Réconcilier des Français qui ont le génie de la division. Et les préparer non pas pour la « mondialisation » comme on amènerait un veau à l’abattoir ; mais aux défis du XXIe siècle, au moment où ceux-ci se précipitent dangereusement. L’effondrement du principe d’autorité et la fragilité de l’ordre public en France ; la guerre à nos portes en Ukraine ; le réchauffement climatique irréversible, à anticiper plutôt qu’à combattre comme des Don Quichotte ; la certitude d’un krach financier avant la fin du quinquennat ; la pression migratoire ; le retour des nations dans l’ordre mondial ; la lèpre islamiste : les défis vitaux ne manquent pas.

 

Aucun d’entre eux ne sera relevé sans l’assentiment du peuple français. Revenir à la promesse initiale de bienveillance et d’unité du pays, cela signifie faire le deuil des promesses et mesures les plus clivantes, et les moins compréhensibles.

·         La priorité est de renoncer à la taxe carbone sur l’essence, aussi socialement injuste qu’écologiquement et industriellement inefficace.

·         Renouer avec la promesse initiale d’unité du pays, c’est ensuite abandonner des engagements pris un peu trop vite à la demande d’associations qui défendent des réformes qui divisent la société française.

·         S’agissant de la GPA, comment la qualifier, sinon comme la location de ventres de femmes pauvres par des hommes aisés ? Ce nouvel esclavage mondial du corps des femmes par l’argent, doublé de la violence exercée à l’encontre d’enfants soustraits à leur mère, nous éloigne beaucoup de la défense des femmes au XXIe siècle. Sur la « PMA pour toutes », les choses sont plus complexes.

·         Le déficit démographique français, l’infertilité croissante dans les pays développés, une technique qui, contrairement à la GPA, ne porte pas atteinte à la dignité de la femme ou ne provoque pas sa marchandisation doivent faire réfléchir.

·         Mais enfin, la priorité du moment est-elle vraiment d’ouvrir cette machine à fabriquer des orphelins de père, et à mettre par terre le droit français de la filiation, comme l’indiquait le rapport remarquable du Conseil d’État à ce sujet ?

 

Chacun sent que nous vivons ces jours-ci un moment de bascule pour l’exécutif en place, et donc pour le pays.

 

Disons-le nettement :

·         s’obstiner à poursuivre un agenda technocratique hors-sol auquel plus personne ne comprend rien, au détriment de l’ordre public et de la justice sociale ;

·         satisfaire des revendications catégorielles qui ne coïncident pas nécessairement avec l’intérêt général ;

·         exercer un pouvoir aussi jacobin que parisien au siècle des réseaux et du retour des territoires : voilà qui fera gagner le chaos et perdre la République.

 

Sans un changement radical de ses priorités, de sa méthode et de ses équipes, le

candidat de la bienveillance, de l’unité et de la réconciliation françaises deviendra le président de toutes les injustices, les désunions et les violences dont l’histoire de notre pays regorge. Il est minuit moins cinq, Monsieur le Président.

 

 
Vign_Le_coup_de_com_permanent

BENEDETTI : «LA COLERE DE MELENCHON VA BIEN AU-DELA D'UN COUP DE SANG OU D'UN COUP DE COM' »

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - Pour Arnaud Benedetti, la réaction de Jean-Luc Mélenchon concernant sa perquisition n'est pas une simple stratégie de communication. C'est surtout le reflet d'une tendance de fond : la méfiance et le rejet des institutions

Arnaud Benedetti est professeur associé à l'Université Paris-Sorbonne. Il vient de publier Le coup de com' permanent (éd. Du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d'Emmanuel Macron.

C'est un moment. Un moment qui électrise tout une petite société, l'hinterland de l'histoire sans doute mais dont on mesure qu'il pourrait annoncer des vents très forts, si jamais à force de déceptions, d'échecs, et de maladresses, les offres politiques de gouvernement ne parvenaient plus à endiguer les mécontentements et autres ressentiments.

 À la semaine survoltée de Monsieur Mélenchon, rien ne serait plus hypothétique que d'y plaquer une grille de lecture exclusivement conjoncturelle. Par-delà les faits, le buzz, les images, les polémiques et autres controverses, les indignations mimétiques des uns opposées et répondant aux outrances des autres, c'est à une autre interprétation que nous devons peut-être nous essayer Quelque chose de plus révélateur des tectoniques politiques profondes en vient sans doute à ébranler la scène démocratique. L'insoumis est peut-être écrasé par sa colère, par son talent qu'il sait grand également, mais un autre facteur structure sa vision des choses. Le calcul est indexé sur une anticipation dont la rationalité opère au carrefour de la sociologie et de la politique. On aurait tort de tout réduire au prisme du jugement communicant immédiat les dernières sorties du héraut de l'insoumission.

Il faut voir loin, haut et avec l'élan nécessaire, ce qui se joue dans le bras de fer qui s'est noué depuis une semaine entre Monsieur Mélenchon d'un côté, le pouvoir, l'appareil judiciaire et les médias de l'autre. Dans le fond, le leader tribunitien convoque les forces irréductibles des événements. La radicalisation sémantique et comportementale à laquelle il s'adonne repose sur une appréciation donnée de la situation : les fractures sociales, le sentiment croissant d'injustice, le rejet des élites offrent un terreau propice à tous les incendies.

En bon observateur de la chose révolutionnaire, il sait que la politique n'est que l'allumette de l'histoire. Jean-Luc Mélenchon spécule sur un bouleversement de ce que Tocqueville appelait « l'état des mœurs », c'est-à-dire cette assise aussi mentale que morale qui rend acceptable des institutions, modère, pour reprendre le mot de Machiavel « l'humeur » des peuples, instaure une forme de mesure dans l'expression des rapports de force au sein de l'espace public. Le déploiement policier, assez exceptionnel au demeurant, dont son mouvement a été l'objet traduit paradoxalement l'immodération qui vient, y compris dans le fonctionnement des institutions.

L'ancien magistrat Hervé Lehman a souligné avec pertinence dans ces mêmes colonnes la dimension exorbitante des moyens qui ont accompagné la perquisition au regard des faits reprochés au leader de « La France insoumise ».

Tout se passe comme si de part et d'autre les conditions d'exercice et d'acceptabilité de la démocratie libérale vacillaient, tant dans la pratique des institutions par ceux qui en sont les dépositaires que dans leur appropriation par les opinions. C'est bien plus qu'une séquence qu'illustre à sa façon le coup de sang de Monsieur Mélenchon mais un moment où se cristalliserait et se visualiserait l'annonce d'une bascule. En d'autres termes et sur un autre ton, mais avec une identique certitude, inquiète cette fois, le Président de la République n'a rien dit d'autre lors de son allocution post-remaniement en recourant à une rhétorique explicitement dramaturgique pour caractériser les temps que nous traverserions, quand bien même sa lecture s'appliquerait prioritairement à l'évolution d'une Europe dont il se rêve en sauveur.

Tout se passe comme si l'inaltérable sentiment de solidité de notre ancrage institutionnel se désagrégeait sous nos yeux. Du fin fond de cet « entre-deux », entre l'à-bout-de-souffle d'un régime et l'indicible de temps encore informes, prospère ce que les élites, au prix de leurs pires cauchemars, désignent sous le vocable volontairement dépréciateur de « populisme ». Passé les premières émotions et réprobations portées par l'instantanéité médiatique le travail de sape, inexorable, continuera sa métastase. C'est ce constat qui fonde le pari de Jean-Luc Mélenchon : le moment est venu d'accélérer dans une atmosphère de décomposition que tout le monde pressent mais n'ose sur le fond reconnaître et regarder en face. Lui, Mélenchon ne doute pas de son diagnostic ; à tort ou à raison, à la roulette des événements, il est le « joueur » qui, emporté par son intuition, mise gros pour s'approprier tous les gains. Il ne construit pas sur l'instant mais sur la dynamique dont il estime qu'imprévisible par nature, elle est habitée néanmoins par un rejet grandissant des vieilles structures dont le « nouveau monde » ne serait que la queue de la comète. C'est à cette liquidation Mélenchon estime que si le populisme a un avenir en France, c'est en partant de la gauche qu'il se prépare, non sans audace, estimant que si le populisme a un avenir en France c'est en partant de la gauche, de son imaginaire qui en dépit de toutes ses erreurs historiques n'en demeure pas moins « fréquentable », à l'inverse de son jumeau qui à droite resterait enfermé dans l'enfer de la désapprobation. À ce jeu, Mélenchon ne gagnera peut-être pas mais il aura apporté sa contribution essentielle à «la cause du peuple » dont il se veut le porte-voix. Se moquant de la com', il la piétine dans ce qu'elle dit de la bienséance des institutions, des convenances auxquelles elle s'attache pour préserver l'ordre systémique des tenants d'une pensée consensuelle, mollement définitive, quasi-unique. Il réintroduit la politique dans ce qu'elle exprime de conflictualité et de rapports de force à vif contre une politique de basse intensité, d'usage prioritairement technique et d'alternatives faibles.

C'est à l'aune de la durée, et non le nez sur le sismographe de l'instant "T" qu'il faudra évaluer le coup d'éclat de Monsieur Mélenchon.

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Vign_Rioufol

MACRON, AFFAIBLI, S’ISOLE DANS UNE IMPASSE

Ivan Rioufol

 

Le spectacle politique mis en scène par Emmanuel Macron laisse voir ses faussetés. À vouloir séduire à gauche et à droite, le président s’embrouille et se raidit.

 

Sa pensée « complexe » est un trompe-l’œil.

C’est cette mascarade que Nicolas Hulot a dénoncée, mardi sur France Inter, en improvisant sa démission du ministère de la Transition écologique. « Je ne veux plus me mentir », a confessé l’ancien animateur de télévision, libéré de son marionnettiste.

 

Lundi, devant la Conférence des ambassadeurs, Macron a salué pour sa part « le retour des peuples […] », à la manière des populistes. Dans un discours fleuve, le président a multiplié néanmoins les attaques contre les « nationalistes », qui sont les révélateurs de ce réveil des identités.

 

Or ce double jeu est devenu inopérant :

 

l’écologie déclamée en slogans ne peut produire que du toc ; la dénonciation de la « lèpre qui monte » n’est pas conciliable avec la flatterie des Oubliés.

 

Le cynisme présidentiel conduit à une impasse.

 

Devant les diplomates, le chef de l’État a cité aussi Alexandre Soljenitsyne et son discours de Harvard, prononcé il y a quarante ans. Le dissident russe y faisait le diagnostic du « déclin du courage » de l’Occident, que Macron dit vouloir enrayer. Mais l’enrôlement de l’écrivain est un contresens. L’« humanisme progressiste » dont se prévaut le chef de l’État est une idée qu’étrillait Soljenitsyne : il y voyait la source du désastre de l’Occident matérialiste et coupé de toute transcendance. Macron cherche à diaboliser le Hongrois Viktor Orban et ses alliés d’Europe de l’Est, mobilisés contre l’immigration de masse et pour la souveraineté des peuples. Cependant, c’est Soljenitsyne qui déclarait : « On ne peut nier que les personnalités s’affaiblissent à l’Ouest, tandis qu’à l’Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. » Macron combat ceux que le dénonciateur du goulag aurait défendus.

 

Trop de postures dissemblables font du président prodige un jongleur maladroit.

 

Macron aurait gagné à embrasser la cause des révoltés. Se devine chez lui le regret de n’avoir su déceler à temps l’ampleur du retour des nations à leur « psyché profonde ». Le président aurait fait un leader inspiré s’il avait su s’émanciper de ses souffleurs adeptes de la mondialisation heureuse, de l’Europe souveraine, du tout-économique. Ses actuelles contorsions pour tenter de reprendre pied dans l’Histoire des hommes, qui échappe aux technocrates et aux experts, révèlent l’agilité d’esprit que les Français lui connaissent. Mais son numéro d’équilibriste est balourd. Macron paie son entêtement orgueilleux à ne rien vouloir conclure de la crise existentielle décrite ici cent fois. Son flirt avec les chasseurs, goutte d’eau qui a poussé Hulot à claquer la porte, n’est qu’une vieille ficelle politicarde destinée à faire oublier le président des villes, éloigné des campagnes et des traditions. Le délitement du macronisme, cette illusion d’optique, est amorcé.

 

Macron aurait une occasion de reprendre la main et de montrer son courage en se saisissant des dossiers brûlants liés à l’immigration de masse, à l’islamisation des cités ou à la nouvelle violence gratuite. Car enfin, quand Hulot explique, parlant de l’environnement : « Je ne comprends pas que nous assistions à la gestion d’une tragédie bien annoncée dans une forme d’indifférence », de semblables propos pourraient être tenus plus dramatiquement concernant la nation et son effritement. Nicolas Sarkozy n’a pas tort quand il explique, mardi : « Qu’il y ait M. Hulot ou pas, la question de l’immigration est centrale […] , la question du montant des impôts qu’on paie est centrale. » Certes, nombreux sont ceux qui auraient aimé que l’ancien président ait eu cette lucidité quand il était au pouvoir.

 

Mais le rejet du mensonge et des artifices, qui a motivé Hulot à arracher le masque écolo de Macron, reste la clef pour entrer dans le monde de demain.

 

Pourtant, le chef de l’État s’est condamné à ne rien faire, sinon insulter les Français qui seraient « réfractaires au changement ».


Posture puérile

Macron est dans l’impasse car il ne peut emprunter la voie royale de la protection des nations et des peuples qui porte les affreux populistes. Son affrontement avec le couple hungaro-italien, Viktor Orban-Matteo Salvini, promet d’être de plus en plus vif jusqu’aux européennes de mai 2019. Ce bras de fer oblige Macron à contredire les deux leaders nationalistes, y compris sur des évidences. Pour Orban, Macron est le « chef des partis promigrants » : une étiquette que le chef de l’État français assume dans un défi d’enfant blessé. Mercredi, en visite au Danemark, il a même déclaré : « Le vrai Danois n’existe pas. Il est déjà européen. C’est aussi vrai pour les Français. » Reste que cette réaction puérile et bravache donne tout loisir à l’opposition d’isoler un peu plus Jupiter affaibli. Après la déconvenue d’une partie de la droite, échaudée par les pratiques népotiques de Macron dans l’affaire Benalla, voilà une partie de la gauche prise à son tour par le doute après les désillusions avouées du ministre écolo. Le socle tremble.

 

La réalité ne fait rien, de surcroît, pour contredire ceux qui accusent l’immigration de masse de créer chômage et violence. En Grande-Bretagne, le chômage est au plus bas depuis quarante ans et les salaires repartent à la hausse pour compenser l’immigration en baisse : un phénomène qui commence, ici et là, à ébranler la gauche immigrationniste. Partout en Europe, l’insécurité liée aux « migrants » se vérifie. En Saxe (Allemagne de l’Est), ces situations de tensions suscitent des rejets affichés de l’étranger. En France, les violences gratuites sont en forte augmentation : le ministère de l’Intérieur comptabilise plus d’un millier d’agressions chaque jour. Porte de la Chapelle, à Paris, le collectif Solidarité migrants Wilson a jeté l’éponge devant une situation devenue « explosive ». La loi du couteau contredit les discours des statisticiens, qui assurent que la violence baisse. Accuser les « nationalistes » de tous les maux est une défausse qui ne trompe plus guère.

 

Scandale des éoliennes offshore

La protection de la nature ne fait pas bon ménage avec le « progressisme » Vert, prêt à saccager des paysages au nom d’une idéologie.

 

C’est Hulot qui a notamment accéléré le programme des éoliennes, cette « escroquerie intellectuelle et politique » dénoncée par l’écologiste Antoine Waechter. D’affreux champs d’éoliennes de 200 mètres de haut sont également prévus sur des espaces maritimes vierges et visibles des côtes littorales. Cette pollution visuelle, avalisée par Hulot, est un scandale.

 

Le gouvernement osera-t-il y mettre fin ?

 

 
Vign_Hulot

NON, HULOT N’A PAS RÉSOLU LE DOSSIER NDDL

Même sur l’action de Nicolas Hulot dans le dossier de Notre-Dame-des-Landes, il y a de quoi être perplexe. En tout cas, il est parti avant de finir le travail…

Faire ou ne pas faire l’aéroport a été tranché, mais contrairement aux commentaires parisiens, l’ex ministre de la Transition écologique laisse un dossier en plan, ou du moins au goût d’inachevé…

Que le porte-parole du gouvernement salue l’action de Nicolas Hulot sur Notre-Dame-des-Landes, rien d’étonnant. Com politique oblige, avec son lot de raccourcis, de contre-vérités ou de mensonges par omission. Mais que beaucoup de médias parisiens, pour ne pas dire tous, sans aucun recul, mettent au crédit du bilan du ministre démissionnaire d’avoir solutionné le dossier de Notre-Dame-des-Landes, traduit, pour le moins, un manque de distance, de maîtrise et de sérieux.

Certes, Nicolas Hulot a forcé Emmanuel Macron et Édouard Philippe à prendre enfin une décision de faire ou de ne pas faire cet aéroport. En l’occurrence l’abandon. Ils ont squeezé des jugements et un vote, fâché un camp, mais au moins, ils ont percé le kyste.

Pour autant, le dossier NDDL est-il refermé ?

Toutes les problématiques sont-elles réglées ? ÉVIDEMMENT QUE NON.

Une évacuation partielle, la réouverture de deux routes et la signature d’un temporaire pacte de non-agression avec quinze zadistes ne doivent pas cacher bien d’autres conséquences toujours incertaines. Il est tout simplement faux de dire aujourd’hui que NDDL est « solutionné ». Vu de Paris peut-être, mais la réalité est différente, plus complexe, plus nuancée.

DOUBLEMENT FAUX

Faux pour une première raison. La Zad reste bancale. Un tiers des lieux squattés a été détruit, mais la question des habitats encore debout n’a pas progressé, la répartition des terres se reposera cet automne, des conflits d’usages persistent, la présence de certains zadistes en activité n’est toujours pas légitimée, des « radicaux » y ont toujours leur repère. Et à moins de se voiler la face, une partie de la Zad gardera toujours un pied en marge de l’État de droit.

Faux pour une seconde raison. Où en est le volet « aéronautique » de l’après-NDDL ? Là, absolument rien de rien n’est dénoué. À ce jour, et sans doute pour quelques années encore, l’État n’ouvre aucune piste concrète pour Nantes-Atlantique. À l’exception d’un hypothétique calendrier. Mais sans aucune assurance sur la faisabilité d’un réaménagement à long terme, le financement, l’avenir du concessionnaire actuel, les compensations promises, les protections des riverains.

Pour l’aéroport actuel, les perspectives sont floutées. Idem concernant les mobilités dans l’Ouest, dont quelques vagues pistes ont été ébauchées dans un rapport peut-être déjà rangé dans un tiroir.

Alors la vérité est que Nicolas Hulot quitte le ministère de l’Écologie, qui est aussi celui des Transports, en laissant un goût d’inachevé.

Christophe JAUNET.

 
Vign_Nicolas_Lecaussin

L’AMERIQUE DE TRUMP, C’EST 4,1 % DE CROISSANCE !

 

Si le président américain est sans cesse conspué pour ses tweets et ses provocations, il obtient cependant des résultats économiques remarquables, argue le directeur de l’Iref (Institut de recherches économiques et fiscales).

Nicolas Lecaussin,

 

On pourrait publier des livres avec les moqueries et autres railleries à l’adresse du président Trump. Journalistes, analystes, spécialistes ou politiques s’en donnent à cœur joie, à chaque tweet c’est reparti !

 

Tout ce monde aurait dû se rendre compte depuis longtemps que nous ne sommes pas vraiment au cirque, malgré les déclarations et tweets provocateurs dans le style bien connu de Trump. La rencontre récente avec le président de la Commission européenne Juncker a révélé un président qui ose demander la liberté totale des échanges commerciaux entre l’Europe et l’Amérique et la fin des subventions (« No tariffs, no barriers and no subsidies ! »).

 

Du jamais vu !

 

Même Reagan ne s’y serait pas aventuré. Ce qui confirme que, contrairement à ce qu’on pouvait dire ou écrire ici ou là, Trump est bien un vrai libéral adepte du libre-échange. En fait, il est en train de faire exploser un système hypocrite basé sur des tarifs douaniers et des réglementations plus ou moins cachées, protégés par des organisations bureaucratiques internationales. Il semble avoir convaincu Juncker, au moins en partie, et il est en train de faire la même chose avec le Nafta (traité de libre-échange nord-américain) et avec la Chine, quitte à forcer un peu la main de ses dirigeants. Trump a été le premier à dénoncer les méthodes commerciales chinoises et la façon dont les entreprises étrangères sont malmenées et espionnées quand elles s’installent en Chine. Les leaders chinois ont cru jusqu’au dernier moment que Trump allait renoncer à ses menaces. Espoir perdu, il n’en a rien été.

 

Et cette politique marche ! La suppression des réglementations et la baisse massive de la fiscalité ont stimulé l’économie américaine. Le taux de croissance économique a été de 4,1 % au deuxième trimestre et de plus de 3 % en rythme annuel. L’investissement des entreprises a augmenté de 6,3 % en 2017 et de 9,4 % dans la première moitié de l’année 2018. L’emploi est pratiquement en surchauffe en Amérique. Le taux de chômage est descendu à 3,8 % (mai) et les employeurs ont de plus en plus de mal à embaucher. Impressionnantes sont aussi les statistiques concernant les minorités. Le taux de chômage de la population noire est tombé à 5,9 %, ce qui ne s’était jamais produit depuis que ces données existent (1972) ! Et celui des hispaniques est à seulement 4,9 %. Les inscriptions au chômage atteignent le niveau de… 1973. Autre point crucial : comme les entreprises manquent de main-d’œuvre, elles ont de plus en plus tendance à embaucher des jeunes à partir de 16 ans. Et selon le Labor Department, leur taux de chômage est extrêmement bas : 13,9 % pour les 16-19 ans, 7,2 % pour les 20-24 ans

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Les revenus des Américains ont augmenté de 3,4 % au premier trimestre et la hausse va continuer grâce à la baisse des impôts. En moyenne, les ménages vont payer, en 2018, 2 000 dollars d’impôts de moins qu’en 2017. Les entreprises ont aussi largement profité de la baisse de l’IS (impôt sur les sociétés) de 35 % à 21 %. Environ 600 grandes entreprises ont déjà accordé des primes et des hausses de salaires à leurs employés. Le 25 mai dernier, Trump a signé trois décrets qui donnent la possibilité à l’administration fédérale de licencier très facilement les fonctionnaires qui ne sont pas performants. C’est une réforme très concrète. Le président américain a aussi affaibli le pouvoir des fonctionnaires syndicalistes, dont le temps consacré aux activités du syndicat est de plus en plus limité : pas plus de 25 % du temps de travail. Quand on pense à nos syndicalistes à temps plein payés par l’administration… De même, les embauches des fonctionnaires fédéraux se feront de manière transparente, les contrats seront même publiés en ligne, afin de court-circuiter les syndicats. L’année dernière, plus de 2 500 fonctionnaires fédéraux ont été licenciés, 80 % de plus qu’en 2016. Rappelons que l’Amérique compte 3,6 millions de fonctionnaires fédéraux pour une population de 326 millions d’habitants. En France, nous avons 2,4 millions de fonctionnaires d’État pour 67 millions d’habitants.

 

Mais Trump n’obtient pas seulement des résultats économiques. Il est devenu le garant des valeurs conservatrices et un rempart contre le « progressisme » ambiant. Il veut en finir avec la plaie de la discrimination positive dans les universités américaines et avec les dérives du politiquement correct. Les juges qu’il a nommés à la Cour suprême seront les défenseurs de ses idées et, vu les sondages, la population américaine semble de plus en plus acquise à sa politique. Tout n’est pas gagné mais quels changements et quelles réformes pour quelqu’un considéré comme un « demeuré » !

 

Pendant ce temps, en France,

·         la croissance économique au deuxième trimestre est à… 0,2 %.

·         Le taux de chômage, lui, est remonté à 9,2 % au premier trimestre,

Ce qui place (Eurostat) notre pays en 25e position parmi les 28 membres de l’Union européenne  !

 

Qu’importe !

 

À défaut de croissance, Alexandre Benalla passe au « 20 Heures », le peuple et les chômeurs peuvent dormir tranquilles.

 
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COUPE DU MONDE ET BENALLA : FUTILITES !

Luc Ferry : Le Figaro,2 août 2019

 

Pour déplaisante qu’elle soit par ce qu’elle révèle du fonctionnement monarchique de l’Élysée, l’affaire Benalla n’a malgré tout qu’un intérêt relatif.

À force de prendre le contre-pied du président normal, Macron s’est vraiment pris pour Jupiter. Qu’on le lui reproche est légitime.

C’était une erreur et une faute.

Pour autant, si l’on considère les vrais problèmes de la France, l’affaire Benalla ne vient pas au premier rang.

 

J’ai voté pour François Fillon parce qu’il avait à mes yeux non seulement le meilleur programme, mais le seul qui fût capable de redresser la situation du pays. Que ce soit sur la dette, sur l’islamisation galopante des banlieues ou le rapport à la Russie, Fillon avait à la fois l’expérience et la lucidité.

 

Depuis, je suis au regret de dire que nous nous perdons chaque jour davantage en futilités.

 

·         La Coupe du monde de foot ? Très bien, mais ce n’est pas avec ça qu’on va reconstruire l’Europe ni diminuer le chômage, qui continue d’augmenter en même temps que la dette.

·         Les JO à Paris ? Une futilité de plus si l’on songe aux milliards qui vont être engloutis dans du divertissement au moment où la Chine et les États-Unis construisent des entreprises géantes, les Gafami et les BATX, qui vont rabaisser nos pays européens au rang de colonies vassalisées.

 

Mes amis libéraux s’ébaubissent d’admiration parce que notre président aurait eu le « formidable courage » de toucher au Code du travail ainsi qu’à ce nouveau mammouth qu’est devenue la SNCF.

Soyons sérieux !

Attendu que l’opposition était laminée, provoquer des syndicats et un PS exsangues n’avait rien de courageux. Au contraire, en agitant des marqueurs étincelants de l’opposition droite-gauche, le marché du travail et le statut de cheminot, Macron ne prenait qu’un seul et unique risque, celui de récupérer la partie libérale et proeuropéenne d’une droite républicaine naïvement enthousiasmée à l’idée qu’on allait enfin prendre des mesures que ni Chirac ni Sarkozy n’avaient eu le courage de mettre en œuvre.

 

On me permettra quand même de rappeler que l’opposition à laquelle se heurtaient Sarkozy et Chirac, c’était autre chose qu’aujourd’hui !

Le PS était encore en état de marche. Il l’était même assez pour conduire un Hollande à l’Élysée!

Quant à La France insoumise, il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu’elle joue le rôle bien inoffensif de faire-valoir pour l’Élysée.

 

Autrement dit, loin d’être courageuses, ces mesures étaient avant tout politiques et intéressées.

Si notre président s’était vraiment soucié d’améliorer la situation de la France, il aurait commencé son quinquennat en réduisant la dette, ce qui eût été autrement plus utile, mais aussi infiniment plus difficile, donc réellement courageux.

 

Au lieu de cela, l’État va augmenter encore ses dépenses, bien obligé qu’il va être de prendre en charge la suppression de la taxe d’habitation (entre 10 et 20 milliards par an), ainsi qu’une bonne partie de la dette de la SNCF, étant donné qu’il est impossible d’ouvrir une entreprise à la concurrence quand elle est plombée de 50 milliards, ce qui lui ôte les moyens d’investir pour être compétitive face à la concurrence. En clair, la réduction de la dette n’est ni pour maintenant, ni pour demain. Que pèse le 1,5 milliard investi (et encore, il était déjà budgété par Hollande !) dans l’intelligence artificielle quand l’État s’apprête à prendre en charge pas loin de 60 milliards d’euros pour la SNCF, la taxe d’habitation, les JO et quelques autres bricoles ? Les choix budgétaires échappent aux scanners de l’opinion publique, qui ignore à peu près tout dans ce domaine. Ils sont pourtant au plus haut point, significatifs des options politiques les plus fondamentales.

 

Or je le dis posément, les choix du pouvoir actuel ne sont pas les bons. L’urgence absolue eût été de réduire la dette, d’arrêter définitivement tout élargissement de l’Union européenne pour refonder enfin une Europe avec les neuf ou dix pays qui ont le niveau économique et démocratique pour y parvenir. Il aurait fallu commencer par proposer la mise en place, contre l’absurde traité de Maastricht, d’une harmonisation fiscale et sociale entre ces pays afin que :

·         nous cessions de nous tirer la bourre sur les règles du marché et non seulement sur les biens ;

·         et 2) l’Union européenne devienne ou redevienne une Europe puissante capable d’investir dans la troisième révolution industrielle, celle de l’intelligence artificielle et du numérique.

 

Au lieu de cela, notre président ne pense qu’à casser la droite en deux quand il ne joue pas à téléguider Rambo.

 

Futilités…

 
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Mensonge ou incompétence et peut-être les deux : Nicolas Hulot persiste et signe

Il y a deux mois, la Cour des comptes avait dénoncé la facture des ENR. Le président du SER tempère : « La baisse des coûts est maintenant spectaculaire. Pour le moment, on a encore besoin d’incitations pour lancer de nouveaux projets. Mais bientôt ce sera rentable sans. Selon la Cour des comptes, le soutien va d’ailleurs décroître à partir de 2027. » Nicolas Hulot confirme le raisonnement : « La France investit 5 milliards d’euros par an environ en soutien au développement des ENR. Ce soutien est nécessaire pour faire décoller les filières. Mais il y a bientôt des projets qui vont pouvoir se lancer sans subvention et seront très compétitifs, car notre objectif, c’est bien sûr que ces technologies n’aient plus besoin de soutien. Et il faut regarder cela comme un investissement, considérer ce que ­cela vous épargne : c’est mieux que de ­devoir investir énormément en ­urgence. »

LES ÉOLIENNES UN FIASCO ÉCOLOGIQUE ET ÉCONOMIQUE 

TRIBUNE - Les grandes éoliennes se multiplient, et ce n'est qu'un début. Agissons avant qu'il ne soit trop tard, s'alarme l'inspecteur général des finances

Par PATRICE CAHART  Publié le 26/06/2018 à 17h25

L'actuelle politique de l'éolien aboutit à une mutilation de la France, sans raison valable.

Laissons de côté l'éolien en mer, qui donne lieu à une bataille entre gouvernement et promoteurs. Concentrons-nous sur l'éolien terrestre. De belles régions comme la Bourgogne et le Languedoc sont déjà gravement atteintes. Si la loi sur la transition énergétique, votée dans l'inconscience durant la législature précédente, est appliquée, près de la moitié des habitations de la France rurale se trouveront à moins de 3 kilomètres d'une grande éolienne. Au mont des Quatre Faux (Ardennes), le préfet a autorisé 63 engins de 200 mètres de haut, pale comprise - soit deux fois et demie la hauteur de la cathédrale de Reims, située non loin de là. La vingtaine d'éoliennes proposées dans le Haut-Armançon (Yonne) atteindraient 220 à 250 mètres et approcheraient donc de la hauteur de la tour Eiffel (300 mètres). Les promoteurs éoliens s'attaquent maintenant au Mont-Saint-Michel (projet de Bazouges-la-Pérouse, Ille-et-Vilaine).

 Nos paysages sont donc en train de subir leur plus importante mutation depuis les grands défrichements médiévaux. Nos campagnes vont cesser d'être des campagnes.

 Ces perspectives sont inacceptables pour un pays soucieux de son image, fier de son histoire, et qui prétend rester la première destination mondiale en nombre de touristes. Le grand public tarde à en prendre conscience, car la moitié des éoliennes déjà décidées ne sont pas encore visibles et, parmi celles qui fonctionnent, beaucoup, d'un modèle ancien, ne dépassent guère la centaine de mètres. Quand tout ce qui est décidé ou prévu sera sorti de terre, un sursaut se produira. Mais il sera trop tard.

«En raison de ce mariage forcé avec le gaz ou diverses sortes de charbon, l'éolien est une fausse énergie propre, une fausse énergie renouvelable.»

Les naïfs croient que les éoliennes contribuent à la défense du climat.

Rien de plus faux.

En 2015, les sources d'énergie polluantes (charbon, fioul, gaz) n'ont fourni que 6 % de notre production électrique. En 2019, ce sera encore moins. Au-delà, la réduction ne pourra se poursuivre, car il faut un fort appoint de gaz pour lisser l'extrême irrégularité du courant éolien: dans notre pays, une éolienne terrestre ne fonctionne en moyenne qu'à 23 % de sa puissance, car l'insuffisance de vent provoque son arrêt, et l'excès de vent aussi. La poursuite de l'expansion éolienne imposerait donc de rouvrir des centrales à gaz et même d'en créer de nouvelles (au risque d'accroître la dépendance envers le fournisseur russe). Au lieu d'être un remède, l'éolien deviendrait une source de pollution supplémentaire. C'est ce qu'on voit en Allemagne, où sont ouvertes de nouvelles mines de lignite, combustible particulièrement nocif. En raison de ce mariage forcé avec le gaz ou diverses sortes de charbon, l'éolien est une fausse énergie propre, une fausse énergie renouvelable.

 De toute façon, nous avons déjà trop d'électricité. En année normale, notre pays exporte le dixième de sa production. Contrainte par l'État, EDF achète le courant éolien terrestre à un prix qui atteint aujourd'hui, en moyenne, 82 euros le mégawattheure et le revend moitié moins cher sur les marchés extérieurs ; la perte est financée par consommateur et contribuable. Un supplément d'éoliennes ne pourrait qu'aggraver ce gaspillage.

Mais alors, où se trouve notre avenir énergétique?

 Le solaire thermique (celui des chauffe-eau) est une bonne carte à jouer, car la chaleur, contrairement à l'électricité, se conserve sans recourir à des batteries d'un coût prohibitif. Celle des égouts devrait également pouvoir être captée de manière massive. À terme, nous bénéficierons sans doute de surgénérateurs, créant plus de combustible nucléaire qu'ils n'en consomment ; des chercheurs américains et russes y travaillent. Dommage que la France ait arrêté ses propres recherches.

 

En tout cas, pour les deux ou trois décennies qui s'annoncent, la solution de loin la plus rationnelle et la moins coûteuse consiste à prolonger les centrales nucléaires en service. Les États-Unis le font de façon systématique. Pourquoi la France s'en priverait-elle? L'un des avantages de cette formule est qu'elle évite de mettre en place de nouvelles lignes à haute ou moyenne tension.

La loi sur la transition énergétique prévoit au contraire de remplacer le tiers de la production nucléaire actuelle par celle d'éoliennes et accessoirement de capteurs photovoltaïques, d'ici à 2025. Échéance irréaliste, qu'il est question de repousser de cinq ou dix ans, mais l'objectif de réduction d'un tiers paraît maintenu. Si on veut vraiment l'atteindre, il faudra supporter, d'après mes calculs, un surcoût de 93 milliards d'euros par rapport aux dépenses de sécurité qu'implique la prolongation des centrales en cause, pour une production équivalente. Encore doit-on ajouter à ces milliards le coût financier et psychologique du réseau serré de nouvelles lignes à moyenne et haute tension qui desservirait ces engins nouveaux dispersés sur tout le territoire. 

Bref, les nouveaux projets éoliens n'ont d'autre raison d'être que de satisfaire le groupe de pression des promoteurs et de faire plaisir aux écologistes qui sont bien mal informés. Écartons-les avant qu'ils n'aggravent encore l'état des finances publiques et ne détruisent l'identité des paysages français. 

 
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 Le quinquennat Macron est mis à mal par le désalignement des planètes

Choc pétrolier, guerre commerciale, hausse des taux : attention danger.

Jean-Pierre Robin Le Figaro - lundi 11 juin 2018

 

Pour comprendre le mode de fonctionnement d’un quinquennat présidentiel, mieux vaut se rappeler les règles de la tragédie classique française du XVIIe siècle et de ses cinq actes. Le premier est consacré à la présentation des personnages et de leurs projets. Puis au deuxième acte surgit un élément perturbateur remettant tout en question : dans le Britannicus de Racine, Néron décide tout à trac de répudier sa femme Octavie pour épouser Junie qui est amoureuse de Britannicus. Dans le troisième acte, les protagonistes cherchent une solution au drame. La tension s’aggrave au quatrième : « J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer », dit Néron de Britannicus, qui sera empoisonné au dernier acte, tandis que le despote s’abandonnera au désespoir.

 

Nous en sommes aujourd’hui au deuxième acte du quinquennat Macron, sa seconde année. Finis les programmes et les chants de l’aube, l’action est bien lancée. Mais un gros grain de sable est tombé du ciel qui plombe l’an II.

 

Le choc pétrolier va-t-il bloquer les rouages et dévier l’orbite de croissance de l’économie française, les 2 % espérés par le gouvernement en 2018 ?

 

La perturbation est de belle ampleur quand les cours du baril de pétrole (brent) passent de 40 euros, en juin 2017, à 68 en mai dernier, sur le marché de Rotterdam. Et dans la foulée, le litre de gazole (TTC) a grimpé en un an de 1,16 à 1,48 euro, en moyenne, dans les stations-service (hausse de 28 %). À cet égard, le gouvernement Philippe a rendu la douloureuse encore plus salée en relevant de 7,6 centimes ses taxes au 1er janvier 2018 !

 

L’onde de choc se fait sentir à tous les étages. Tout d’abord pour les automobilistes et plus généralement les consommateurs qui ont vu les prix à la consommation augmenter de 2 % de juin 2017 à mai 2018 selon l’Insee, et même de 2,3 % si on se réfère à « l’indice des prix à la consommation harmonisé » calculé par Eurostat. Outre l’énergie, le relèvement des prix du tabac, qui ont bondi de 16,1 %, dixit l’Insee, a contribué à cette accélération soudaine de l’inflation.

 

Quelles que soient leurs justifications, écologiques et de santé publique, les hausses de fiscalité indirecte se télescopent avec celle de l’or noir pour amputer le pouvoir d’achat des Français. Ce n’est pas très malin de la part des pouvoirs publics qui jouent les gribouilles.

 

Les entreprises subissent elles aussi l’envolée des prix pétroliers. L’institut de conjoncture COE-Rexecode estime que, si les cours du baril se maintiennent à leur niveau actuel, il en résultera une ponction de 0,5 % de leur valeur ajoutée en 2018, soit une réduction très substantielle de leurs marges de 1,7 %. L’impact sera surtout sensible dans l’agriculture, bien plus que pour l’industrie et les transports, ces secteurs étant eux-mêmes deux à trois fois plus touchés que les services. À charge pour les entreprises de repasser le mistigri aux consommateurs en relevant leurs prix si tant est que la concurrence le leur permette.

Signes d’essoufflement

Certes, nos partenaires en Europe, et au-delà, sont logés à la même enseigne. Cela ne saurait être une consolation, car les signes d’essoufflement qu’expriment les enquêtes de climat des affaires entrent en résonance d’un marché national à l’autre faisant boule de neige. « Le ralentissement se produit de façon synchrone dans tous les pays et quels que soient les secteurs (construction, industrie, service). Le pétrole est le facteur commun, mais il y a peut-être quelque chose d’autre, comme si on était au bout d’un cycle : en Allemagne, l’offre butte-t-elle sur ses propres capacités de production, ce qui se répercute sur les pays sous-traitants ? », analyse Xavier Timbeau, directeur de l’OFCE.

 

En contrepoint du choc pétrolier, le climat de guerre commerciale ouverte par la grâce de

Donald Trump n’arrange rien. Quant aux banques centrales, depuis le krach financier de

2008, elles avaient incarné le deus ex machina, chargé de sauver le capitalisme mondial. La Fed américaine et la BCE sont maintenant face à un dilemme : la poussée d’inflation les inciterait à durcir le ton, au risque de nourrir un peu plus le malaise général…

 

Le quinquennat précédent se déroula comme une tragédie parfaite en cinq actes : le massacre fiscal de la première année (2012), puis la stratégie gouvernementale prise à revers en 2013 par la crise des dettes et la récession de l’Europe du Sud. Seul « l’alignement des planètes » - formule de François Hollande pour désigner la chute simultanée du pétrole, des taux d’intérêt et de l’euro - permit ensuite de renouer avec une croissance cadavérique (0,8 % en moyenne sur les cinq années 2012-2016). In fine, le héros de l’histoire, après s’être époumoné à « inverser la courbe du chômage », avait conclu piteusement : « Je n’ai pas eu de bol ! En même temps, j’aurais pu gagner » (sic).

Toute honte bue, l’hôte de l’Élysée renonça à demander un second bail.

 

À l’inverse, Emmanuel Macron est confronté à un « désalignement des planètes ». Son départ semblait béni des dieux : la conjoncture européenne au plus haut depuis dix ans, la réforme du droit du travail menée tambour battant, etc. On se repassait le mot de Napoléon, « les grands généraux sont ceux qui ont de la chance ».

 

Sauf que le plus jeune président de la Ve République, et le plus « show off », ostentatoire et satisfait, est victime à son tour de la malédiction de l’an II qui frappe tous les mandats présidentiels : le choc pétrolier de 1975 pour Giscard d’Estaing, le tournant forcé de la rigueur de 1983 pour Mitterrand, la dissolution de l’Assemblée en 1997 pour Chirac, le krach mondial de 2008 pour Sarkozy, la crise européenne de 2013 pour Hollande.

 

Impéritie, naïveté, impréparation, hubris du nouvel élu ?

 

« Il ne sait pas que l’Histoire est tragique », avait dit dans les années 1970 Raymond Aron à propos de Valéry Giscard d’Estaing.

 

Une ignorance partagée.

 

 
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SUR LA PMA, DES DEPUTES LAREM S’IMPATIENTENT


MACRON VA CONDUIRE CE DOSSIER COMME CELUI DE NDDL :LAISSER LE DOSSIER APPAREMMENT EN SUSPENS POUR QUE SES AMIS LREM FASSENT LE BOULOT DE COMMUNICATION ET FAIRE PASSER EN FORCE L'EXTENSION DE LA PMA ...

Agnès Leclair

 

LA TENSION MONTE D’UN CRAN.

Les partisans et opposants à la PMA pour toutes commencent à se mettre en ordre de bataille. Mercredi, à moins d’une semaine de la remise d’un rapport sur les États généraux de la bioéthique, 47 députés de la majorité ont appelé dans Libération à ouvrir la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Une tribune qui sonne comme un rappel à l’ordre alors que le gouvernement se montre depuis plusieurs mois, avare de déclarations sur ce sujet sensible.

 

Agnès Buzyn, en charge du dossier, s’est d’ailleurs montrée fort prudente, jeudi dernier, sur France Inter, indiquant ne voulant pour l’instant prendre aucune « position personnelle sur les sujets de bioéthique ». La PMA pour toutes est « un engagement de campagne du président de la République et nous avons été élus pour faire en sorte qu’il soit tenu », lancent les élus LaREM signataires de cette tribune, visiblement désireux de ne pas laisser le doute s’installer.

 

« Un certain nombre d’interrogations commençaient à poindre sur les réseaux sociaux, explique l’initiateur de ce texte, le député Guillaume Chiche. À l’heure de la fin de la consultation citoyenne des États généraux de la bioéthique, il s’agissait de réaffirmer notre détermination et notre engagement sur ce sujet. »


La tribune se veut aussi une réponse aux arguments des opposants à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, mobilisés en masse lors des États généraux de la bioéthique. Cette opposition est attentivement scrutée alors qu’Emmanuel Macron avait exprimé la volonté de bâtir « le plus large consensus possible » avant de légiférer.

 

« Nous refusons que la PMA soit instrumentalisée comme l’a été la loi autorisant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe il y a cinq ans », tonnent les députés signataires avant d’appeler à « sortir de l’hypocrisie de celles et ceux qui refusent de voir que la famille a changé ». Parmi ces derniers figurent notamment Brigitte Bourguignon, la présidente de la commission des affaires sociales, une des figures de l’aile gauche du parti, et des députés impliqués sur le sujet comme Laurence Vanceunebrock-Mialon, Laetitia Avia, Matthieu Orphelin ou Jean-Louis Touraine.

 

Faut-il voir dans leur nombre - 47 sur 309 élus LaREM - le signe d’une forme de tiédeur ou d’indifférence du groupe sur cette réforme sociétale ? « Ceux qui n’ont pas participé ne sont pas pour autant contre et le délai pour signer le texte était très court, défend Guillaume Chiche. Au sein de la majorité, pas une seule personne ne m’a dit qu’elle ne voulait pas faire cette réforme. »

 

« Cette tribune est le point de départ, le premier acte de fort pour lancer le rassemblement sur la PMA pour toutes, pour mobiliser la majorité et les parlementaires sur cette promesse du président », estime Joël Deumier, président de SOS Homophobie. L’association, qui salue l’initiative, pointe cependant que les députés « n’ont pas rappelé la nécessité d’une réforme des règles de la filiation ».

 

« À ce jour, lancer le débat parlementaire serait un risque majeur, avertit pour sa part Ludovine de la Rochère, à la tête de la Manif pour tous. Le large consensus souhaité par Emmanuel Macron pour légiférer n’existe pas. Au contraire, les États généraux de la bioéthique ont montré un dissensus très net sur l’ouverture de la PMA. » « Les auteurs de cette tribune appellent à un débat serein tout en traitant d’hypocrites et d’égoïstes ceux qui ne sont pas d’accord avec eux », regrette-t-elle également.

 

Dans le sillage du mouvement, deux médecins, dont le Dr Raphaël Nogier, fondateur d’une association créée pour s’opposer à la loi mariage pour tous, met pour sa part en avant un manifeste contre la PMA pour toutes signé par quelque 1 600 médecins. Selon les signataires, « le médecin n’a pas tous les droits pour faire surgir la vie ». Ils en appellent au Conseil de l’ordre « pour faire respecter les règles de la déontologie médicale ».

 

 
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EMMANUEL MACRON DANS LES PAS DE FRANÇOIS HOLLANDE 

Au Panthéon, la mise en scène millimétrée de Macron

Le chef de l’État a célébré vendredi le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France. Il n’a pas prononcé un mot.

La mise en scène n’est pas sans rappeler celle du sacre de François Mitterrand en mai 1981. Le président et les trois élèves qui l’accompagnent déposent en effet un calla sur les caveaux des grands noms de la lutte pour l’égalité des droits : l’abbé Grégoire, Condorcet, Toussaint Louverture ou encore Victor Schoelcher. Les vers d’Aimé Césaire évoquant les « ricanements des fouets » et la « négritude qui plonge dans la chair rouge du sol » résonnent sous les voûtes, dans la voix d’un acteur. 

Dans l’assistance, le président, mais aussi Jean-Marc Ayrault, la ministre des Outre-Mer Annick Girardin et l’ex-garde des Sceaux Christiane Taubira écoutent, comme pénétrés. À la fin de la cérémonie, une fois les caméras éteintes, Emmanuel Macron retrouve sa jovialité. Christiane Taubira lui explique l’influence de l’esclavage sur le syncrétisme religieux en Amérique du Sud. « Tu aurais pu prononcer toi aussi de mémoire le poème de Césaire », lance Ayrault à Taubira.

 

SANS DOUTE QU'EN MÊME TEMPS,

  • qu'Emmanuel MACRON annonce le soutien de l’État à l’édification d’un mémorial national à Paris et la création en 2018 de LA FONDATION POUR LA MÉMOIRE DE L’ESCLAVAGE, imaginée par Jacques Chirac et annoncée par François Hollande en 2016. 
  • IL AUTORISERA L'ACCÈS À L'AMP POUR TOUS LES HUMAINS, ouvrant ainsi la porte à la marchandisation des femmes porteuses et des embryons. 

BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN
Vign_Macron_parle

Bruno Retailleau

" Le Président de la République est venu dire aux Français :  

  • qu'il avait raison sur tout
  • surtout, qu'il savait tout
  • que les Français ne comprenaient rien
  • Il ne changera rien.

Dans la salle de classe, il a pris les Français pour des enfants."

La reconquête de NDDL s'est terminée en eau de boudin. Emmanuel MACRON s'est enorgueilli d'avoir réussi à détruire 29 squats sur la centaine existants et Le Préfet de Loire Atlantique a fait cesser l'opération pour entamer des négociations avec TOUS LES ZADISTES.

Devant ce spectacle, on doute de la capacité du Président a changé le monde des chemins de fer...

Nous étions tous convaincus de la nécessité de réformer le Code du travail, la Santé, l'Education Nationale, la Justice de réduire le déficit, mais Emmanuel Macron a commencé par une loi sur la moralisation de la politique était-ce utile ? Etait-ce prioritaire ? 

Pourquoi a t-il besoin de compartimenter sa communication : ces grands problèmes nécessitent-il de changer les mots, de changer les arguments  pour être compris tour à tour par les catholiques, les retraités, les syndicalistes et les politiques d'extrême gauche ?

Nous étions en droit d'attendre que le Président nous fixe un calendrier avec des priorités et une méthode pour aboutir.  Il change le statut de la SNCF, mais pas le statut des cheminots. Il réduit la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, dépensent des millions en communication convaincre les Français de l'intérêt et l'urgence de la mesure, il dépensera des centaines de millions pour changer la signalisation, et avec un aplomb incroyable,  après nous avoir culpabilisés de ne pas penser aux victimes de la route, il pourra doubler voir tripler les dépenses si cela ne marche pas pour revenir à la situation actuelle... c'est du délire.

Éric Zemmour : « Ce que cache cette si dangereuse limitation de vitesse sur les routes »

Le plus grave c'est qu'il entretient les divisions entre les Français sur des sujets qui avaient été tranchés par ses prédécesseurs. Pourquoi revenir sur la loi Taubira (AMP pour Tous, GPA)? Pourquoi revenir sur la loi Claeys-Leonetti ?

On n'a l'impression que Macron procède comme Hollande monopoliser l'attention sur les lois sociétales pour faire des mini-réformes ailleurs...

Au lieu d'apaiser et de réunir les Français sur des réformes fondamentales, il les divise pour mieux régner...

 
Vign_sncf

LES MÉDIAS DE MANQUERONT PAS DE VANTER LA MÉTHODE MACRON POUR RÉFORMER LA SNCF ... 

 

Peut-être devrions-nous demander à la CGT et MARTINEZ de prendre le problème de la révision de la Loi Bioéthique en main ?

 

UNE LIBERALISATION PROGRESSIVE ET DES GARANTIES POUR LES CHEMINOTS

MATHILDE VISSEYRIAS

Abandon des ordonnances, ouverture progressive à la concurrence, priorité au volontariat pour le transfert des salariés de la SCNF vers ses futurs rivaux, maintien de certains avantages… 


À trois jours d’une grève qui s’annonce très suivie, Élisabeth Borne, ministre des Transports, a tenté vendredi de faire retomber la pression, en rassurant les syndicats. Après plus d’une trentaine de réunions, notamment avec les organisations sociales, elle a dévoilé les modalités de l’ouverture à la concurrence du rail

Pour commencer, le calendrier sera échelonné dans le temps, entre décembre 2019 et 2039 pour tous les RER, donnant ainsi le choix aux régions. « Les contributions des organisations syndicales ont permis d’enrichir la réforme et de faire évoluer les positions, a insisté la ministre. Nous avons été à l’écoute de leurs préoccupations.

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LE BON ELEVE ! Brigitte arrête ton gamin, il déraille
Vign_Macron_Jeune

 

AVEC LA REFORME DE LA FISCALITE, MACRON FAIT VIVRE LES RETRAITÉS DANS LA PAUVRETE  

 

AVEC LA REVISION DE LA LOI CLAEYS-LEONETTI, SES AMIS LaREM LES FERONT MOURIR DANS LA DIGNITE

 

Le prélèvement à la source va rendre l’impôt indolore pour le salarié et diminuer sa capacité de jugement critique face au fisc, s’alarme le professeur honoraire d’économie à l’université Paris-Dauphine*.

Salin, PASCAL

 

Emmanuel Macron n’ayant rien su faire d’autre que quelques réformes modestes conduisant à certaines petites baisses d’impôts, mais aussi à l’augmentation d’autres impôts, il s’inscrit dans la continuité de la politique de François Hollande en maintenant le projet de prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.

 

Pourtant, il n’est pas trop tard pour annuler ce projet et commencer ainsi à montrer aux Français que l’on est capable de tourner le dos à un passé destructeur.

 

PEUT-ON ESPÉRER QUE LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ET SON GOUVERNEMENT DEVIENNENT LUCIDES À CE SUJET ET PRENNENT UNE TELLE DÉCISION ?

  

Ou emboîteront ils les pas de leur maître pour individualiser l'impôt un nouveau pas : 

  • pour démolir le socle familial 
  • pour faciliter le divorce sans juge (la notion de foyer familial ayant disparu)
  • PLUS,  les enfants ne seront plus membres du foyer familial mais rattachés au père ou à la mère au gré de la manipulation des gamètes lors de la PMA.
  • Les Etats généraux de la Bioéthique c'est la suprême manipulation des cerveaux appelée

DEBAT DEMOCRATIQUE

 Lire l'article de Salin PASCAL Figaro du 19 mars

 



 
Vign_Blanquer

 

A-T-ON ENCORE LE DROIT DE CRITIQUER JEAN-MICHEL BLANQUER ?

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - Des élus de droite, membres du mouvement "Oser la France", reprochent au ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer de ne pas avoir de réelle ligne directrice pour l'école, malgré des réformes dont certaines vont dans le bon sens. Eux plaident pour un retour à une "école de la transmission".

 

Depuis le début du nouveau quinquennat, la droite française s'exempte d'exercer son esprit critique vis-à-vis de l'action de Jean-Michel Blanquer, Ministre de l'Education nationale.

 

Sans doute est-ce parce qu'il nous rappelle trop ce que nous n'avons pas fait, miroir vivant de nos renoncements, mais aussi parce qu'il nous flatte en réfutant l'orthographe inclusive ou la méthode semi-globale, en voulant interdire le téléphone portable au collège, en évoquant la sélection à l'entrée de l'université, en mettant en valeur les fondamentaux de l'instruction - le fameux triptyque lire-écrire-compter, et surtout en donnant le sentiment de prendre le pas sur les «pédagos» de la rue de Grenelle et leur vocabulaire abscons. 

 

Lire l'article

 

.../ Dans La France contre les robots, Georges Bernanos écrivait que la France, héritière de la civilisation hellénique, refusait d'entrer dans "le paradis des robots".

 

Aujourd'hui, ce doit être la belle mission de l'Éducation nationale que de combattre en première ligne sur ce front.


 

 
Vign_dEncausse

« IL NE FAUT PAS JUGER LE POUVOIR AUTORITAIRE DE POUTINE A L’AUNE DE NOS SEULS CRITERES »

.../

Comment Poutine répond-il à la question de l’islam ?

Le pouvoir postsoviétique affiche, dans ce domaine, une réussite remarquable. Les musulmans (environ 15 % de la population de Russie) sont rassemblés dans des régions symboliques, en Tchétchénie, au Nord-Caucase, le long de la Volga, au Tatarstan, qui est véritablement un État musulman prestigieux.

 

Poutine a fait édifier à Moscou « la plus grande mosquée d’Europe », qui rivalise donc avec celle de Saint-Pétersbourg, qualifiée jusqu’à présent de même ! On constate une réelle coopération entre les autorités musulmanes, l’Église orthodoxe et le pouvoir.

 

Enfin, pour l’heure, et malgré la très forte présence à ses abords d’États musulmans agités - Afghanistan notamment - la Russie ne s’inquiète pas de phénomènes extrémistes.

 

Les musulmans sont dans ce pays russes et musulmans, mais surtout citoyens de Russie.


Lire l'interview d'Hélène D'ENCAUSSE
 
Vign_LUC_FERRY

Pourquoi je ne suis pas centriste

 

Un ami, forcément macronien comme tout membre de l’élite qui se respecte, ne comprend pas pourquoi je ne suis pas, comme lui, follement séduit par ce président centriste, jeune, beau, sympathique, anglophone et plutôt moins mauvais réformateur que ses prédécesseurs.

 

Il ne saisit pas que ce n’est pas pour moi une question de personne, mais d’un rejet ferme, définitif et argumenté du centrisme, du « ni droite ni gauche » qui laisse hors du jeu politique les quatre autres partis.

 

Je crains en effet qu’il ne rende l’alternance autre qu’avec les extrêmes au plus haut point problématique.

Lire l'article paru dans le Figaro le 1er mars
 
Vign_Figaro

DERNIER DÉBAT AVANT LIQUIDATION ?

 

Vincent Tremolet de Villers : Le Figaro - mercredi 7 mars 2018

 

Avant qu’il ne disparaisse, faut-il classer le Parti socialiste au patrimoine immatériel de la politique française ? Le grand décor de Solferino a été vendu, les premiers rôles ont pris leur retraite, le discours aussi s’est dépouillé. Sur scène, les doublures parlent toujours cette « langue caoutchouc » (Jean-Pierre Le Goff) qui mêle bons sentiments et intimidation morale, mais le public lui-même a choisi l’économie de moyens : il a quitté la salle.

 

Si, dans notre sondage, le Parti socialiste rivalise désormais avec Génération.s, le mouvement de Benoît Hamon, les électeurs qui en faisaient, depuis plus d’un siècle, l’une des structures majeures de notre vie politique n’ont pas disparu. Les catégories populaires sont parties (de longue date) chez Marine Le Pen, les fonctionnaires chez Jean-Luc Mélenchon, les cadres chez Emmanuel Macron. Sanction logique. Le PS se rêvait en parti des ouvriers, il les a délaissés au profit des minorités. Il était le parti des hussards noirs, il a abandonné l’école aux expériences des pédagogistes ; le parti anticlérical, il montre une étrange complaisance pour l’islam ; le parti de la jeunesse, il offre pour seul imaginaire droits individuels illimités et emplois aidés ; le parti de la redistribution, les caisses sont vides…

 

On pourrait - plaisir facile - se réjouir de ce crépuscule, il ne faudrait pas, cependant, qu’il nous aveugle.

Cette « gauche zombie » (Laurent Bouvet) représente aussi ce que pourraient devenir d’autres partis apparemment mieux portants. Quand l’impatience populaire est à son comble, la pratique d’une politique désinvolte et cynique (celle que François Hollande a magnifiquement incarnée) devient répulsive.

 

Sans restaurer vision, autorité, élan, courage, les boutiques installées fermeront une à une.

Aucune n’est à l’abri. En Europe, toutes les élections disent la même chose : celui qui accède au pouvoir sans l’exercer avec efficacité et constance est balayé et son parti avec. Ensuite, il ne reste plus ni rentes, ni syndicats d’élus, ni dignitaires…

 

Tous ces petits arrangements entre amis qui ont longtemps repoussé le déclin du Parti socialiste.

 
Vign_Islam

DÉNI. LE PRÉSIDENT VEUT ÊTRE À TOUT PRIX CELUI DE LA RÉCONCILIATION.

Quitte à oublier qu’il est à la tête d’un pays régulièrement touché par le terrorisme, et largement crispé par la question de l’islam.

Emmanuel Macron était peut-être le “fils” de François Hollande mais ça n’a pas suffi. En 2012, le candidat socialiste récolte, au second tour de l’élection présidentielle, neuf votes musulmans sur dix. Cinq ans plus tard, celui que beaucoup considèrent comme sa créature en séduit moins d’un quart… C’est Jean-Luc Mélenchon qui a raflé leurs voix. Que pense Emmanuel Macron de l’islam ? Difficile d’écrire sur le creux d’un discours, mais il faut s’y résoudre : c’est essentiellement dans les silences du président que l’on peut deviner l’existence du sujet ou sa réalité. Il n’en parle presque jamais. Quand il le fait, ce n’est que pour confirmer l’intuition première de tous ceux qui font l’effort de plonger dans sa “pensée complexe” : Macron est décidément bien le président du “en même temps”.

Le 9 novembre 2017, le jeune prodige est à Abou Dhabi. Seul sur scène, barré d’un faisceau de lumière. Le Louvre vient d’ouvrir dans la ville, et le président français s’adresse à un parterre d’hommes enturbannés venus inaugurer le symbole de la supposée ouverture culturelle et libérale de l’émirat. Ce jour-là, pour le chef de l’État, ceux qui prétendent que l’islam détruit les religions préexistantes pour perdurer « sont des menteurs » et « trahissent ». Comme si le chef de l’État pouvait ignorer que cette religion a créé le concept de “dhimmitude”, qui réduit à un statut inférieur les fidèles professant une foi différente. Le discours dans son ensemble est peu transgressif, copie convenue des propos habituels des hommes politiques toujours habiles à se muer en exégètes du Coran pour garantir que cette religion n’est pas violente et que ceux qui se réclament de l’islam pour tuer le trahissent.

Même sujet, public différent.

Un mois et demi plus tôt, Emmanuel Macron est cette fois-ci à Paris et s’exprime lors de l’inauguration de l’exposition consacrée aux chrétiens d’Orient, à l’Institut du monde arabe. Il professe une idée exactement contraire à son enthousiasme futur :

« Défendre les chrétiens d’Orient, c’est être à la hauteur de l’exigence historique qui est la nôtre et c’est justement ne laisser aucun opposant à ce dernier [Bachar al-Assad], pouvoir laisser les chrétiens en Orient se faire sacrifier, c’est ne laisser aucun projet politique, quel qu’il soit, effacer la trace des siècles, les oeuvres, la trace d’une foi, quand ce n’est pas la leur, la présence de celles et ceux qui défendent leur Dieu, quel qu’en soit le lieu, quelle qu’en soit l’empreinte. »

Pour ceux que sa pensée “complexe” déroute, Macron affirme ici que la France, aujourd’hui comme hier, est grande quand elle est capable de s’opposer à un projet politique destructeur dicté par une foi… en l’occurrence musulmane.

À Abou Dhabi, Macron avait également salué une initiative qui serait pour les dirigeants musulmans du pays un moyen de « remettre [leur] religion dans ce qu’elle a toujours fait », la mise en valeur de l’art.

À l’Institut du monde arabe, il s’était pourtant élevé contre les démolitions de monuments perpétrées par l’État islamique, tragique illustration de sa volonté d’anéantir tout ce qui n’est pas l’islam. Sans utiliser de mot qui fâche, le chef de l’État explique, dans une ambivalence toute macronienne, que l’islam s’installe parfois en détruisant d’autres religions préexistantes. Quel islam ? Celui des « traîtres », dira-t-il. Sauf que ni lui, ni personne d’autre — c’est bien là le problème — n’est habilité à décréter qui sont les bons et les mauvais musulmans. Le flou demeure.

 L’islam n’a pas le monopole du “en même temps” présidentiel.

Au cœur de l’automne, le Conseil d’État ordonne le retrait d’une croix installée sur la statue du défunt pape Jean-Paul II. Macron ne souffle mot. Mais, contrairement à son prédécesseur, il accepte le titre de “premier et unique chanoine honoraire de la basilique majeure de Saint-Jean-de- Latran” à Rome. Tradition des honneurs d’accord, mais tradition populaire…

On pourrait expliquer son mutisme par sa volonté d’apaisement et de réconciliation. Mais dans cette polémique hystérisée, face à une décision de juges qui porte atteinte à la nature même de ce qu’est la France, comment rester silencieux ? Comment se taire à ce moment-là et déclarer, le 21 décembre, alors qu’il reçoit les représentants des religions à l’Élysée qu’il restera « vigilant » contre une « radicalisation de la laïcité » ?

Autre affaire symptomatique. 

Charlie Hebdo et Mediapart s’écharpent par presse interposée. L’islam fracture à nouveau la gauche et Macron n’a pas un mot. La rédaction du journal satirique a publié, quelques jours plus tôt, en pleine affaire Tariq Ramadan, une caricature d’Edwy Plenel. La moustache du patron du site d’information lui cache les yeux, bouche ses oreilles et l’empêche de parler. Le titre accuse : « Affaire Ramadan, Mediapart révèle : “On ne savait pas” ». Plenel répond avec une violence toute proportionnée : Charlie participerait à une « guerre aux musulmans ». Toute considération sur le travail de Charlie Hebdo mise à part, le terme est particulièrement maladroit visant une rédaction récemment décimée par des soldats d’Allah.

 
Vign_Luc_Ferry

LUC FERRY : «JOHNNY ET JEAN D'O, C'ETAIT LA FRANCE !»

CHRONIQUE - Le chanteur et le romancier se sont éteints à un jour d'intervalle. L'un était l'incarnation de l'esprit populaire, l'autre portait la marque de la noblesse.

 

Deux morceaux de France, à tout le moins, l'une aristocratique, l'autre populaire, l'une littéraire et l'autre musicale mais qui se rejoignaient, qui se parlaient encore l'une à l'autre. Jean d'Ormesson aimait bien Johnny Hallyday et le chanteur admirait l'écrivain.

 

Comme tous les aristocrates authentiques, Jean d'Ormesson respectait le peuple et il était aimé de lui, même s'il n'en était pas, et comme ceux qui appartiennent à cette France qu'on dirait aujourd'hui «périphérique», mais qui n'en ont pas moins évité de céder à la haine de classe et au ressentiment, Johnny Hallyday considérait avec attention les élites intellectuelles.

 

Je me souviens que mon éditeur, qui connaissait bien le chanteur, m'avait rapporté cette anecdote tirée d'une de leurs conversations au moment où paraissaient des livres consacrés à l'engagement de Heidegger dans le nazisme.

Johnny était sidéré que le penseur sans doute le plus important du XXe siècle ait pu prendre sa carte du mouvement politique non seulement le plus abject, le plus barbare, mais en outre le plus stupide que l'histoire de l'Europe ait connu.

 

Lui, par-delà le talent exceptionnel qui était le sien, était un brave type, un vrai gentil, qui fut courageux et bon père de famille jusqu'à la fin. Il ne pouvait pas imaginer que l'intelligence pût se marier avec l'abjection.

 

Ce qui relie ces deux disparitions, malgré tout ce qui les distingue?

 

Jean d'O et Johnny étaient, comme Descartes et Molière, comme le général de Gaulle et Clemenceau, comme Montaigne et Hugo, comme Cocteau et Édith Piaf (morts tous deux, eux aussi, à quelques heures d'intervalle), des personnes de chair et de sang qui avaient réussi le tour de force de parvenir à incarner une identité culturelle singulière.

 

Il était son œuvre et son œuvre était lui


Ils avaient réussi à donner corps à cette abstraction qui se veut universelle, la culture française, qui n'est pas faite, à l'encontre de ce que prétendent les benêts, pseudo-gentils d'aujourd'hui, que de métissage.

Jean d'Ormesson avait à cet égard quelque chose de particulièrement admirable et par-dessus tout aimable: son œuvre majeure, c'était lui! Il avait réussi à faire de sa personne, de sa voix, de ses intonations inimitables, (encore que Laurent Gerra parvenait à les imiter tant et si bien que Jean lui avait confessé, non sans humour, ne plus savoir si c'était lui-même ou son double qui parlait), de ses gestes, de ses sourires et du charme de ses conversations une œuvre d'art en soi. plus savoir si c'était lui-même ou son double qui parlait), de ses gestes, de ses sourires et du charme de ses conversations une œuvre d'art en soi.

 

Ses romans étaient comme des cartes de visite sophistiquées, un prolongement de sa personne. Il était son œuvre et son œuvre était lui. Comme l'avait rêvé Michel Foucault, sans lui-même y réussir, il avait transformé son existence en œuvre d'art, sculpté avec civilité sa façon d'être au monde.

 

Mais pas dans n'importe moule. Jean d'Ormesson était d'abord et avant tout un classique, infiniment plus proche de Rameau, du jardin à la française et de Voltaire que de Rousseau et des romantiques allemands, qu'il connaissait pourtant très bien. Comme Tocqueville, c'était un homme de l'ancien monde qui nous faisait l'amitié de s'adapter au nôtre, un aristocrate qui avait accepté par raison plus que par passion de se faire démocrate, comme on endosse par bienséance les rituels religieux du pays qui vous accueille.

 

L'idéal de la raison

 

Il appartenait avant tout à l'univers intellectuel et moral de l'humanisme classique, celui du classicisme français né au XVIIe siècle, une période au cours de laquelle la philosophie de l'art avait, certes, pris la forme d'une esthétique, d'une réflexion sur la subjectivité humaine, sur la sensibilité (en grec: aisthésis), mais sans jamais abandonner pour autant l'idéal de la raison, de ce bon sens dont Descartes disait qu'il est du monde la chose la mieux partagée. Sans nul doute, c'est ce bon sens qui le conduisit, malgré tout, à être un homme de la droite libérale. Comme Voltaire avant lui, il avait fait siens ces vers extraits des Satires de Boileau qui résumaient en quelques lignes l'idéal du classicisme français: «Rien n'est beau que le vrai: le vrai seul est aimable ;/ Il doit régner partout, et même dans la fable.»

 

En quoi ses livres, sans adopter le lourd appareil conceptuel des romans de Sartre ou de Camus, restaient malgré tout marqués au coin de la philosophie. Il aimait la littérature par-dessus tout, bien sûr, mais la vie avec la pensée n'était à ses yeux séparable ni de l'art, ni de la politique, ni de ce journalisme dont il avait exercé le métier au plus haut niveau.

 

C'est peu dire que les deux voix, si différentes, que nous venons de perdre, nous manqueront. 

 
Vign_Eric_Brunet

Liberté chérie. Bruxelles vient d’épingler le budget 2018 de la France, mettant en évidence le manque d’ambition et les faiblesses du projet présidentiel.

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Quelle surprise lorsque j’ai découvert que Macron l’européen n’était pas le réformateur qu’il prétendait être. La semaine dernière, la Commission européenne a mis en lumière la faiblesse des réformes qu’il nous concocte depuis six mois. Et moi qui le croyais ambitieux ! L’affaire n’a pas eu beaucoup d’écho en France, pourtant Bruxelles s’est carrément payé le budget 2018 de notre nouveau président.

En clair, les récentes prévisions de la Commission européenne placent la France parmi les économies qui connaîtront la plus faible croissance dans les deux prochaines années. C’est d’autant plus navrant que le reste de l’Union européenne profite d’une croissance inégalée depuis 2010.

 

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de réduire le déficit du pays en dessous des 3 % demandés par l’Union. Soyons justes : ça pourrait passer, puisqu’on parle de 2,9 % cette année. Seulement voilà : le déficit repasserait la barre des 3 % l’année prochaine. Bruxelles dénonce un effort insuffisant et “un écart important” entre le budget qui lui a été présenté par Macron et les véritables perspectives. Un rien taquine, la Commission rappelle à Paris que le niveau de la dette française — 96,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2018, selon les projections de Bercy — dépasse de loin le seuil des 60 % prévu dans les traités. Bruxelles fait aussi observer à Macron que la moyenne des déficits publics dans la zone euro est de… 1,1 % !

 

Tout ça ne fait pas très sérieux à l’heure où Emmanuel Macron revendique le nouveau leadership européen, n’hésitant pas à donner au passage des leçons d’Europe à nos voisins en les invitant à réformer la zone euro. Même si Bercy et l’Élysée minimisent la gifle de Bruxelles, cette affaire tombe mal. Ne l’oublions pas, la France est encore, avec l’Espagne, sous le coup d’une “procédure de déficit excessif”. Une situation qui, en théorie, peut aboutir à des sanctions élevées. Pour sortir de cette procédure, la France doit présenter pendant deux années de suite un déficit public inférieur à 3 % du PIB. Elle doit aussi réduire son déficit structurel à 0,1 point de PIB. Or, selon Bruxelles, ce déficit structurel, loin de se réduire, devrait s’accroître de 0,4 point de PIB.

 

Pour Bruxelles, la rupture avec la politique budgétaire menée sous François Hollande n’est pas flagrante (le redressement des comptes engagé par le précédent locataire de l’Élysée avait été jugé très insuffisant). Comme d’habitude, la France fait le strict minimum, au risque d’une sortie de route. Et la patience de la Commission européenne s’émousse…

Alors, que risque la France ? Tout simplement de ne pas réussir à sortir de la procédure pour “déficit excessif” (qui ne pourra se faire qu’au printemps prochain, après la publication de nos comptes 2017 et une nouvelle prévision de déficit sous les 3 %). On pourrait sourire. Hélas, ce manque de sérieux budgétaire coûte cher au contribuable français.

 

Compte tenu de ces années de dérives, l’an prochain, les critères se durciront : le juge de paix pour savoir si la France s’est conformée aux règles budgétaires ne sera plus le fameux 3 %, mais la réduction du déficit structurel, qui ne dépendra pas de la conjoncture économique mais reposera uniquement sur les baisses de dépenses et les hausses d’impôts décidées par Macron. Or, nous l’avons vu, le déficit structurel devrait s’aggraver.

 

Alors, que risque la France ?

 

Tout simplement de ne pas réussir à sortir de la procédure pour “déficit excessif” (qui ne pourra se faire qu’au printemps prochain, après la publication de nos comptes 2017 et une nouvelle prévision de déficit sous les 3 %).

 

On pourrait sourire. Hélas, ce manque de sérieux budgétaire coûte cher au contribuable français. Compte tenu de ces années de dérives, l’an prochain, les critères se durciront : le juge de paix pour savoir si la France s’est conformée aux règles budgétaires ne sera plus le fameux 3 %, mais la réduction du déficit structurel, qui ne dépendra pas de la conjoncture économique mais reposera uniquement sur les baisses de dépenses et les hausses d’impôts décidées par Macron. Or, nous l’avons vu, le déficit structurel devrait s’aggraver.

 

Dans l’attente de nouvelles sanctions financières, Macron et Philippe croisent les doigts dans l’espoir qu’une conjoncture économique européenne favorable nous sauve… Rien ne change.

 

Et pendant ce temps-là : les journalistes complaisants avec le pouvoir parlent du Président tous les jours, plutôt trois fois qu'une.

Macron remonte dans les sondages...

Macron le 1er président avec 50% d'opinions favorables après 6 mois ...

 

Restons lucides !

 
Vign_Eric_Brunet

MERCI POUR CE MOMENT …François FILLON

"Dans la défaite, le chef se retire sans chercher d'excuses et sans donner de leçons." François Fillon a quitté la politique. Des adieux empreints de pudeur et d'élégance, devant quelques centaines d'amis réunis à Paris.

Je l'avoue, cette trop discrète sortie de scène m'a bouleversé. J'ai croisé Fillon bien des fois au cœur de la présidentielle. J'étais aux premières loges de sa mise à mort médiatique.

Dans quelques années, j'espère que les jeunes gens de droite se souviendront de ce candidat audacieux, qui avait eu le courage de bâtir un programme de transformation radical de notre État obèse. Une façon de lui rendre justice. Vous le voyez, Monsieur Fillon, je me sens déjà orphelin.· . Et aujourd'hui, j'ai envie de rétablir quelques vérités. Oui, ce tsunami avait été pensé, organisé, anticipé. Oui, les éléments à charge distillés sur Penelope Fillon et les enfants du couple avaient été gardés "sous le coude" pour être étalés au moment opportun. Oui (et ce n'est pas céder à l'obsession complotiste que de le dire), plusieurs magistrats ont "feuilletonné" des fuites vers les rédactions, présentant à l'opinion des éléments à charge, partiels et partiaux, qui condamnaient Fillon aux yeux de l'opinion publique et portaient un préjudice fatal à sa candidature. Ces fuites quotidiennes piétinaient outrageusement les principes du secret de l'instruction et de la présomption d'innocence.

 

Oui, chaque matin, ces juges alimentaient le story telling Fillon de nouveaux détails, donnant à ce piège médiatique une sophistication inédite sous la Ve République. Ils ont scénarisé la série TV Fillon, distillant les révélations chocs au compte-gouttes, avec opportunisme et habileté et avec un sens de la dramaturgie remarquable. Un plan digne d'une série américaine diffusée sur Netflix, suffisamment séquencé pour se poursuivre pendant toute de la campagne électorale. Notons que le comportement effroyable des magistrats (souvent nommés par la gauche) a eu pour conséquence de modifier le cours de l'histoire de la Ve République. Pour autant, ces juges délinquants ne seront jamais convoqués pour s'expliquer... Bien sûr, sont venus s'ajouter les trahisons des amis politiques, une presse suiviste qui détestait déjà depuis longtemps ce candidat qui voulait supprimer 500000 fonctionnaires en France (Macron avait parlé de la suppression de 120000 agents publics... mais il a déjà fait machine arrière).

 

Je n'oublierai pas Fillon, pendant la campagne, arpentant les couloirs des rédactions, seul. Mes confrères opéraient de larges détours pour ne pas avoir à lui parler. Je me souviens de l'insupportable "deux poids deux mesures". À lui les questions dégueulasses, aux autres les sourires entendus.

 

Puis, lorsque les micros étaient coupés, ministres et députés, de gauche comme de droite, me glissaient l'air peiné: « Vous savez, Fillon n'a rien fait de fondamentalement illégal. Il fait comme les autres, c'est tout. » Justement, ces joursci, d'autres affaires d'emplois fictifs sortent dans la presse, touchant parfois d'anciens candidats à la présidentielle, comme Jean-Luc Mélenchon. Elles étaient connues depuis longtemps. Pourquoi avoir attendu l'après-présidentielle pour leur donner de l'écho?

 

LE CANDIDAT QUI AVAIT EU LE COURAGE DE CONSTRUIRE UN PROGRAMME DE TRANSFORMATION RADICALE DE NOTRE ÉTAT OBÈSE S'APPELAIT FRANÇOIS FILLON.

 

Fillon à peine parti, ses anciens collaborateurs le foulent déjà aux pieds. Son ex-directeur de campagne, Patrick Stefanini, publie un livre accablant, comme Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics de Macron. Deux publications dans lesquelles Fillon n'apparaît pas à son avantage. Facile, et pas très courageux...

Mais le plus grave est ailleurs. Le départ de Fillon va créer un vide dans le paysage politique, car l'ancien Premier ministre était le seul à prôner des solutions réformistes radicales. Son projet était chiffré, sérieux, iconoclaste. D'ailleurs, dans la course à la présidence des Républicains, personne n'ose reprendre le flambeau. Ni Florence Portelli, son ancienne porte-parole, ni Laurent Wauquiez, qui se contrefiche des réformes économiques et concentre ses discours sur les bons vieux thèmes porteurs: sécurité, identité, etc.

 

Dans quelques années, j'espère que les jeunes gens de droite se souviendront de ce candidat audacieux, qui avait eu le courage de bâtir un programme de transformation radical de notre État obèse. Une façon de lui rendre justice.

 

Vous le voyez, Monsieur Fillon, je me sens déjà orphelin.·

 

 
Vign_Rioufol

PENTE DESPOTIQUE

En septembre, à la Sorbonne, Macron avait lâché ses coups contre ceux qui ne partagent pas sa vision d'une Europe postnationale.

 

À entendre le président ce jour-là, des esprits tristes défendraient un «nationalisme», un «identitarisme», un «souverainisme de repli». «Ils mentent au peuple», avait-il même déclaré, en ajoutant en langage automatique: «Je ne laisserai rien à ceux qui promeuvent la haine ou le repli national.» Mais de telles menaces n'ont jamais eu d'autres buts que de délégitimer la contradiction. Cette manière d'engager le débat en éliminant l'adversaire est dictatoriale. C'est d'ailleurs avec la vieille méthode soviétique que les 500 membres de La République en marche (LREM) ont élu, samedi, Christophe Castaner comme délégué général du mouvement présidentiel. Castaner, candidat unique désigné par Macron, a recueilli l'unanimité des voix (moins deux) à l'issue d'un vote à main levée. «C'est ça, le nouveau monde!», a commenté Castaner, qui n'en manque pas une. Ce retour au centralisme et au jacobisme, dont les maires sont les cibles, signe l'imposture de la «révolution» macronienne.


Cette pente vers un despotisme mal éclairé est une régression démocratique et un danger pour la France.

Les fausses certitudes de Macron risquent d'accélérer la dilution de l'État-nation dans une mondialisation déjà dépassée. Or l'autoritarisme présidentiel, qui a mis au pas son parti unique, ne rencontre pas d'obstacles politiques sérieux. Et moins encore au sein d'un gouvernement transparent. Édouard Philippe a certes eu raison, mardi, de demander à ses ministres de bannir l'écriture «inclusive», qui déforme les mots pour leur donner un sexe. Mais cette bravoure ne fâchera que des féministes hystériques et leurs chapons. Le choix de Jean-Michel Blanquer de porter plainte, ce même jour, contre le syndicat SUD-éducation 93, qui veut organiser des stages d'antiracisme interdits aux Blancs (!), a été aussi une heureuse riposte (voir mon blog).

 

Cependant, ce front contre la sottise ne peut suffire à rassurer sur la lucidité du pouvoir.

 

Posture absurde

Une succession de faits révèle le visage du Camp du Bien: le Tartuffe héberge son lot de sexistes, de racistes, d'antisémites. Mardi, le PS a exclu Gérard Filoche, cofondateur de SOS-Racisme, qui avait retweeté un montage digne des caricatures d'avant-guerre sur «la juiverie internationale». En comparaison, le FN recentré fait figure d'enfant de chœur.

C'est pourtant en référence à son passé dépassé que deux banques lui retirent leur confiance et que Laurent Wauquiez a refusé, lundi, la main tendue la veille par Marine Le Pen.

La posture devient absurde.

 
Vign_Etudiants

LE GOUVERNEMENT NE BRISE PAS LE TABOU DE LA «SÉLECTION» AVEC SON PLAN ÉTUDIANT. MORGANE DAURY-FAUVEAU ET OLIVIER VIAL REGRETTENT UNE SEMI-RÉFORME QUI COMPLEXIFIE ENCORE L'ENTRÉE À L'UNIVERSITÉ.

Le «plan étudiant» présenté ce jour par le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation est d'abord un exercice de langage qui prête à sourire: le mot «sélection» étant tabou, il avait été question ces dernières semaines de «prérequis». Mais puisque ce dernier terme avait concentré les critiques de ceux qui y voyaient le cache-sexe de l'abominable sélection, il est désormais fait mention d' «attendus». Ils sont définis par le dossier de presse du ministère comme «les connaissances et les aptitudes qui sont nécessaires à un lycéen lorsqu'il entre dans l'enseignement supérieur».

Malheureusement, ici comme souvent, la forme révèle le fond : les choses étant à moitié dites, elles sont à moitié faites.

 
Vign_Depute_LREM

POLITIQUE. REGLES STRICTES, INITIATIVES INDIVIDUELLES BANNIES : LES DEPUTES DE LA MAJORITE DOIVENT FILER DROIT A L’ASSEMBLEE NATIONALE, REVELE L’OPINION.

 

“Un fonctionnement caporaliste”, “on se heurte à un mur”, “les députés LREM sont les obligés du président”.

 

Pour décrire la majorité, les membres de l’opposition cités par l’Opinion vendredi 27 octobre sont unanimes : aucune tête ne doit dépasser parmi les députés de la République en marche.

 

Valider ce que décide Emmanuel Macron

Une réalité confirmée par ce que rapporte le journal. Incitation à ne pas présenter un amendement à titre individuel, interdiction d’en cosigner un avec l’opposition, le message est clair, la majorité est avant tout là pour valider ce que décide Emmanuel Macron.

La dernière preuve date du début de semaine.

Dans Le Monde, 54 députés de la majorité osent signer une tribune en faveur de l’interdiction du glyphosate. La riposte a été cinglante :

“Les députés ne sont pas pétitionnaires. Il y a un problème d’agenda. Les prises de position individuelles nous fragilisent tous”, affirme à l’Opinion un député proche du patron du groupe, l’éphémère ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand.

Le quotidien croit savoir que de plus en plus de députés ne cachent plus leur “volonté d’émancipation”

 Le début de la fronde ?

Interrogé par le journal, l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault prévient : 

“On ne peut pas caporaliser très longtemps un groupe.”

 
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LES IMMORTELS, À L'UNANIMITÉ, ESTIMENT QUE CETTE NOUVELLE PRATIQUE EST UN DANGER POUR LA LANGUE FRANÇAISE. 


L'écriture inclusive est un

«péril mortel» 

Les immortels de l'Académie française se sont fendus ce jeudi 26 octobre d'une déclaration au ton alarmiste condamnant vertement l'écriture inclusive. Ils vont même jusqu'à prédire un«péril mortel» pour l'avenir de la langue française. Pour rappel, cette graphie consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms, comme dans «mes ami·e·s», pour le rendre «visible». Le «point milieu», ce signe situé à mi-hauteur des lettres, peut être utilisé alternativement en composant un mot comme «lycéen·ne» comme suit: racine du mot + suffixe masculin + le point milieu + suffixe féminin.

Cette pratique défendue par certaines militantes féministes au prétexte que la langue française «invisibiliserait les femmes» a beaucoup fait parler d'elle ces dernières semaines alors qu'un manuel scolaire, destiné à des élèves de CE2, a été publié pour la première fois en écriture inclusive en mars 2017

. On peut y lire que «grâce aux agriculteur.rice.s, aux artisan.e.s et aux commerçant.e.s, la Gaule était un pays riche». 

L'éditeur a expliqué avoir choisi d'appliquer les recommandations du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes datant de 2015.

Prenant acte de la diffusion de cette «écriture inclusive» qui «prétend s'imposer comme norme», l'Académie française élève à l'unanimité une solennelle mise en garde: «La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu'elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l'illisibilité. On voit mal quel est l'objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d'écriture, de lecture - visuelle ou à voix haute - et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l'Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu'elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c'est moins en gardienne de la norme qu'en garante de l'avenir qu'elle lance un cri d'alarme: devant cette aberration “inclusive”, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd'hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d'acquérir une langue, qu'en sera-t-il si l'usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s'empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d'autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.»

«Bégaiement cérébral»

Membre de l'Académie française, Michael Edwards, poète, philosophe et traducteur franco-britannique, avait confié début octobre au Figaro à quel point l'écriture inclusive abîmait, selon lui, la langue française. «C'est la chair même du français qui est ainsi rongée, et son esprit qui se trouve frappé d'une sorte de bégaiement cérébral», indiquait-il. Les académiciens avec qui il avait discuté du sujet étaient «scandalisés» mais ont décidé de prendre un peu de temps pour réagir officiellement.

La virulence du communiqué de l'Académie a été peu goûtée, jeudi, par les féministes, comme la militante et «cheffe d'entreprise» Caroline De Haas: «On va tous mourir!», écrit-elle sur Twitter. «Et après, c'est nous qu'on traite d'hystériques...»Cette condamnation sans appel des académiciens sera-t-elle entendue? Pas si sûr. Depuis 2015 et les recommandations du Haut Conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes, l'écriture inclusive, longtemps cantonnée aux associations féministes et aux partis d'extrême gauche, entre peu à peu dans les mœurs.

Plusieurs ministères, institutions, collectivités et universités se sont depuis mises à appliquer peu ou prou ces recommandations. Sur le site du ministère de l'Éducation nationale, il est ainsi désormais question de professeur·es. Le ministère de la Santé, quant à lui, évoque les chirurgien·ne·s-dentistes. Depuis 2016, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) s'est engagé très officiellement à écrire de façon inclusive: «Assemblée la plus paritaire de la République française, le CESE est convaincu que les stéréotypes, terreau du sexisme, sont profondément ancrés dans notre société et s'expriment dans le langage et la grammaire.» Le Cnam se définit désormais comme une école d'ingénieure·es «parce que nos formations sont ouvertes à toutes et tous».

Dans certains médias comme TV5Monde, dans des communications du CNRS, cette graphie a fait son apparition.

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation, lui, n'approuve pas: «On doit revenir aux fondamentaux sur le vocabulaire et la grammaire, je trouve que ça ajoute une complexité qui n'est pas nécessaire.»

 

 
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Dans la dernière mise à jour de son logiciel de traitement de texte Word, réservée aux abonnés Office, Microsoft a inclus par défaut une option de “langage inclusif” dans ses paramètres de grammaire et de style pour éviter les formulations controversées, rapporte Le Figaro

La nouvelle fonctionnalité “cible le langage genré à même d'exclure, de rejeter ou de stéréotyper”, précise le groupe américain sur son site.


 
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POUR LE DIRECTEUR DE LA RÉDACTION DU FIGARO MAGAZINE, LA FIÈVRE DE DÉNONCIATION QUI ENVAHIT LES RÉSEAUX SOCIAUX DEPUIS «BALANCE TON PORC» S'APPARENTE À UNE FORME DE JUSTICE INSTANTANÉE PEU RASSURANTE.

Peut-on le dire? La fièvre de dénonciation qui envahit les réseaux sociaux depuis quinze jours n'est pas très rassurante. Et pas seulement pour les délinquants sexuels qu'elle entend à juste titre incriminer. A ceux qui l'ignoreraient encore, rappelons que «balance ton porc» permet de révéler à la terre entière et en 140 caractères, via Twitter, les agressions dont on a été l'objet. En nommant éventuellement son agresseur. C'est une justice instantanée, expéditive, qui désigne le coupable sans attendre les longues et parfois décourageantes procédures judiciaires visant à punir le viol et le harcèlement sexuel. Mais c'est aussi une justice qui fait fi de toutes les règles de droit, à commencer par la présomption d'innocence. Tout le monde peut balancer tout le monde.

Est-ce vraiment un progrès?

Entendons-nous bien. Aucun des actes rendus publics depuis le début de l'affaire Weinstein, ce désormais célèbre producteur hollywoodien, n'est acceptable, et encore moins anodin. Mais l'incroyable retentissement médiatique dont font l'objet ces révélations donne à penser que nous vivons dans un monde de domination masculine, où les femmes ne seraient que des objets, partout victimes d'un assujettissement permanent. Comme si la parité n'était pas un des chevaux de bataille privilégiés de tous les responsables médiatiques, politiques et économiques de ce pays. Comme si l'autorité paternelle n'avait pas été abolie depuis un demi-siècle. Comme si tout ce qui ressemble de près ou de loin à du machisme n'était pas systématiquement brocardé dans notre société.

Le harcèlement sexuel doit être combattu par un respect scrupuleux des droits des femmes, mais pas par l'abolition de la virilité

Curieusement, les mêmes qui dénoncent, avec raison, le harcèlement chez les hommes politiques ou dans le cinéma sont bien plus discrets quand il s'agit des banlieues perdues de la République, où, comme le dit la philosophe Bérénice Levet, ce ne sont pas nos mœurs qui sont coupables, mais bien l'importation sur notre sol de mœurs étrangères aux nôtres, comme la relégation des femmes ou le mariage forcé. Curieusement, personne ne s'en prend aux chansons de rap odieusement sexistes ni à la pornographie de plus en plus violente disponible en accès libre et gratuit sur internet.

À l'avant-garde du combat, un certain nombre de féministes veulent non pas apaiser mais révoquer les relations entre hommes et femmes. A leurs yeux, tout individu de sexe masculin est un prédateur dont le comportement est potentiellement délictueux: la séduction, le charme et le plaisir ne sont que des artifices au service de mâles dominants en mal d'asservissement. Isabelle Adjani expliquait ainsi ces jours-ci que la galanterie était l'antichambre de la goujaterie, voire de bien pire.

Inquiétante confusion. Le harcèlement sexuel doit être combattu par un respect scrupuleux des droits des femmes, mais pas par l'abolition de la virilité ou de celle, symétrique, de la féminité. L'égalité entre les sexes n'est pas l'indifférenciation, sauf aux yeux des militants de la théorie du genre.

 
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GILLES-WILLIAM GOLDNADEL REVIENT SUR LE PHENOMENE #BALANCETONPORC ET DENONCE LA DELATION ELECTRONIQUE DE MASSE.


Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Avec le hashtag Balance ton porc!, l'hystérie électronique aura encore frappé. L'avantage avec l'hystérie, c'est que ses crises passent vite, et que l'on peut ensuite la questionner calmement.

Bien que cette dernière crise ne se soit pas tout à fait estompée, il est déjà venu le temps de la décrire.

Son origine tout d'abord: une nouvelle fois, les États-Unis. La société française ne s'est toujours pas aperçue à quel point elle vivait désormais sous l'empire et même sous l'emprise américaine.

 

Le plus tristement cocasse, c'est que ceux qui en sont les victimes les plus consentantes sont ceux qui historiquement auront le plus vitupéré l'impérialisme politique et culturel américain.

En deux mois historiques, deux crises hystériques, largement cornaquées par des histrions, auront importé sur les rives européennes des crises américaines.

En septembre, les mauvais vents venus de Charlottesville auront conduit jusqu'à Paris de nouveaux talibans antiracistes pour détruire les statues de Colbert et Dugommier, en octobre les turpitudes de Monsieur Weinstein auront conduit les féministes les plus agressives à encourager la dénonciation massivement anonyme.

 

De la même manière que la guerre raciale américaine est devenue une réalité condamnable, le harcèlement, les violences faites aux femmes le sont tout autant. C'est d'ailleurs leur instrumentalisation par des combattants autoproclamés déchaînés , quand ils ne sont pas pervers, qui autorisent tous ses excès à la crise sans maîtrise.

 

On peut décrire aussi idéologiquement les acteurs de la poussée hystérique: largement la gauche féministe.

 

Avec ses contradictions qui font son improbable charme : c'est ainsi que pendant des années, tout esprit civique de coopération avec les autorités de police et de justice pour lutter contre le terrorisme était strictement proscrit au nom de la lutte contre la délation. L'interdiction puisait sa force d'intimidation dans la référence obligatoire à la sombre période de collaboration.

 

Aujourd'hui encore, la même famille politique qui encourage la délation électronique de masse combat tout projet de loi antiterroriste qui aurait comme effet prétendument barbare de conserver sur des fichiers le nom d'islamistes susceptibles de passer à l'acte homicide.

 

La gauche féministe a aussi le jugement sélectif. Mesdames Autain et Schiappa adorent regarder les porcin balancés. Mais les deux dames ont leurs porcs saints. C'est ainsi que la féministe Insoumise tient à défendre l'honneur des bars unisexes de Trappes et que la Secrétaire d'État qui traque volontiers le cochon en cravate n'a pas vu d'exactions sexistes à la Chapelle. Il est vrai que la strabique n'a pas vu non plus d'antisémites dans les quartiers islamiques.

 

Cette famille politique portée à l'hystérie se veut toujours vertueuse. Mais l'hystérique politique est souvent amnésique. Dans ma chronique de la semaine passée je rappelais que ce monsieur Weinstein était issu du camp du Bien autoproclamé.

 

Longtemps protégé par les très féministes Hillary Clinton et Jane Fonda.

Longtemps protégé par le très libéral New York Times ou le très intransigeant Quentin Tarantino.

 

En France, l'hyperactif Denis Baupin est issu du parti gauchisant des Verts qui aura fermé les yeux sur son activisme sexuel pendant des années tout en promouvant le féminisme le plus agressif.

 

Décidément les grands prêtres les plus fanatiques de la religion des droits de l'homme auront commis, à l'abri de leur soutane, bien des turpitudes et des tartufferies .

 

Méfaits commis, aussitôt oubliés, voici leurs amis hystériques qui poussent des cris d'orfraie.

 

La même famille politique qui chante les louanges de la dénonciation électronique célèbre théoriquement la liberté d'expression.

Malheur pourtant à ceux qui comme moi s'interrogent à voix haute sur les vertus dénonciatrices, tantôt ce sont des harceleurs en puissance qui s'ignorent, tantôt des collaboratrices des violents, comme l'ineffable Caroline de Haas, qui gazouille sur Twitter: «Eugénie Bastié, alliée indéfectible des agresseurs…».

 

Rappelons en passant que la gazouilleuse intraitable proposait pour régler la question du harcèlement de rue à la Chapelle d'élargir les trottoirs, seuls responsables des agressions. Cochons de trottoirs.

 

On peut, on doit aussi et surtout décrire les ravages de la crise hystérique électronique. Il n'y a pas que la laideur de la délation. Après tout que les femmes, massivement, décrivent leurs souffrances peut avoir un effet apaisant et obliger, qui sait, certains salauds à prendre conscience.

Mais il y a aussi la calomnie. Avec son cortège de couples brisés, de carrières gâchées et de vies piétinées. Car des patronymes ou des individus reconnaissables ont été donnés en pâture par des personnes anonymes ou sous pseudonymes. Et ici habite l'essentialisme abject, maître de tous les racismes.

De la même manière que tous les hommes ne sont pas des harceleurs, toutes les femmes ne sont pas des victimes innocentes. Il y a des femmes menteuses. Il y a des femmes mythomanes. Il y a des maîtresses vengeresses. Il y a des maîtresses chanteuses. Il y a même des harceleuses que j'ai fait condamner.

 

Dans le Monde, une sociologue se réjouissait samedi de ce que la peur avait changé de camp. Il est des expressions qui vous glacent le sang. Il n'est pas bon que les innocents puissent éprouver la peur ou la honte de se voir reprocher des fautes qu'ils n'ont pas commises.

 

L'être humain est complexe et pluriel. Les rapports entre les hommes et les femmes peuvent être très laids, très douloureux, très injustes, ou encore magnifiques, sublimes ou très mystérieux.

 

Le monde de l'hystérie électronique, le monde du lynchage, le monde de la suspicion généralisée et organisée entre les hommes et les femmes, le monde du simplisme et des rôles distribués et stéréotypés, n'est pas un monde très humain.

 

C'est même un monde très bête.

 

 
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Anne-Marie Le Pourhiet : «La loi de moralisation est démagogique et liberticide» 

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Pour le professeur de droit constitutionnel, certains volets de la loi actuellement en débat à l'Assemblée menacent la liberté d'expression.

 


Anne-Marie Le Pourhiet est vice-présidente de l'Association française de droit constitutionnel et professeur à l'université de Rennes-I.


LE FIGARO. - La loi de moralisation n'est-elle pas légitime dans un contexte de défiance grandissante à l'égard du politique?

Anne-Marie LE POURHIET. -Ce projet de loi parfaitement démagogique est destiné à donner des gages de probité à un gouvernement et une majorité entachés par les affaires Bayrou et Ferrand. L'interdiction des emplois familiaux relève de la réaction épidermique et populiste. Il me semble que ce qui était reproché à Penelope Fillon, c'était la fictivité de son emploi, pas son caractère familial.

Au nom de quoi y aurait-il une présomption d'incompétence du fait d'un lien familial ?

D'autant que cela avantage les relations officieuses (maîtresses, amants) aux dépens des liens consacrés institutionnellement. L'incompétence accablante de nombreux députés LREM me paraît plus scandaleuse que le fait de recruter son conjoint ou son neveu comme attaché parlementaire. On ferait mieux de faire passer des tests de culture générale et de droit constitutionnel aux candidats à la députation que d'exiger leur extrait de casier judiciaire.

L'une des mesures adoptées par les députés prévoit d'étendre le principe de l'inéligibilité aux personnes condamnées pour racisme, antisémitisme ou homophobie. Est-ce une bonne chose?

Toute personne sceptique qui critique ou émet un jugement de valeur sur des mœurs, des comportements, des cultures ou des croyances est immédiatement considérée comme coupable du délit de «phobie». Cet amendement n'est qu'une nouvelle étape dans la tyrannie des minorités. Non seulement nous vivons dans une société bâillonnée où l'on ne peut déjà plus critiquer un individu ni un groupe sans risquer de se faire traîner en correctionnelle par des associations de militants vindicatifs et sectaires, mais ceux-ci voudraient en outre que les personnes condamnées sur le fondement de lois scélérates extorquées à un législateur complaisant soient interdites d'exercer un mandat public.

Dans l'intitulé de l'amendement, il est affirmé que ces délits «portent atteinte aux valeurs républicaines qu'un élu se doit de partager». Ces «valeurs républicaines» ont-elles un contenu juridique?

Les «valeurs républicaines» sont aujourd'hui invoquées à tort et à travers pour justifier n'importe quoi. Avoir été condamné pour «propos sexistes» ou bien être hostile au mariage pour tous ou à l'ouverture des frontières sera bientôt considéré comme «antirépublicain»! Il me semble que l'une des valeurs cardinales de la Révolution française est justement la liberté d'expression, qui ne consiste sûrement pas à formuler seulement des opinions bienveillantes!

L'antiracisme militant établit un continuum entre violence verbale et symbolique et passage à l'acte. N'est-ce pas problématique d'un point de vue juridique?

C'est insensé. Ce n'est pas parce que je trouve gênante la mendicité de certains Roms sur les trottoirs que je vais me mettre à les agresser. Le Christ peut sans doute dire à ses ouailles «Aimez-vous les uns les autres», mais un législateur républicain et libéral ne peut pas interdire aux citoyens de ne «pas aimer» tel individu, tel groupe, telle religion, tel comportement ou telle culture. On ne peut pas interdire aux gens de porter un jugement de valeur sur les mœurs d'autrui, ni de hiérarchiser les comportements. Chacun a le droit de penser ce qu'il veut et de dire ce qu'il pense. Le problème est que les «groupes d'oppression» (selon l'expression de Philippe Muray) ont obtenu la multiplication de lois pénales tendant à réprimer ce qu'ils appellent des «phobies». On veut nous forcer à apprécier le foulard islamique et le burkini, nous obliger à approuver le mariage gay, nous contraindre à accueillir avec le sourire des milliers de migrants, nous imposer de regarder les Jeux paralympiques et d'admirer le football féminin. Nous sommes sommés de considérer que tout est équivalent (au sens étymologique d'égale valeur) au nom de la «non-discrimination». Et pour être bien sûr que nos assemblées politiques ne comporteront que des moutons dociles bêlant dans le sens du «progrès», on va rendre inéligibles tous les condamnés pour cause de «mal-pensance».

Assiste-t-on à un retour du «politiquement correct»?

Les valeurs républicaines, historiquement, ce sont la laïcité, l'unité de la Nation et l'égalité des citoyens devant la loi. Le b.a.-ba de la Révolution française, c'est le refus des droits des groupes et des corporations au profit des droits de l'individu libre de toute appartenance. Le multiculturalisme normatif est directement contraire aux valeurs républicaines et le droit pénal prend le chemin inverse des principes républicains en sanctionnant systématiquement les offenses aux communautés. Cela a commencé en 1972 avec la loi Pleven très mal rédigée, puis le mouvement s'est accéléré à partir des années 1980 avec la multiplication des catégories protégées et surtout l'habilitation des associations militantes à se constituer partie civile pour les délits de presse. On a ainsi privatisé l'action publique et soumis les médias, les intellectuels et les citoyens à la menace permanente de censure et de procès pour délits d'opinion.

Un «retour»?

Cela fait près de trente ans que nous nous enfonçons dans la dictature politiquement correcte. L'arsenal répressif ne cesse de s'alourdir, sans compter la multiplication des officines parallèles chargées de nous mettre au pas (CSA, Défenseur des droits, Commission consultative des droits de l'homme, haute autorité de ci, observatoire de ça…) et les insupportables instances prêchi-prêcha du Conseil de l'Europe. Nous croulons sous les normes de contrôle social et les institutions de censure. Et nous avons même le droit à des pétitions sur les réseaux sociaux tendant, par exemple, à faire retirer l'attribution d'un prix à un auteur au motif qu'il serait contre le mariage gay et donc «homophobe» ou à faire sanctionner une chaîne de télévision pour avoir laissé passer dans un jeu une séquence «stigmatisante pour les malades mentaux»! Le premier réflexe face aux imperfections de la société est l'interdiction. Désormais tout conflit, tout désaccord doit se terminer au tribunal. Au lieu de laisser s'exprimer le pluralisme et la contradiction particulièrement chère aux juristes (audi alteram partem = écoute l'autre partie), l'on ne songe qu'à faire taire la dissidence.

La France devient-elle l'une des démocraties les plus répressives en matière de liberté d'expression?

Si les Etats-Unis ont été précurseurs en matière de «politiquement correct», le 1er amendement à la Constitution de Philadelphie et la jurisprudence pointilleuse de la Cour suprême protègent efficacement les citoyens américains contre toute répression pénale de la liberté d'opinion. Chez nous, même le Conseil constitutionnel a renoncé à protéger la liberté d'expression. Hormis le délit de négation des «génocides reconnus par la loi», il a laissé passer toutes les lois liberticides. La liberté et le pluralisme sont en train de disparaître du pays de Voltaire. C'est irrespirable.

Diriez-vous avec Alain Finkielkraut que «l'antiracisme est le communisme du XXIe siècle»?

Oui! «Tout anticommuniste est un chien», disait Sartre, tout antiprogressiste l'est désormais.

Ce qui me frappe surtout, c'est la tétanie dans laquelle est plongé l'ensemble de l'élite politique et médiatique.

Plus personne n'ose dire que le roi est nu, c'est le début de la soumission.

Philippe Bilger : pourquoi la loi de moralisation est un danger pour la liberté d'expression 

 
Vign_Bellamy

 François-Xavier Bellamy :

«MACRON OU LA FRANCE QU'ON OUBLIE»

L'éloge exalté du multiculturalisme par Emmanuel Macron et le soutien apporté par François Bayrou à ses déclarations sur la culture sont très préoccupants, explique le professeur de philosophie.

Le 26 février, François Bayrou déclarait au cours d'une émission : «Il y a une culture française, et j'en suis le défenseur.» Le 2 avril, devant les caméras, volte-face: « La culture française n'existe pas.» Il aura suffi d'un mois, et d'un ralliement, pour ce nouveau reniement: avec de tels «défenseurs», la France a de quoi s'inquiéter… Sur le fond, un tel déni de réalité laisse incrédule. Comment M. Bayrou, agrégé de lettres, peut-il choisir d'ignorer à ce point ce qui fait la France  ? Un tel propos peut bien se donner une façade savante, il est pourtant démenti par les faits, et par tous ceux qui hors de France ne peuvent même pas comprendre un tel débat. Car le monde entier sait qu'il y a une culture française ; il n'y a que nous pour le nier!

Notre pays est toujours la première destination touristique au monde, et ce n'est pas grâce à Orly et au RER B. Si 83 millions de visiteurs étrangers sont venus l'an passé en France, en dépit de nos infrastructures vieillissantes, de l'insécurité et de la menace terroriste, c'est parce que la France est pour eux d'abord un patrimoine, une architecture, des œuvres d'art, un art de vivre - bref, une culture, qui vaut qu'on traverse la planète pour venir s'émerveiller. Il n'y a que M. Macron pour dire sans plaisanter: «L'art français, je ne l'ai jamais vu.» Ingratitude des héritiers qui refusent leur propre héritage…

Ce cas d'aveuglement volontaire ne doit pas prêter à sourire: il est le symptôme d'un déni très profond, dont les conséquences sont graves, qui se font sentir depuis plusieurs décennies déjà. Rien de nouveau en effet dans cette dépression française ; et M. Macron ne fait que rajeunir la voix qui porte le même discours démoralisant, un discours tellement vieux au fond qu'il ne voit plus d'avenir pour la France que dans son euthanasie.

 

N'être plus qu'un hub où l'on entre et sort de façon indifférente, jusqu'à ce multiculturalisme dont le discours de Marseille a constitué une sorte d'éloge halluciné, en ne définissant plus les Français que comme une juxtaposition de communautés définies par leurs origines extérieures.

Disparition des nations

C'est au nom de ce projet que M. Macron devait dire et répéter qu'il n'y a pas de culture française. Non pas parce que c'est vrai, mais parce qu'il le faut, au nom de l'accueil de l'autre, de la diversité sans différences, de la mondialisation heureuse - bref, au nom du progrès. Rien de nouveau finalement dans cet espoir apolitique d'une disparition des nations: En marche! est l'aboutissement de la fascination postmoderne pour l'universelle mobilité d'un monde sans frontières, et c'est tout logiquement que M. Macron nous demande nos voix pour diriger un pays dont il dit qu'il n'existe pas.

Mais ce déni de soi, pavé de bonnes intentions, est fondé sur un contresens tragique.

Pour s'ouvrir vers l'extérieur encore faut-il avoir une intériorité ; pour accueillir encore faut-il demeurer et pour partager avec l'autre avoir quelque chose à offrir.

 

On ne peut que mettre en danger l'unité d'une société quand on en retire ce qui peut fonder le commun. Or la culture est le seul bien qui puisse être infiniment partagé sans que personne n'en soit lésé: et c'est cet héritage commun qu'une parole politique irresponsable condamne depuis trop longtemps.

Le déni dont M. Macron se fait aujourd'hui l'avocat est déjà responsable de la crise éducative profonde que nous traversons: des millions de jeunes grandissent dans notre pays, auxquels nous n'avons pas transmis la maîtrise d'une langue, d'une histoire, d'une pensée - d'une culture par laquelle leur vie pouvait s'enraciner, devenir féconde et s'élargir aux dimensions de la cité. Comment s'intégrer à un pays dont on dit qu'il n'a pas de culture et pas d'identité? Comment se reconnaître dans une histoire dont on affirme qu'elle n'a rien produit, sinon des crimes contre l'humanité?

La culture ne peut pas diviser, au contraire: ce n'est qu'en elle que nous pourrons puiser des raisons d'aimer la France, sans chauvinisme sectaire, mais pour partager largement son aventure singulière. Pourquoi sinon être français, et pourquoi le devenir, si la France n'existe pas ? Car la France est une culture. L'un des plus grands écrivains à l'avoir épousée, Milan Kundera, l'expliquait ainsi: «L'ambiance spirituelle de toute ma jeunesse tchèque fut marquée par une francophilie passionnée.»

Et si cette passion résiste encore, dans le monde entier, même aux erreurs et aux fautes de notre pays dans l'histoire, c'est parce que

«l'amour de la France ne résidait jamais dans une admiration des hommes d'État français, jamais dans une identification à la politique française ; il résidait exclusivement dans la passion pour la culture de la France: pour sa pensée, sa littérature et son art».

Kundera avertissait déjà: une mondialisation qui nie les cultures ne pourra qu'aboutir à l'effacement de la France, «et l'indifférence à la France deviendra francophobie».

Il est malheureux que des responsables politiques français n'entendent pas aujourd'hui cet avertissement. Pour l'avenir de notre pays, et du monde auquel notre héritage peut encore apporter des sources singulières de vie et d'inventivité, la culture française n'a pas droit au suicide.

 

Voilà éclairé, par la tentation du déni, l'enjeu de cette élection.

Toute culture est fragile, nous le savons, et celle que nous avons reçue l'est plus que jamais aujourd'hui - comme l'écrivait Kundera: «Une raison de plus d'aimer la France ; sans euphorie ; d'un amour angoissé, têtu, nostalgique. »

 

 
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Mathieu Bock-Côté :

CE QUE RÉVÈLE LE DISCOURS DE MACRON À MARSEILLE

Pour Mathieu Bock-Côté, en égrenant l'origines des citoyens venus à son meeting, Emmanuel Macron a dévoilé sa vision idéologique multiculturaliste.

C'est la grande prouesse d'Emmanuel Macron depuis le début de cette campagne présidentielle: il arrive à se faire passer pour un candidat post-idéologique, réconciliant les contraires et faisant éclater les vieux clivages qui étoufferaient la vie politique française. Loin des passions idéologiques, il délivrerait un pays otage des extrêmes et de leurs fantasmes. Il se veut de gauche et de droite, sans être ni à gauche ni à droite. Il confesse par coquetterie une nostalgie monarchiste tout en se voulant le chantre de la modernité la plus radicale. Il applique cette logique à presque tous les enjeux, au point où sa candidature devient l'objet de récurrentes moqueries, comme si le macronisme n'était qu'un hollandisme revampé et relooké, carburant essentiellement à l'art de la synthèse bancale, au point de rassembler sur sa barque bien des éclopés de la politique française des dernières décennies, qu'ils soient communistes, ultralibéraux ou chiraquiens.

Il y a pourtant un noyau idéologique du macronisme, à tout le moins lorsqu'émerge la question identitaire, dont on ne saurait contester l'importance vitale pour notre temps. Et il s'agit du multiculturalisme, que le candidat fait semblant de dénoncer alors qu'il en embrasse la logique. Ce n'est pas surprenant: l'adhésion à l'idéal diversitaire est la marque distinctive du progressisme contemporain.

On le sait depuis quelques semaines déjà, il n'y a pas pour Emmanuel Macron de culture française.

L'art français ne semble pas lui dire grand-chose non plus. En fait, la culture française ne serait qu'un communautarisme parmi d'autres dans un univers soumis à la loi du multiple. Et on ne voit pas pourquoi ce communautarisme surplomberait les autres et se poserait comme culture de convergence. La déclaration est tellement grosse qu'elle colle à sa candidature depuis.

Comment ne pas y voir une représentation presque caricaturale de l'hostilité profonde des élites mondialisées aux nations?

À Marseille, Macron en a rajouté. L'homme qui confond manifestement la vocifération avec l'éloquence a terminé son discours en égrenant l'origine des citoyens présents dans la salle, comme s'il avait le souci de n'en oublier aucune. Maliens, Sénégalais, Ivoiriens, Marocains, Tunisiens et bien d'autres: tous étaient convoqués, dans une étonnante célébration d'une république renvoyant chacun à ses origines, ce qui est radicalement contradictoire avec le principe assimilationniste qui invitait chacun à se fondre dans la nation. La nation selon Macron se définit plutôt comme un rassemblement de communautés cohabitant grâce à la magie sémantique du «vivre-ensemble». On se demandera quelle est la place, dans cette mosaïque, des Français que faute de mieux, on dira «d'origine française» - à moins que ce terme aussi ne fasse scandale. De quelle histoire sont-ils les héritiers et quelle origine peuvent-ils revendiquer?

On retrouvait là le dogme fondamental de l'orthodoxie multiculturaliste: nous sommes tous des immigrants.

La trame fondamentale d'un pays serait d'abord celle des vagues d'immigration l'ayant constitué.

  • Faut-il arracher la France à son histoire pour la rendre inclusive?
  • Ne risque-t-on pas ainsi de radicaliser le sentiment de dépossession de bien des Français qui craignent de devenir étrangers chez eux et qui ne voient pas trop pourquoi ils devraient s'en réjouir?
  • L'angoisse identitaire n'est pas un fantasme régressif, à moins qu'on ne considère que le besoin d'enracinement et de continuité historique relève des pathologies politiques à combattre au nom de l'émancipation.
  • L'histoire du monde serait celle d'une perpétuelle migration et la fixation de certaines populations sur certains territoires serait à la fois arbitraire et provisoire.
  • Un peuple n'aurait pas le droit de vouloir se sentir chez lui: ce sentiment relèverait de l'extrême-droite.

Poursuivons le décryptage de la logique macronienne:

Marseille serait une ville modèle parce qu'elle serait une ville-monde, dont l'histoire serait finalement étrangère, ou du moins distincte, de celle de la nation française. D'ailleurs, dans la philosophie multiculturaliste, la métropole est appelée à se substituer à l'État-nation, une tendance qu'encourage aussi la mondialisation avec laquelle Emmanuel Macron entretient un rapport quasi-euphorique. La philosophie du candidat Macron converge à bien des égards avec celle qui traverse l'Histoire mondiale de la France pilotée par Patrick Boucheron. À tout le moins, la grande ville mondialisée serait un meilleur cadre pour chanter la diversité heureuse que la nation, otage souvent de populations ancrées dans des schèmes culturels dépassés - c'est la fameuse France périphérique qui se reconnaît bien peu dans le candidat Macron, alors qu'il est célébré dans la France mondialisée. Cette grande ville célébrant la diversité serait appelée à s'extraire du cadre national - on a vu cette tentation s'exprimer à Londres et à Paris au moment du Brexit.

Macron suscite le même enthousiasme médiatique qu'Alain Juppé du temps où ce dernier était célébré par les rédactions au nom de sa philosophie de l'identité heureuse, même si nous sommes passés de la célébration du père rassembleur à celle du jeune leader dynamique.

Il s'agit chaque fois d'expliquer aux peuples en général et aux Français en particulier qu'ils ont tort de s'inquiéter de la dissolution de leur patrie et de leur civilisation et qu'il leur suffit de s'adapter à la nouvelle époque de bonne foi pour voir leurs craintes se dissiper.

Il n'est pas certain que si cette élection se transformait en référendum sur l'avenir de la nation française, la philosophie d'Emmanuel Macron serait majoritaire dans les urnes. De là l'importance pour le système médiatique de centrer pour encore quelques semaines son attention sur les «affaires», pour détourner l'élection des véritables enjeux qui devraient mobiliser la population.

 
Vign_Figaro

«EMMANUEL MACRON ET LA PEAU DE L'OURS»

Par Paul-Henri du Limbert

Si l'on écoute Emmanuel Macron et son bruyant «fan-club», la présidentielle est quasiment jouée. Le leader d'En marche! deviendra le 7 mai prochain le huitième président de la Ve République à l'issue d'un duel sans trop de suspense contre Marine Le Pen. C'est écrit, disent-ils. Comme il était écrit jadis qu'Édouard Balladur succéderait à François Mitterrand…

Cependant, chez les macronistes, quelques-uns ne veulent pas vendre la peau de l'ours trop précocement.

Et ils ont raison.

Car les électeurs du jeune prétendant représentent une catégorie électorale singulière. Lorsqu'ils le voient sur scène, ils chavirent, lorsqu'ils réfléchissent, ils hésitent. Et selon les sondages, un sur deux n'est pas certain de choisir le bulletin Macron dans trois semaines.

Comment en serait-il autrement?

Ce n'est pas faire injure à Emmanuel Macron que de prétendre que sa démarche est fondée sur l'ambiguïté. Un ancien banquier d'affaires, admirateur de François Hollande, qui devient son principal conseiller, puis le trahit et dénonce soudainement les travers du «hollandisme» tout en recevant le soutien enthousiaste des «hollandais»…

Voilà de quoi faire hésiter l'électeur, qui depuis trente ans a vu défiler quelques hommes autoproclamés providentiels.

Surtout lorsque cet électeur s'interroge sur la cohérence d'une majorité «macroniste» qui, outre tous les grands brûlés de la période 2012-2017, s'adjoindrait les services de Robert Hue, d'Alain Madelin, de François Bayrou et de tout ce que les écologistes comptent d'opportunistes. Architecture trop complexe qui porte en elle-même la paralysie. Après l'immobilisme, il y aurait l'immobilisme.

Si Emmanuel Macron, malgré des sondages flatteurs, attaque aussi durement François Fillon, c'est pour cette raison.

Il sait que plus on s'approchera du 23 avril, plus ses électeurs hésitants sont susceptibles de douter. Et de se rétracter devant des perspectives aussi floues.

Dans la dernière ligne droite, François Fillon a décidé de faire profession d'optimisme.

Il sait qu'une majorité de Français souhaite tourner définitivement la page Hollande, celle du chômage, de la dette, des impôts, du communautarisme et du recul de l'État.

Comment le serait-elle avec l'ancien conseiller du président de la République, son ex-favori, qui renie les cinq dernières années mais recrute tous ceux qui furent les acteurs de ce spectaculaire échec?

 
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Réagissez sur les faits d'actualité !
Chantal S Bretagne
28/02/2018 12:14:16
Initiative excellente du diocèse MAIS --le prof. Jacques Ricot est un philosophe (charmant) spécialiste de la fin de vie, pas de la génétique, le gros problème actuel. -- les départements de Bretagne ont 2 sujets à traiter : 1. la médecine prédictive, les tests génétiques 2. la PMA sans père comme certains la nomment certains c’est-à-dire pour couples de lesbiennes. La GPA n’est pas au RDV , bien que cachée derrière la PMA sans père. -- le débat de St Brieuc est passé, il reste Loudéac sur la PMA. Conclusion : que doit apporter cette conférence APRES les débats et sur un sujet important qui n’est pas au centre des débats. C’est comme un cours sur le système circulatoire après un AVC, toujours utile mais un peu en retard !
Pierre D2 bretagne
28/02/2018 12:11:57
Bonjour à tous, J'ai lu avec attention et intérêt le CR de J. Mehats sur le débat organisé par ERE-Pays de loire: de la manipulation en faveur de la PMA et de la GPA ! Rien de surprenant. La conférence-débat du 22/02 à St Brieuc, organisée par l'EREB sur "La Médecine prédictive - Tests Génétiques" fréquentée, vu l'heure, par une majorité de retraités, fut d'une autre tenue; les échanges ont plutôt porté sur l'Eugénisme et l'IVG. Jean Mehats, dans "ALORS QUE FAIRE? " ne mentionne pas l'importance de s'exprimer au moyen d' un "Questionnaire Etats Généraux de la Bioéthique" à retourner, comme il nous en a été distribué par L'EREB ( Espace de Réflexcion Ethique de Bretagne ) à St Brieuc. J'ai cherché, en vain ce questionnaire sur le site ci dessous: http://www.espace-ethique-bretagne.fr/manifestations-et-formations/10-les-actualites/393-etats-generaux-de-la-bioethique-2018-manifestations-en-region-b mais ce questionnaire, pour la région Bretagne, devrait pouvoir s'obtenir auprès de la Chargée de Mission pour les Etats Généraux de la Bioethique Mme Johanna KARJ-JOUBERT - hopital de la Cavale Blanche CHRU de Brest, Bd T. Prigent 209 Brest cedex. Tel de 9 à 13h et de 14à 18h- Maim: EREB@chu-brest.fr
PY T LMPT44
28/02/2018 12:08:57
Chers amis, Pour en tirer les conséquences, ci-dessous l’excellent compte-rendu de notre ami Jean Méhats sur la conf. AMP à Nantes la semaine dernière, à lire attentivement. Il a 100% raison, il faut sortir de ces témoignages de type « Alcool. Ano. », c’est quasi-inutile, si ce n’est cautionner les EGB pour le bénéfice de Macron et de la future loi. Car voilà ce qu’ils diront en juin : « Bon, on a entendu tout le monde, il y a bien quelques réserves mais pas d’opposition, c’est OK ». Et voilà, bien roulés dans la farine, emballé c’est pesé. Pour réflexion sur ce qu’il reste de conférences à venir dans nos départements.
PY T LMPT22
27/02/2018 21:39:32
Bonsoir, Si jamais, dans vos conférences à venir, vous voyiez à nouveau de l’écriture inclusive, à votre place je demanderais le micro pour clamer haut et fort que ce parti pris de la part des organisateurs est intolérable et qu’il décrédibilise toute la conférence et jusqu’à l’institution ERE PDL. En effet, user d’écriture inclusive est le signe que les EGB PL font publiquement preuve d’un militantisme parfaitement incompatible avec l’objet des EGB. Bien rappeler que l’écriture inclusive n’est que la manifestation d’un féminisme radical militant, constitué des mêmes gens qui réclament à cor et à cri la PMA sans Père, alors même que c’est le sujet discuté. Dans ces conditions, et quoiqu’en disent les organisateurs, la conférence en cours est clairement entachée de partialité et elle peut par conséquent être considérée comme nulle et non avenue. Fermez le ban. C’est en partie polémique, mais une affiche en écriture inclusive, c’est tangible, ce n’est pas du ressenti, et s’ils offrent le bâton pour se faire battre, je crois qu’il ne faut pas s’en priver.
Valérie G. LMPT PDL
27/02/2018 21:34:19
Bravo pour ce compte rendu de JM, énorme travail, puis-je le transférer au national, S'il est d'accord, de mon côté, je leur passe d'abord pour relever les dysfonctionnements. La question finale très importante, ne dépend pas de mon ressort, à discuter en stratégie ! Feu vert ?
MP-L29
27/02/2018 13:27:30
MP prend la peine de réécouter les enregistrements du 31/01 à Brest et il lui apparaît clairement que nous allons nous faire rouler dans la farine si nous ne prenons pas, lors de nos contributions au conférences, la peine de nous positionner clairement lors de nos prises de parole respectives. En effet, suivant la sensibilité personnelle de celui qui écoute, les contributions du public n’apparaissent pas nécessairement comme des oppositions formelles, il y a ambiguïté. En clair, si par réserve naturelle, modestie, etc, nous n’énonçons pas clairement notre position à la prise de parole, pour ou contre tel sujet, les comptes-rendus joueront de cette ambiguïté pour dire « OK, tout le monde est finalement d’accord avec quelques réserves », et hop, terminé, on l’a dans l’baba. Il me paraitrait utile, par conséquent, d’expliquer rapidement à tous nos militants l’importance d’exprimer d’abord clairement par a+b « Je suis pour ce projet », « Je suis contre cette mesure », « Je suis personnellement en désaccord avec… » etc. et ensuite le contributeur développe le « pourquoi » afin que ça apparaisse clairement dans les compte-rendus. Qu’en dites-vous ? Merci !
L.W
26/02/2018 18:58:35
Merci pour ce compte-rendu du débat de l'ERE des Pays de Loire. La promesse du président Macron d'organiser une large consultation nationale se réduit à une mascarade. Ce n'est pas une surprise. Il faut mobiliser les autorités morales du Pays. Demandons à nos évêques de s'impliquer COURAGEUSEMENT dans le débat. L'Eglise de France ne peut pas laisser faire sans rien dire.
PYT LMPT22
26/02/2018 18:50:01
Bonne lecture du débat Nantes. Pas de mal à ce faire du bien ! et en plus c''est mérité. Suite à conférence AMP assez calamiteuse à Nantes la semaine dernière, sentiment partagé entre PDL et Bret. que nos interventions sont souvent des coups d’épée dans l’eau. L'équipe LMPT44 a été très méritoire, excellent travail préparatoire, heureusement, mais nos contributeurs ont souvent une culture de la « bienveillance », au sens large, qui peut nous desservir. Les débats actuels « apaisées et approfondis » (sic) selon organisateurs EGB peuvent leur plaire, mais est-ce bien ce qu’il faut pour se battre face au CCNE et au gouvernement ? Ne doit-on pas être plus directifs, plus incisifs, différents, en conférence pour marquer les esprits EGB/CCNE ? Revoir la stratégie d’intervention locale en conférence ?
AndréO
26/02/2018 18:48:23
OK avec toi PYT : il faut dire les choses clairement lors des EGB et ne pas raconter des tas d'histoires attachantes !''Tout se joue avant, maintenant et sur les deux mois qui viennent'' OK aussi avec toi On devrait redéfinir notre stratégie : quel est le plus pertinent à faire et/ou à dire ?
ANdré O.
26/02/2018 18:46:43
Ce témoignage éloquent ,sincère et très complet de Jean MEHATS qui résume bien l'état des lieux concernant les états Généraux de Bioéthique (EGB) et le vécu en direct . Notons que dans les régions , remontent des témoignages semblables ! Également est mentionné le besoin d’unité entre associations (AFC ,LMPT, VITA , CPDH , fondation Lejeune , Marche pour la vie , diocèses réseaux politiques etc..) pour agir de manière unitaire coordonnée et bien visible . Notons partout le raz le bol grandissant de frustration appelant à une action commune concertée La cloche d'alarme sonne car le temps passe et c'est le moment , tout en participant aux EGB , sans naïveté , de préparer ensemble une réaction unitaire nationale . Gros défi , gros chantier , grosse organisation ! On n'est pas obligé de le crier , mais de mobiliser , coordonner toutes les forces ,dès maintenant , avant qu'il ne soit trop tard avec un baroud d'honneur qui ferait plouf ... les bretons connaissent la suite !
François D.
26/02/2018 18:45:28
Oui, Jean M, tu as raison d'alerter. En région nous restons mobilisés et déterminés (au moins intérieurement ...). Nous attendons des collectifs qu'ils se distinguent et fassent entendre leurs voix publiquement chacun à leur manière, selon les "missions" qui leur a été confiées. Alors le peuple de la Manif sera là et la détermination deviendra mobilisation. Amitiés. François.
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